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Moyen-Orient

Les résultats économiques de Rohani, enjeu majeur de la présidentielle iranienne

© Ho, Iranian presidency, AFP | Le président Rohani, lors du 38e anniversaire de la République islamique d'Iran, le 10 février 2017.

Texte par Bahar MAKOOI

Dernière modification : 12/04/2017

Les critiques des conservateurs fusent contre la politique économique du président iranien, Hassan Rohani, à l’approche de la présidentielle en Iran. Pourtant la situation économique s'est améliorée depuis la levée des sanctions internationales.

À moins de deux mois de l’élection présidentielle iranienne, l’actuel chef de l’État, le religieux modéré Hassan Rohani, qui brigue un second mandat, a été sermonné, lundi 20 mars, par le guide suprême Ali Khamenei pour son bilan économique. Sa gestion de l’économie iranienne pourrait devenir l’un des enjeux majeurs de la campagne électorale, avant le scrutin du 19 mai.

"Ce qui a été fait est loin des attentes de la population et du guide suprême", a déclaré l'ayatollah Ali Khamenei lundi, ajoutant "ressentir l'amertume des gens, en particulier ceux issus des classes faibles, face aux difficultés économiques, notamment l'inflation, le chômage, la discrimination et les inégalités sociales".

Si le président iranien peut se targuer d’avoir réussi à faire lever une partie des sanctions internationales après la signature de l’accord sur le nucléaire iranien en juillet 2015, les retombées économiques de cet accord se font attendre pour la population iranienne, ce qui nourrit le mécontentement populaire.

Des électeurs déçus

Dans un pays où 55 % des habitants à moins de 30 ans, le chômage, en particulier celui des jeunes, affecte les électeurs potentiels. Or il a augmenté ces dernières années malgré l'accord nucléaire. Selon les derniers chiffres officiels, il frappe 12,7% de la population active et près de 27 % des jeunes. "Il y a une déception tant les attentes des électeurs de Rohani – la classe moyenne et le jeunes – étaient élevées, ils pensaient que l’accord sur le nucléaire allait tout régler", explique auprès de France 24 Thierry Coville, spécialiste de l’Iran à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

Une déception sur laquelle surfe le camp conservateur qui compte bien en faire l'une des grandes thématiques de la campagne électorale iranienne. À ce titre, les reproches du Guide suprême viennent appuyer les critiques déjà émises à l’encontre du président iranien par le journal conservateur Keyhan et un certain nombre de figures du camp des conservateurs, qui n'a pas encore désigné le rival de Hassan Rouhani pour l’élection.

Thierry Coville conteste pourtant cette vision négative. "C’est injuste" estime le spécialiste en macro-économie. "Si vous prenez les chiffres, l’environnement macro-économique iranien s’est amélioré en 2016, juste après la signature de l’accord sur le nucléaire. La production pétrolière est revenue à son niveau d’avant les sanctions, la croissance est estimée à plus de 4 % alors qu’elle était de 0 %, l'inflation est toujours présente, mais elle est à moins de 10 % d’après les chiffres officiels, contre plus de 40 % avant l’élection de Rohani".

Rohani a besoin de temps

Le président modéré s’était fixé pour objectif la tâche ardue de réduire le rôle des groupes paraétatiques, comme les fondations religieuses et le corps des Gardiens de la révolution, très présents dans l’économie du pays. Or, les mandats présidentiels iraniens de quatre ans étant courts, le temps n'a pas été suffisant. "Pour relancer l’emploi, il faut du temps, car cela nécessite de tenir le rythme avec une croissance forte sur plusieurs années avec la mise en place de réformes structurelles comme la privatisation de l’économie", estime Thierry Coville.

Un second mandat pourrait donc donner l'occasion à Rohani de poursuivre sa réforme. Depuis la révolution islamique de 1979, tous les présidents sortants ont renouvelé leur mandat un seconde fois.

Au rang des défis qui lui restera à relever s’il en a la possibilité, on compte aussi la stimulation des investissements étrangers. Hassan Rohani table sur 50 milliards de dollars annuels. Un montant colossal, loin des 4 milliards de dollars investis chaque années par les capitaux étrangers depuis 2000, selon la Banque mondiale. Depuis l'accord sur le nucléaire, ils peinent encore à décoller. La faute à la frilosité des grandes banques européennes vis-à-vis des sanctions américaines encore en place, mais aussi à un climat économique iranien toujours teinté par la corruption.

Un fléau pourtant qualifié de "menace à la sécurité nationale" par le président iranien en décembre 2014. Force est pourtant de constater que très peu de progrès ont été effectués dans ce domaine puisqu’en 2016, l’Iran était toujours classé 131e sur 176 dans le classement de l’ONG Transparency international des pays les plus corrompus au monde.

Première publication : 22/03/2017

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