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Economie

La banque russe Alfa Bank ne veut plus être liée à Donald Trump

© Alexander Nemenov, AFP | La banque russe Alfa Bank ne veut pas apparaître comme un possible intermédiaire entre Donald Trump et Vladimir Poutine.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 23/03/2017

La banque russe Alfa Bank a envoyé une lettre de mise en garde à une experte américaine en sécurité informatique. Elle avait étudié des documents suggérant que Donald Trump a pu être en contact avec la Russie par l'intermédiaire de cette banque.

Alpha Bank contre-attaque. La banque russe, soupçonnée peu avant la présidentielle américaine de novembre 2016 d’être liée à l’empire Trump, a envoyé une lettre de menace à L. Jean Camp, une experte en sécurité informatique américaine qui s’était penchée sur cette affaire, a révélé la chaîne américaine CNN, mercredi 22 mars.

"Alfa Bank explore toutes les options à sa disposition pour se protéger contre des ingérences malintentionnées et de potentielles activités frauduleuses qui suggéreraient à tort qu’Alpha Bank a eu ou entretiendrait toujours une relation avec l’organisation Trump", avertissent les avocats américains chargés par la plus importante banque à capitaux privés de Russie. Cette mise en garde légale intervient une semaine après des informations obtenues par les médias américains faisant état d’une enquête du FBI sur les liens entre une banque moscovite et l’équipe de campagne de Donald Trump.

Ligne secrète entre Trump et Moscou...

L. Jean Camp fait partie d’un petit groupe de chercheurs qui ont reçu à l’automne 2016 des documents confidentiels, faisant état d’étranges flux informatiques entre Alfa Bank et un serveur du nom de mail1.trump-email.com. Dans la dernière ligne droite électorale, entre le 4 mai et le 23 septembre 2016, la banque russe a "contacté" cette adresse 2 820 fois. Cette activité représente 80 % de toutes les requêtes adressées à ce serveur email de l’organisation Trump sur cette période. Des informations obtenues par l’intermédiaire de Tea Leave, nom d’emprunt sur Internet d’un autoproclamé expert indépendant en sécurité informatique.

>> À lire : Sergey Kislyak, l'ambassadeur russe qui met l’équipe Trump dans l’embarras

Il n’en a pas fallu beaucoup plus pour que Slate ne s’empare de l’histoire et publie, le 31 octobre 2016, un article se demandant si l’équipe de campagne de Donald Trump avait ouvert un canal de communication secret avec la Russie par l'intérmédiaire d'Alfa Bank. Dépeindre ce puissant établissement bancaire comme étant le chaînon manquant entre le Kremlin et la bande à Donald est tentant. L’un de ses cofondateurs, Piotr Aven, connaît personnellement Vladimir Poutine pour avoir travaillé avec lui au sein du gouvernement de Saint-Pétersbourg au début des années 1990. Alfa Bank est aussi lié à Paul Manafort, l’ex-chef de campagne de Donald Trump aux trop nombreuses relations russes.

Les allégations de Slate avaient été démenties, à l’époque, aussi bien par l’entourage de Donald Trump que par la banque russe. D’autres médias américains avaient également jugé la thèse fragile. The Intercept, le site Vox ou encore le Washington Post avaient tous relevé que "contacter" ce serveur mail de l’organisation Trump ne signifie pas "communiquer" avec lui. En fait, il n’existe que des traces avérées de requêtes DNS (domain name system) d’Alfa Bank vers mail1.trump-email.com. C’est l’équivalent informatique d’une recherche dans un annuaire inversé pour savoir à qui appartient un numéro de téléphone.

… ou spam intempestif ?

Le serveur mail en question n’était, en outre, pas directement utilisé par une entité de l’empire Trump. Il avait été loué à la société américaine Cendyn, spécialiste des campagnes marketing sur Internet pour des hôtels. Cette entreprise était donc chargé de démarcher par courrier électronique des potentiels clients pour les établissements Trump. Robert Graham, un célèbre expert en cybersécurité, avait ainsi jugé que Cendyn avait pu s’adonner à une opération de spam pour vanter au personnel d’Alfa Bank les avantages de séjourner dans un hôtel Trump. En réponse, le système de défense informatique de la banque avait cherché à savoir qui envoyait tous ces messages publicitaires. Pour Robert Graham, cette thèse est au moins aussi crédible, sinon plus, que celle d’une ligne secrète de communication entre le Kremlin et l’entourage de Donald Trump.

Reste la fréquence des requêtes. La plupart des critiques de l’article de Slate reconnaissent que si Cendyn avait activement spammé des clients potentiels à travers le monde, il y aurait probablement eu beaucoup d’autres entités qui auraient fait des requêtes DNS sur le serveur mail1.trump-email.com. La part d’Alfa Bank dans le total ne devrait pas être aussi importante. Même Paul Graham reconnaît qu’il y a quelque chose d’étrange dans cette frénésie de requêtes en provenance de Moscou.

C’est peut-être pour ça que le FBI continue à s’intéresser à la piste Alfa Bank, malgré le manque de preuve tangible. C’est probablement aussi la raison pour laquelle la banque est passée à la vitesse juridique supérieure en faisant appel à des avocats. Ces derniers veulent que L. Jean Camp conserve toutes les traces de ses communications électroniques avec la source anonyme Tea Leave, d’autres chercheurs et des journalistes. Alfa Bank a décidé de passer à l’offensive au lieu de continuer à nier et attendre que l’histoire ne se tasse. Car, visiblement, cette affaire n’est pas prête de disparaître tel un courriel dans la corbeille.

Première publication : 23/03/2017

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