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Amériques

Donald Trump soutient son idée de mur à la frontière mexicaine malgré les obstacles

© Pedro Pardo, AFP | Des manifestants protestent contre la volonté de Donald Trump d'ériger un mur à la frontière mexicaine, le 20 janvier à Washington.

Vidéo par Gallagher FENWICK

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 25/01/2017

Donald Trump a signé mercredi un décret pour lancer le projet de mur le long de la frontière américano-mexicaine. Cette promesse de campagne avait été largement critiquée à cause des nombreux obstacles pratiques à sa réalisation.

Les États-Unis de Donald Trump sont mûrs pour le mur. Le 45e président a signé mercredi 25 janvier, un décret autorisant le lancement de la construction d'un mur entre son pays et le Mexique, l’une des principales promesses de sa campagne.

Le président a assuré dans un interview accordée à la chaîne américaine ABC que la construction pourrait débuter dans les mois à venir. Il a également redit que le Mexique devrait la financer en totalité.

La réalisation de cette séparation physique entre les deux pays était devenue le cri de ralliement par excellence des pro-Trump durant la campagne électorale. Le but du mur serait de mieux maîtriser l’immigration illégale en provenance du Mexique et de lutter contre le trafic de drogue. Les détracteurs de ce projet le jugent irréaliste et qualifient la proposition de populiste.

Le nouveau président veut leur prouver qu’ils avaient tort et a promis des précisions à ce sujet mercredi. En attendant ces détails, France 24 énumère tous les problèmes que risque de rencontrer le maçon Trump.

Un mur très long

Pour couvrir toute la frontière entre les États-Unis et le Mexique, le mur doit mesurer 3 100 km de long et traverser cinq États. Donald Trump n’a, en fait, à construire que sur 2 054 km, car une succession de clôtures existent déjà sur 1 046 km entre les deux pays. Le nouveau président a précisé qu’il allait conserver ce tronçon et le "réparer".

Durant son mandat, Donald Trump doit donc ériger un édifice qui fera 13 fois la longueur du mur de Berlin (155 km). Mais qu’il se rassure : après tout, les Chinois ont bien bâti une muraille d’un peu plus de 21 196 km.

Un mur qui va prendre des années à construire

Donald Trump devrait être à un an de la fin de son mandat lorsque son œuvre sera achevée... s’il le commence au plus vite. En effet, d’après les calculs effectués par un ingénieur pour le Washington Post, il faudra au moins 40 000 ouvriers par an sur quatre années pour finaliser le mur de Donald Trump.

Une estimation qui part du postulat qu’il n’y aurait aucun retard dû à un éventuel surcoût ou à des soucis avec la géographie parfois aride de la zone frontalière. Autrement dit, il y a des chances pour que Donald Trump soit obligé d'exercer un deuxième mandat pour l’achever.

Un mur très cher

Les estimations du coût de ce mur varient fortement. Donald Trump a jugé qu’il ne faudrait pas plus de 8 milliards de dollars pour le bâtir. Mais d’autres mettent la barre bien plus haut. L’institut de politique migratoire juge qu’il faut compter entre 15 milliards et 25 milliards de dollars pour ériger ce mur.

La construction des clôtures qui existent déjà a coûté 2,6 milliards de dollars, d’après une estimation donnée au Sénat américain par le corps des patrouilles des frontières en 2015. Le reste du mur devrait non seulement être plus long, mais aussi plus haut et certains tronçons doivent être bâtis sur des terrains accidentés, ce qui implique des coûts supplémentaires.

En outre, une étude du fonds d’investissement AllianceBernstein précise qu’il faut aussi prendre en compte les coûts de maintenance de l’édifice qui devraient s’élever à 700 millions de dollars par an.

Qui va payer ?

Donald Trump avait assuré durant la campagne que le mur ne coûterait pas un centime au contribuable américain et que le Mexique paierait tout, même "s’il ne le sait pas encore". Une déclaration qui avait provoqué la fureur du gouvernement mexicain, totalement opposé à cette idée.

Après son élection, le nouveau président américain semblait plus nuancé, assurant que le Mexique "rembourserait plus tard" une addition qui serait d’abord réglée par les États-Unis "pour aller le plus vite possible". Mais Kellyanne Conway, conseillère de Donald Trump, a repris, mardi 24 janvier, la rhétorique de la campagne, assurant sur CNN que "le Mexique paierait pour le mur".

Difficile de s’y retrouver. Cette valse-hésitation illustre à quel point la question embarrasse la nouvelle administration. D’un côté, il semble compliqué d’obliger le Mexique, État souverain, à verser directement le moindre centime pour un projet dont il ne veut pas et qui n’est pas construit sur son territoire. De l’autre, les mesures évoquées par Donald Trump — imposer des taxes spécifiques au commerce avec le Mexique et sur l’argent envoyé à leur famille par les immigrés mexicains vivant aux États-Unis — risquent d’être jugées discriminatoires et donc illégales.

Une efficacité à prouver

Le mur est censé décourager les candidats à l’immigration clandestine en provenance du Mexique. Mais ils le sont déjà. Une enquête du cabinet d’études Pew Research, publiée en novembre 2015, souligne que le nombre d’immigrés mexicains qui résident clandestinement aux États-Unis a fortement diminué depuis 2005.

Une baisse largement due "au renforcement des contrôles à la frontière mexicaine". L’étude note même que le flux migratoire est devenu négatif : il y a davantage de Mexicains qui retournent dans leur pays d’origine que de nouveaux immigrés qui entrent clandestinement aux États-Unis. Par ailleurs, souligne le Washington Post, une part grandissante de clandestins est arrivée sur le sol américain tout à fait légalement et n’a, en fait, pas renouvelé ses papiers. Donald Trump connaît très probablement ces données, et c’est pourquoi il axe de plus en plus son argumentaire pour justifier le mur autour de la lutte contre le trafic de drogue.

C'est donc un mur long à bâtir, cher à construire et potentiellement inefficace que Donald Trump semble vouloir ériger. Mais une promesse est une promesse...

Première publication : 25/01/2017

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