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Le gaz VX, la plus mortelle des armes chimiques, a tué le demi-frère de Kim Jong-un

© Mohd Rasfan, AFP | Un employé du centre médico-légal de Kuala Lumpur, où le corps de Kim Jong-nam a été autopsié.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 24/02/2017

Kim Jong-nam, le demi-frère du leader nord-coréen, a été assassiné le 13 février avec du gaz VX, un agent innervant créé dans les années 1950. Retour sur l'histoire de l'arme chimique la plus mortelle du monde.

C’est l’agent innervant le plus mortel au monde et les Nations unies l’ont classé parmi les armes de destruction massive. La police malaisienne a confirmé, vendredi 24 février, avoir trouvé des traces de gaz VX sur le corps de Kim Jong-nam, assassiné le 13 février à l'aéroport de Kuala Lumpur. Le demi-frère du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un devient ainsi la seconde victime humaine avérée de ce poison, 100 fois plus toxique que le gaz sarin, et tout aussi inodore et incolore.

Il suffit de 10 milligrammes appliqués sur la peau pour que l’effet soit mortel. Ce gaz dont le nom scientifique complet est S-2 Diisoprophylaminoethyl methylphosphonothiolate s’attaque très rapidement au système nerveux et provoque des nausées, des convulsions, une perte de connaissance, puis la mort par asphyxie. Il est nécessaire d’utiliser plusieurs antidotes à la fois dans un très court laps de temps pour espérer sauver une personne exposée à une dose mortelle de cet agent innervant.

Six mille moutons tués

L’histoire du VX remonte au début des années 1950 et l’on doit sa découverte aux Britanniques. Ranaji Ghosh, un chimiste travaillant pour les industries chimiques impériales britanniques, l’a synthétisé en 1952 dans l’espoir de l’utiliser comme insecticide. Mais sa toxicité a rapidement été jugée trop élevée pour l’homme et le produit a été retiré de la vente trois ans plus tard.

Sa dangerosité n’a pas échappé à l’armée britannique, qui a décidé d’examiner son potentiel militaire… et de partager cette découverte avec ses collègues américains. Enthousiaste, l’US Army a décidé de lancer sa production de masse à partir de 1961. Une usine de Newport (dans l’État de l’Indiana) en a fabriqué jusqu’à 10 tonnes par jour pendant sept ans. L’armée a également développé des missiles et des mines anti-personnelles capables de relâcher du gaz VX dans l’air.

C’est durant cette période d’amour de jeunesse que se sont déroulés les principaux accidents qui ont rendu le VX tristement célèbre. En mars 1968, alors que l’armée testait ses armes biologiques et chimiques dans la Skull Valley (Vallée du crâne, dans l’Utah), un peu de ce gaz mortel s’est répandu accidentellement dans un champ, tuant près de 6 000 moutons. Cet agent innervant est aussi soupçonné d’être à l’origine de l’empoisonnement accidentel d’une vingtaine de militaires sur la base américaine d’Okinawa en 1969.

La même année et sous pression de l’opinion publique, le président des États-Unis, Richard Nixon, décide d’interdire l’utilisation et les recherches sur les armes chimiques. Le VX n’a pas pour autant disparu de la surface de la Terre, et les États-Unis en ont gardé un certain stock. L’autre pays à en posséder officiellement est la Russie qui a développé — Guerre froide oblige — sa propre version de ce puissant poison baptisé "Russian VX". Mais depuis 1993, cette substance apparaît sur la liste des produits interdits au niveau international et une partie des stocks des deux pays a été détruite.

D’autres États ont été soupçonnés d’en posséder. L’Irak de Saddam Hussein en aurait fabriqué plus de 50 tonnes dans les années 1990. Le défunt dirigeant irakien avait reconnu, devant l’ONU, avoir entrepris des travaux pour en concevoir mais indiqué que ceux-ci avaient été abandonnés. En 2013, plusieurs rapports ont affirmé que le régime syrien de Bachar al-Assad s’était constitué un stock de gaz VX. Jusqu’à présent, cependant, aucune preuve formelle n’a été apportée de l’utilisation de cette arme chimique dans le cadre d’un conflit.

La terreur de la secte d’Aum

Le seul précédent connu au meurtre de Kim Jong-nam est l’assassinat d’un Japonais en pleine rue par un membre de la secte Aum en 1994. La victime — un jeune homme de 28 ans — avait été désignée comme un espion et condamnée à mort par le gourou de cette secte, Shoko Asahara.

L’utilisation d’une arme aussi puissante par cette secte, par ailleurs responsable de l’attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995, a suscité une vague d’inquiétudes sur la possibilité pour d’autres groupes terroristes d’en fabriquer. La question s’est posée pour Al-Qaïda peu après les attentats du 11 septembre 2001, mais aucune preuve en ce sens n’avait été apportée.

D’autant plus que la production de ce poison mortel nécessite de travailler dans un laboratoire sophistiqué avec des produits hautement toxiques, ce qui n’est pas à la portée de tous.

Première publication : 24/02/2017

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