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Hawaï : le PDG de Facebook veut retrouver tous ceux qui ont un droit sur un bout de sa propriété

© Win McNamee, AFP | Mark Zuckerberg a acheté en 2014 une propriété de 283 hectares dans l'une des îles les plus prisées d'Hawaï.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 24/01/2017

Le patron de Facebook Mark Zuckerberg a créé une polémique en lançant des actions contre des centaines d’Hawaïens qui détiennent, selon la loi locale, une parcelle du terrain qu'il a acheté pour plus de 100 millions de dollars.

Mark Zuckerberg, nouveau visage du néo-colonialisme ? À Hawaï, c’est la réputation que le patron de Facebook est en train d’acquérir sur fond de polémique autour d’une propriété de 283 hectares avec vue sur la mer sur l’île de Kauai.

Le Honolulu Star Advertiser, journal local, a révélé le 19 janvier que Mark Zuckerberg avait lancé plusieurs actions en justice fin décembre 2016 contre des centaines d'autochtones, vivants et même parfois morts, afin de s’assurer que personne ne pourra réclamer un droit de propriété ou de passage sur une parcelle du terrain qu’il a acheté en 2014 pour plus de 100 millions de dollars.

Un casse-tête créé par une loi de 1850

"C’est un comportement néo-colonialiste", a assuré Kapua Sproat, professeure de droit à l’université d’Hawaï, interrogée par le quotidien britannique The Guardian lundi 23 janvier. La procédure donne l’impression que le sixième homme le plus riche de la planète veut déposséder des locaux d’un bout de terre qui appartient, parfois, à leur famille depuis des générations.

La situation est plus complexe que ça. Mark Zuckerberg assure vouloir simplement indemniser tous ceux qui détiennent (même parfois sans le savoir) un droit sur une parcelle de son terrain. Les locaux, quant à eux, redoutent de ne pas avoir d’autre choix que d’accepter le prix d’une expropriation subie.

Mark Zuckerberg se retrouve dans un casse-tête légal qui remonte au XIXe siècle. Il ne peut pas être sûr d’être le seul propriétaire en raison du Kuleana Act de 1850, loi qui a conféré aux Hawaïens de l’époque un droit de propriété sur les terres qu’ils ont cultivées. Et a permis à des étrangers d’acheter des bouts de terrain à l’État. Ces titres ont été automatiquement transmis et divisés à parts égales entre les différents héritiers. Au fil des générations, une parcelle de terrain peut ainsi avoir été divisée en dizaine de lopins appartenant à des personnes qui, parfois, ne sont même pas au courant d’en être les légitimes propriétaires.

D’où le casse-tête de Mark Zuckerberg : il sait qu’il y a des conflits potentiels de propriété sur des dizaines, voire des centaines de mètres carrés du terrain acheté. Les procédures qu’il a lancées visent à identifier ceux qui pourraient avoir des revendications. Le patron de Facebook a notamment assigné les 300 descendants d’un employé portugais d’une plantation de canne à sucre qui avait acquis, au XIXe siècle, 0,8 hectare se trouvant aujourd’hui là où Mark Zuckerberg a fait bâtir sa résidence secondaire.

S’acheter sa tranquilité

"Il y a eu beaucoup d’informations trompeuses sur mes intentions à Hawaï", a assuré le patron de Facebook dans un post publié sur le célèbre réseau social afin de justifier ses actions en justice. Il assure vouloir simplement retrouver la trace de tous ceux qui ont droit d’être "indemnisés à un juste prix", même ceux qui l’ignorent. Il a reçu le soutien du petit-petit fils de l’employé portugais qui estime qu’il est temps pour sa famille de toucher l’argent de cet héritage trop longtemps négligé au lieu de le voir se diluer de plus en plus avec chaque génération.

Certains trouvent pourtant cette ligne de défense — les poursuites sont engagées simplement pour pouvoir payer tout le monde — un peu facile. Pour Kaniela Ing, l’un des élus d’Hawaï à la Chambre américaine des représentants, "Mark Zuckerberg a recours aux mêmes méthodes que celles que les barons du sucre ont utilisées il y a plus d’un siècle". Les belles paroles n’y changent pas grand-chose : les Hawaïens vont perdre leur droit de propriété, qu’ils le veuillent ou non. En effet, une fois que tous les acteurs de cette affaire foncière seront connus, les parcelles de terre concernées seront mises aux enchères. Difficiles pour les locaux de rivaliser avec la fortune de Mark Zuckerberg.

Ces procédures seraient aussi, d’après le généalogiste Keola Worthington, une manière pour le jeune multimilliardaire d’acheter sa tranquillité sur l’une des îles les plus prisées d’Hawaï où résident déjà bon nombre de stars d’Hollywood, comme Ben Stiller ou Pierce Brosnan. Le droit de propriété hérité du Kuleana Act permet à qui le détient d’avoir un accès tout ce qu’il y a de plus légal au terrain de l’un des hommes les plus puissants au monde. Mark Zuckerberg a déjà fait construire un mur autour de sa maison, en 2016, au grand dam des habitants déplorant cette insulte au paysage. Il veut dorénavant avoir le droit légal d’isoler au maximum son petit bout de paradis du reste de l’île.

Première publication : 24/01/2017

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