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Afrique

RD Congo : l'opposant Étienne Tshisekedi rejoint Bruxelles pour un "contrôle médical"

© Thierry Charlier, AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 24/01/2017

L'opposant congolais historique, Étienne Tshisekedi, a quitté Kinshasa, mardi matin, pour Bruxelles, où il doit subir un contrôle médical, selon ses proches. Son départ pourrait compliquer les actuelles négociations sur le partage du pouvoir.

L'opposant historique en République démocratique du Congo (RDC), Étienne Tshisekedi, a quitté Kinshasa pour Bruxelles, mardi 24 janvier au matin, pour des raisons médicales, alors que son parti négocie avec la majorité soutenant le chef de l’État Joseph Kabila un partage du pouvoir jusqu'à la prochaine présidentielle.

Le départ du vieil opposant, affaibli, pourrait compliquer ces négociations destinées à permettre une sortie pacifique à la crise politique provoquée par le maintien au pouvoir de Joseph Kabila au-delà du terme de son mandat, échu depuis le 20 décembre.

Âgé de 84 ans, Étienne Tshisekedi a décollé de l'aéroport international de Ndjili à bord d'un avion privé à 6 h (5 h GMT), alors que le jour se levait tout juste, selon un journaliste de l'AFP ayant observé la scène à distance. Un peu plus tôt, alors qu'il faisait encore nuit, le président de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) avait été hissé, aidé par des proches, à bord d'un jet arrivé la veille.

"Il n'est pas mourant"

Selon une source aéroportuaire, sa femme a pris place à ses côtés dans l'avion à bord duquel voyage aussi une infirmière. "Il n'est pas mourant, mais il doit partir pour un contrôle [médical] à Bruxelles", a déclaré à l'AFP un proche de la famille Tshisekedi. Mais pour un haut cadre de l’UDPS, la santé du "Vieux", comme le surnomment affectueusement ses compagnons d'engagement politique, s'est brusquement dégradée.

"Il s’agit d’une simple consultation a, de son côté, précisé son fils Félix à l'hebdomadaire Jeune Afrique. Il devrait prendre un peu de vacances, après six mois de présence ininterrompue, mais cela ne durera pas plus de quelques semaines."

>> À lire - RD Congo : l'accord signé n'a pas tout réglé

Voulant couper court "à des rumeurs" sans préciser les motifs du voyage, l'UDPS avait publié dans la nuit un communiqué affirmant que son chef partirait pour Bruxelles "mardi [...] à 10 h" pour un séjour prévu de longue date ayant "été plusieurs fois reporté compte tenu de la situation politique au pays et des enjeux de l'heure". Selon ce même communiqué, "le chef du parti ne tardera pas à revenir pour assumer ses responsabilités historiques".

Étienne Tshisekedi était rentré triomphalement en RDC fin juillet, après près de deux ans de convalescence dans la capitale belge. Des centaines de milliers de Congolais étaient alors venus l'accueillir. Cela avait été le plus grand rassemblement politique des cinq dernières années à Kinshasa.

Mots d'ordre contradictoires

Concurrent malheureux de Joseph Kabila lors de la présidentielle de 2011, entachée de fraudes massives, Étienne Tshisekedi incarne la figure de proue d'un "Rassemblement" d'opposition constitué en juin pour exiger la tenue de la présidentielle dans les temps et le départ du chef de l'État sortant au terme de son mandat.

>> À voir dans le Débat de France 24 : Accord politique en RD Congo : comment organiser l'après-Kabila ?

Après avoir multiplié les mots d'ordre contradictoires à l'attention de la population, l'UDPS a fini par rallier les négociations sous l'égide de l'Église catholique destinées à éviter une nouvelle descente aux enfers à un pays de 71 millions d'habitants parmi les moins développés au monde et ravagé par deux guerres entre 1996 à 2003.

Pouvoir et opposition ont conclu, le 31 décembre, un accord de cogestion du pays actant le maintien au pouvoir de Joseph Kabila jusqu'à l'élection de son successeur, censée avoir lieu à la fin de l'année. Les modalités pratiques de la mise en œuvre de cette entente continuent de faire l'objet d'âpres négociations, en particulier en ce qui concerne le partage des postes au sein de l'exécutif, et le nouveau gouvernement prévu par l'accord n'a pas encore vu le jour.

Avec AFP
 

Première publication : 24/01/2017

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