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Economie

Trump : la résistance scientifique s’organise sur Twitter

© Nicholas Kamm, AFP | Le président américain Donald Trump lors de la parade de la cérémonie d'investiture

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 26/01/2017

De faux comptes Twitter d’agences américaines, comme celui de la Nasa, connaissent un succès grandissant. Ils assurent être la voix de la résistance scientifique à la censure organisée par le président Donald Trump.

Ils se veulent les nouveaux héros de la résistance digitale à l’administration Trump. Les comptes Twitter @RogueNASA, @AltUSNatParkService ou encore @ActualEPAFacts sévissent depuis quelques jours sur le célèbre réseau social pour “résister contre la censure des faits et de la science [par le nouveau président américain]”. C’est du moins ce qu’assure, dans sa description, le compte “alternatif” du département de l’agriculture AltUSDA.

Leur point commun à tous : ce sont des faux comptes d’agences publiques officielles américaines. Mais leurs administrateurs affirment être des vrais employés de ces institutions. Ils veulent ainsi protester contre ce qu’ils appellent une administration hostile à la réalité scientifique et qui promeut des “faits alternatifs”, le concept développé par la conseillère spéciale de Donald Trump, Kellyanne Conway pour défendre le chef de l'État. “Si publier des faits et informations scientifiques depuis un faux compte Twitter est notre seule option pour résister pendant quatre ans, nous le ferons”, affirme ainsi @RogueNASA.

 

Annonce d'utilité publique : "la médecine alternative" est basée sur les "faits alternatifs"

Le succès de ces comptes va grandissant : la plupart d’entre eux sont suivis par plus de 20 000 internautes. Le compte “rebelle” du service des parcs publics a même près de trois fois plus d’abonnés (près d’un million) que le fil officiel de cette agence.

Tout est parti de vrais comptes d’agences gouvernementales

Avant même l’apparition de ces comptes alternatifs, les premières critiques, à peine voilées, contre le nouveau président émanaient de comptes officiels d’agences étatiques. Le département américain de la Défense soulignait, il y a quelques jours, “que les messages sur Twitter en disent parfois long sur la santé mentale de quelqu’un”. Une allusion assez claire à la propension de Donald Trump à gazouiller sans retenue. Le compte du service des parcs publics avait, lui, retweeté les images comparant la foule rassemblée lors de la cérémonie d’investiture de Barack Obama en 2009 et à celle réunie devant le Capitole à Washington le 20 janvier 2017. Quant au fil Twitter du parc national des Badlands, une série de messages, posté sur celui-ci le 23 janvier, rappelait les effets du réchauffement climatique.

La plupart des tweets les plus ouvertement anti-Trump ont été rapidement effacés. Mais ils avaient eu le temps de faire le tour du Web. Leur disparition a éveillé des soupçons de censure. Surtout que la nouvelle équipe dirigeante a été accusée par Reuters d’avoir demandé à au moins deux administrations - l’Agence environnementale et le département de l’Agriculture - de communiquer le moins possible avec le public et les médias, que ce soit par le biais des réseaux sociaux ou des communiqués de presse. Pour les uns c’est le signe de l’hostilité d’un gouvernement qui compte plusieurs climatosceptiques en son sein à l’égard de la communauté scientifique. Pour les plus cléments, il s’agirait juste d’une période de mise au point en interne durant laquelle Donald Trump ne voudrait pas qu’il y ait trop de confusion entre le discours gouvernemental et celui des administrations publiques. La Maison Blanche a affirmé, mercredi 25 janvier, ne pas chercher à museler la science.

L'existence de @TheAltEPA m'a fait rire hystériquement et avec tristesse. Un monde où tous ces comptes alt deviennent nécessaire.

Qui est derrière ces comptes ?

C’est cette crainte de se retrouver sans voix pendant quatre ans qui a suscité la multiplication des comptes Twitter “alt”. Si l’intention semble louable à beaucoup de commentateurs - du Guardian britannique au quotidien New York Times -, certains soulignent les limites de l’exercice. Ce cyber-maquis scientifique risque de discréditer les comptes officiels de toutes les agences gouvernementales, soutient le magazine Forbes. Les internautes pourraient finir par penser que seuls ceux qui tweetent, par exemple, depuis @rogueNASA défendent l’intégrité de la recherche par opposition au compte officiel de l’agence spatiale.

Un raccourci d’autant plus dangereux que personne ne sait qui est vraiment à la manette derrière ces comptes Twitter. Plusieurs autres médias ont essayé sans succès d’entrer en contact avec ces résistants autoproclamés. “Il pourrait s’agir d’un opération sophistiquée de pirates informatiques qui créent d’abord un climat de confiance en tweetant des vrais faits scientifiques avant de poster des liens qui, eux, renverront vers des sites piratés contenant des virus”, avance Forbes. Une hypothèse extrême à laquelle peu adhèrent, mais tous assurent que la crédibilité de la démarche serait renforcée par un peu plus de transparence.

Première publication : 26/01/2017

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