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Economie

Un mystérieux milliardaire américain et un algorithme derrière la victoire du "non" au Brexit ?

© Jonathan Bachmann, AFP | Nigel Farage et Donald Trump ont un ami en commun : le milliardaire américain Robert Mercer.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 27/02/2017

Le milliardaire américain Robert Mercer aurait mis à disposition de la campagne du "non" au référendum sur le Brexit une société d’analyse de données, utilisée aussi par Donald Trump durant l’élection présidentielle américaine, d’après le Guardian.

L'ombre d'un milliardaire américain a-t-elle plané sur l'issue du vote sur le Brexit ? Le richissime patron du hedge-fund Renaissance Technologies et copropriétaire du site américain d’extrême droite Breitbart, Robert Mercer, aurait donné un sérieux coup de pouce technologique à son ami Nigel Farage, l’ex-patron du parti indépendantiste Ukip, pour faire gagner le camp du “non” en juin 2016, d'après le quotidien britannique The Guardian, dimanche 26 février.

Robert Mercer aurait joué le rôle du maître marionnettiste dans cette pièce politique, avant d'avoir exercé son influence sur les élections américaines. Jusqu’à présent ce septuagénaire était surtout connu pour ne pas vouloir être connu. Officiellement, il est 18e au classement Forbes des patrons de fonds d’investissement les mieux payés avec une rémunération de 150 millions de dollars en 2016.

Robert Mercer, pionnier de l’Intelligence artificielle

Robert Mercer est l’un des pionniers de la recherche en intelligence artificielle et a fait ses premières armes dans ce domaine chez IBM dans les années 1980 où il était perçu comme un programmeur de talent. Fort de cette expérience, ce père de trois filles a rejoint en 1993 le hedge fund Renaissance Technologies, spécialisé dans l’utilisation du “big data” pour définir les stratégies d’investissement.

En 2016, lors de la campagne présidentielle américaine, il est brutalement sorti de l’ombre en devenant l’un des principaux donateurs du camp républicain. Il a d’abord soutenu Ted Cruz, avant de miser plus de 11 millions de dollars sur Donald Trump. Il a aussi permis à un proche, Stephen Bannon, (l’actuel stratégiste en chef de la Maison Blanche) de propulser le site d’extrême droite Breitbart au sommet du jeu médiatique.

Ted Cruz, Donald Trump et Leave.eu

Pour aider ses poulains politiques - Donald Trump et Nigel Farage - à gagner, il aurait, d’après The Guardian, utilisé une arme de propagande massive : la société américaine d’analyse de données Cambridge Analytica, dont Robert Mercer est l’actionnaire majoritaire. Cette structure s’est spécialisée dans la collecte de données sur divers réseaux sociaux, l’établissement de profils ultra-pointus et dans les campagnes de marketing et d’influence politique. Elle promet de pouvoir, à travers l’analyse des "likes" et d’autres habitudes technologiques (combien de fois on change de photo de profil, à quelle vitesse on décroche un appel), d'en savoir plus long sur un internaute qu’un ami proche.

Cambridge Analytica a travaillé pour les deux favoris républicains de Robert Mercer : d’abord Ted Cruz, puis Donald Trump. Le Guardian affirme que quelques mois avant le référendum britannique, Robert Mercer est allé voir Nigel Farage pour lui suggérer de travailler avec la maison mère britannique de Cambridge Analytica, Strategic Communication Laboratories (SCL Group). L’ex-directeur de communication du mouvement Leave.eu (quitter l’UE), Andy Wigmore, a affirmé au quotidien britannique que SCL “était ravi d’aider gratuitement [la campagne] car Nigel était un bon ami des Mercer”.

Des informations sur 220 millions d'adultes américains

Quel est l’avantage de Cambridge Analytica par rapport à toutes les autres structures d’analyses de données ? D’abord la richesse de leur base de données. Alexander Nix s’est targué à plusieurs reprises, par exemple, d’avoir des informations sur les 220 millions d’adultes américains. Ensuite, leur méthode d’analyse ne repose pas essentiellement sur des critères classiques, comme la localisation géographique, l’âge ou encore le métier.

Cette entreprise établit le profil psychométrique de chacun. Cette branche controversée de la psychologie a pour but d’évaluer l’intelligence et le comportement des personnes à travers différents tests. Elle prend en compte non seulement des données objectives comme le lieu de résidence, les préférences musicales, mais aussi les émotions. Cette technique permet, d’après Alexander Nix, PDG de Cambridge Analytica, de savoir de quel bord politique est un individu, s’il est politiquement indécis, s’il est plutôt sociable, prompt à s’énerver, quelle est son inclinaison sexuelle, s’il vient de divorcer ou encore s’il est d’un naturel anxieux.

Il suffit alors de personnaliser au maximum les publicités ou vidéos politiques que l’on fait apparaître dans le fil d’information de la page Facebook d’un électeur pour tenter de l’influencer. Des internautes afro-américains dans certains États américains ont ainsi vu apparaître dans leur fil d’actualité des vidéos où l’adversaire démocrate de Donald Trump, Hillary Clinton, semblait insinuer que tous les Noirs étaient des “prédateurs sexuels”, raconte le site Motherboard. "Tous les messages de Donald Trump avaient été conçus grâce à l'analyse de données", a soutenu Alexander Nix.

Au Royaume-Uni, les responsables de la campagne pour le “non” au référendum ont ainsi, d’après le Guardian, rédigé des dizaines de publicités différentes en fonction des profils établis par l’analyse des données fournies par SCL Group, ce qui a permis d'envoyer des courriers de campagne personnalisés au plus proche des préoccupations des électeurs.

Aucune preuve concrète ne confirme que Robert Mercer et ses mordus de “big data” ont joué un rôle primordial dans les deux élections. Mais l’ex-directeur de communication de Leave-eu, Andy Wigmore, assure au Guardian que “c’est l'intelligence artificielle qui a gagné le référendum”.

Première publication : 27/02/2017

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