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FRANCE

Que sont devenues les promesses des primaires ? Le programme présidentiel de Hamon et de Fillon

© Yannick Graziani, Christophe Archambault, AFP | Benoît Hamon et François Fillon ont tous les deux présenté, mi-mars, la version finale de leurs projets respectifs pour l'élection présidentielle.

Texte par Romain BRUNET

Dernière modification : 17/03/2017

Les deux candidats à l’élection présidentielle issus des primaires se sont livré cette semaine à l’exercice de la présentation de leur nouveau projet. Ils ont adopté en la matière des stratégies radicalement différentes.

Deux candidats vainqueurs de leur primaire respective, deux projets présentés comme "enrichis" en vue de l’élection présidentielle, mais deux stratégies bien différentes. Si François Fillon a tenté d’adoucir un programme présenté par ses adversaires comme beaucoup trop "brutal" ou "ultra-libéral", Benoît Hamon a, en dépit de la révision de son revenu universel, tenu à montrer ce qu’était un projet résolument de gauche.

Le contexte était bien sûr différent pour les deux impétrants. Éclaboussé par les affaires depuis fin janvier, en passe d’être poussé vers la sortie, François Fillon était de toute manière contraint, pour survivre, de rassembler sa famille politique autour de son projet, à défaut de pouvoir le faire autour de sa personne.

>> À lire : Fillon présente un programme remanié à la marge

Cependant, le travail d’enrichissement de ses propositions avait commencé avant les premières révélations du Canard enchaîné. Son projet pour la santé, notamment, avait été particulièrement critiqué après sa victoire à la primaire de la droite. Un groupe de travail avait été mis en place début janvier pour le modifier. Même si François Fillon a longtemps juré que le programme qui avait gagné la primaire serait celui qu’il porterait devant l’ensemble des Français, en réalité, le candidat était déjà enclin à le faire évoluer.

Résultat : l'ancien Premier ministre a non seulement revu sa copie en matière de santé, écartant toute idée de confier les "gros risques" aux assurances privées, mais il met aussi nettement moins l’accent sur les 500 000 suppressions de postes de fonctionnaires, sur la fin des 35 heures ou sur l’augmentation du temps de travail du personnel hospitalier. À l’inverse, en plus d’insister sur ses propositions sécuritaires, il préfère dorénavant souligner dans ses discours ses nouvelles mesures en faveur du pouvoir d’achat comme l’abattement sur les cotisations sociales, l’augmentation du montant des petites retraites et des pensions de réversion ou le remboursement des lunettes à 100 % pour les enfants.

"Ceux qui décrivent ce projet comme une purge ont tout faux, a-t-il affirmé, lundi 13 mars, lors de la présentation de la version finale de son programme. Je ne demande pas non plus des efforts aux Français. Je leur propose de renouer avec la prospérité."

Dans son équipe de campagne, on affirme que le cœur du projet n’a pas varié. "Tout cela a été fait sans changer l’axe, sinon on arrive à tout affadir, à tout modifier par petites touches successives, et à l’arrivée on ne retrouve plus de cohérence", assure le député du Loiret Serge Grouard, qui a participé à l’élaboration du nouveau programme. Mais, en particulier grâce aux contributions des parlementaires de l’UDI, il y a désormais "plus de redistribution en termes de pouvoir d’achat", reconnaît le député de l’Oise Éric Woerth.

Pas de volonté de donner des gages à l’aile droite du PS côté Hamon

L’aile droite du Parti socialiste attendait des gages similaires en provenance de Benoît Hamon, mais ceux-ci ne sont pas réellement venus. "Je n’ai rien contre les synthèses. Elles sont utiles, le compromis est utile dans les négociations, il en faut toujours. Mais on ne va pas dans une élection présidentielle en se demandant quelle synthèse on fabrique. […] Je me réjouis d’avoir enrichi mon projet mais je ne suis pas dans un exercice qui est un exercice d’appareil", a répondu le vainqueur de la primaire de la gauche, jeudi 16 mars, lors de la présentation de son projet, en répondant à une question sur son éventuelle volonté d’incorporer des propositions de Manuel Valls.

Malgré tout, l’ancien ministre de l’Éducation s’efforce depuis quelques jours de mettre en valeur le bilan du gouvernement, citant en particulier la défense, la sécurité, l’éducation, le numérique ou, comme le week-end dernier lors de son déplacement aux Antilles, la politique des Outre-mer.

Le candidat a également ajouté des mesures voulues par le Parti Radical de Gauche en faveur des PME/TPE et a aussi sérieusement remanié son revenu universel. La dernière version de sa proposition le réserve ainsi dans un premier temps aux personnes sans ressources ou dont les revenus sont inférieurs à 1,9 SMIC pour un coût estimé à 35 milliards d’euros. On est loin de la toute première version estimée en janvier à environ 450 milliards d’euros.

Mais ces quelques signes n’ont pas été jugés suffisants par une partie des socialistes, qui l’accusent de ne pas appartenir à "la gauche de gouvernement". L’absence, jeudi matin, d’un cadrage financier complet – finalement promis pour vendredi – n’est pas non plus passée inaperçue.

"Ce qui est important, ce n’est pas de donner des gages à telle ou telle sensibilité de la gauche. Ça c’est un non-sens. Ce qui est important, c’est d’avoir un programme ambitieux, c’est peut-être ce qui a manqué au cours des dix dernières années", justifie le député de la Nièvre Christian Paul.

>> À lire : Benoît Hamon présente un programme enrichi du made in France version Montebourg

Difficile, en effet, de reprocher au candidat socialiste de manquer d’ambition. Benoît Hamon entend faire une priorité de toutes les thématiques de gauche : la relance par l’investissement, le made in France version Montebourg, la protection de l’environnement et du bien-être, l’éducation, les réformes démocratiques, la lutte contre les inégalités, le logement, la santé ou encore le renforcement des services publics.

En adoptant cette stratégie, l’ancien frondeur regarde définitivement sur sa gauche et espère se hisser au second tour de l’élection présidentielle en faisant le pari que les électeurs de Jean-Luc Mélenchon finiront par se rallier à sa candidature. Un choix qui l’oblige toutefois à faire une croix, au passage, sur les électeurs plus modérés de sa famille politique, quitte à acter pour de bon la division entre ces deux gauches dites "irréconciliables".

Première publication : 17/03/2017

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