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Présidentielle : le débat des candidats peut-il convaincre les abstentionnistes ?

© Capture d'écran : jevotepas.fr | Environ 32 % des électeurs pourraient s’abstenir de voter à l’élection présidentielle.

Texte par Ségolène ALLEMANDOU

Dernière modification : 21/03/2017

Quelque 30 % du corps électoral prévoit de bouder les urnes les 23 avril et 7 mai prochains pour l'élection présidentielle. Pour autant, les abstentionnistes seront attentifs au débat de ce soir et certains ne demandent qu’à être convaincus.

C’est l'occasion ou jamais de convaincre pour les cinq principaux candidats à l’élection présidentielle appelés à débattre lundi soir sur TF1. À un mois du premier tour, de plus en plus d’électeurs semblent se détourner des urnes. Quelque 32 % des Français pourraient décider de s’abstenir, selon les dernières estimations du Centre de recherches politiques de Sciences-Po (Cevipof), soit une hausse de 13 % par rapport au premier tour de l’élection en 2012.

Parmi eux, @AbstentionPlus, 60 ans, ne vote plus depuis 20 ans. La faute aux politiques : "C’est devenu un métier comme un autre, où la conviction idéologique n’a plus sa place", déplore-t-il. Et d’ajouter : "Le décalage entre les promesses électorales et la réalité de la vie sociale est trop important".

De son côté, Pierre, 29 ans, se définit comme abstentionniste depuis un an. "Je suis intéressé par la politique mais démotivé par les élections", précise celui qui a décidé de lancer, avec cinq de ses amis, une plateforme d’expression libre, surnommée Le Parti des Abstentionnistes et des Sans-voix, pour recueillir les idées de tous ceux qui ne votent pas. "Le non-vote est le problème central de notre système électoral", dénonce le site qui recueille des dizaines de témoignages et des centaines de "like" sur sa page Facebook. Pour lui, la citoyenneté ne s’arrête pas à l’élection. "Ne pas donner sa voix une fois tous les cinq ans, c’est la garder pour l’exprimer plus tard, via des actions associatives ou militantes".

Enfin, @Ruff_lrie, 34 ans, ne vote plus depuis les dernières municipales. Sur Twitter, il prône même "la #revolte2017". "C'est quand même fou, à l'heure où les élus gèrent leur mandat comme des chefs d'entreprises, qu’ils ne soient pas choisis pour leurs compétences, mais pour une couleur politique", s’insurge-t-il.

Réformer les institutions

Abstentionnistes certes, mais pas hermétiques au débat politique pour autant. Les trois électeurs prévoient de regarder le débat avec attention et attendent beaucoup des trois heures d’échanges. Si @Ruff_lrie veut continuer à "forger [s]a réflexion", Pierre, lui espère "que les journalistes poseront des questions sur les institutions françaises. Les gens qui ne votent pas sont aujourd’hui très politisés et ont beaucoup d’idées pour faire évoluer le système démocratique", avance-t-il.

Loin de s’attaquer à une campagne axée sur les affaires, @Ruff_lrie partage le même rejet des institutions en place : "Il faut revoir le système électoral, commente-t-il. Plutôt que de voter pour des candidats avec des étiquettes, soyons pragamtiques et votons pour des candidats avec le meilleur CV". Dans son idéal, il souhaiterait élire un écolo au ministère de l'Industrie ou un communiste au ministère de l'Emploi.... "Pas juste un homme qui ne décide... rien !", ajoute-t-il.

L’abstentionniste, qui travaille au service des collectivités publiques, plaide également pour des décisions collégiales pour éviter des décisions arbitraires : "Les élus sont aujourd'hui trop sensibles au lobbying, que ce soit local ou national, souligne-t-il. Certaines décisions ne devraient pas être prises par le niveau politique, mais par une consultation, pour ainsi lever une partie de la pression des lobbys". Même constat pour @AbstentionPlus, qui dénonce la construction d'une Europe "minée par les lobbyistes", au même titre que "les assemblées en France".

Mélenchon parle aux abstentionnistes

Pierre, qui se situe "plutôt à la gauche du Parti socialiste" est peut-être celui qui attend le plus du débat, notamment de Benoît Hamon : "Je voudrais qu’il précise ses idées sur la VIe République, sur sa volonté de réformer les institutions pour réaffirmer la démocratie" Et d’ajouter : "Peut-on estimer aujourd’hui qu’une élection avec 30 % d’abstention est légitime ?"

Il avoue même que Jean-Luc Mélenchon pourrait le séduire pour le premier tour, car il est le seul à proposer l’idée d’une Assemblée constituante. "Il veut remobiliser le peuple autour de sa propre souveraineté", précise-t-il. @AbstentionPlus semble également sensible au discours du candidat de la France insoumise. "C’est le seul qui pourrait me faire bouger, admet-il. L'idée d'une VIe République pourrait être la solution pour casser les héritages multiples laissés par le Général [de Gaulle]." Jean-Luc Mélenchon s’affiche d'ailleurs comme celui qui s’intéresse le plus aux abstentionnistes, en s’adressant à eux à chaque meeting.

En revanche, @Ruff_lrie est bien décidé à résister. Pour lui, mieux vaut faire des travaux d’intérêt général ou payer une amende plutôt que de "voter inutile ou dangereux".

Seule certitude, aucun d’entre eux ne votera blanc. "Ce n’est pas comptabilisé dans les résultats alors que l’abstention, qui est proche d’être le premier parti de France, est la première donnée annoncée lors des résultats", affirme fièrement Pierre. "Si on additionne le vote blanc et les abstentionnistes, les hommes politiques doivent prendre conscience qu’ils ne représentent qu’une minorité de la population, et que par conséquent, le système est caduc".

Première publication : 20/03/2017

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