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FRANCE 24

Présidentielle française : les syndicats partent en campagne contre les idées du FN

© Loïc Venance, AFP | Les organisations syndicales ont sorti le drapeau rouge pour contrer la montée du Front national.

Texte par Ségolène ALLEMANDOU

Dernière modification : 24/03/2017

Face à la montée du Front national, la CFDT et la CGT ont enchaîné cette semaine les prises de position contre le parti de Marine Le Pen. Les fédérations s'accordent sur un but : déconstruire son discours pseudo-social.

Depuis le début de la semaine, plusieurs syndicats majoritaires s'élèvent contre le Front national (FN). À un mois de l'élection présidentielle, vendredi 24 mars, la CGT, première organisation de France, a alerté le monde du travail face "à l'extrême droite, dont le FN est l’un des porte-drapeaux, qui prône la division des travailleurs du fait de leur origine, leur statut ou leur situation sociale". Quatre jours plus tôt, la CFDT avait envoyé un argumentaire anti-FN à ses adhérents pour "décrypter" le programme de Marine Le Pen et "révéler ce qu'il cache". De son côté, la FSU, particulièrement représentée dans la fonction publique, a choisi d'écrire à l'ensemble des 5,5 millions de fonctionnaires de France.

Une fois n'est pas coutume, la CGT, la CFDT et FSU sont sur la même ligne. Elles ont toutes sorti le drapeau rouge pour contrer la montée du Front national, quasiment assuré, selon les sondages, d’être qualifié pour le second tour. "Au vu du contexte, nous avons choisi de mettre un coup de projecteur sur notre argumentaire", explique le secrétaire national de la CFDT, Frédéric Sève, à France 24. La deuxième fédération française, qui s'est toujours engagée à faire "barrage" au FN, y dénonce notamment "un projet de société inacceptable" basé sur la préférence nationale et "le chacun pour soi".

Pas compatible avec les valeurs syndicales

Depuis des décennies, les trois organisations n'ont cessé de dénoncer les dangers du FN. En mars 2011, les deux centrales, ainsi que la FSU et l’Unsa, ont publié une déclaration solennelle dans laquelle elles assurent que "la préférence nationale n’est pas compatible avec le syndicalisme". La CGT opère un travail de fond sur cette question depuis 2013 auprès des délégués syndicaux "pour déconstruire le pseudo-discours social du FN", précise Pascal Debay, membre de la direction confédérale de la CGT.

>> À voir : "Présidentielle en France : le FN à la conquête de nouveaux électeurs"

Certaines fédérations ont même été contraintes de procéder à plusieurs exclusions dans leurs rangs. "Un responsable syndical ne peut pas afficher ses appartenances politiques dans un souci d'indépendance d'une part", affirme Frédéric Sève. "Mais aussi parce que les valeurs du FN ne sont absolument pas en phase avec les valeurs de la CFDT", a-t-il ajouté. 

"FO, le moins sectaire"

Seule exception, Force Ouvrière, qui ne veut pas se positionner vis-à-vis du parti d'extrême droite. "Contrairement aux autres syndicats, chez FO, ils sont ouverts et respectueux", avait d'ailleurs évoqué, en 2015, le numéro deux du FN Florian Philippot, qui qualifiait ce syndicat de "moins sectaire" que les autres.

Dans une étude de l'Ifop réalisée en 2015 après les élections régionales, il apparaît que parmi les électeurs, les salariés proches de FO sont le plus enclins (34 %) à voter pour la formation de Marine Le Pen, suivis de ceux de la CGT (27 %) et de la CFDT (26 %). "Historiquement, FO est formé de deux blocs, l’un d’extrême gauche et l’autre très gaulliste, qui formait l’électorat populaire issu du monde du travail de la droite. Or, celui-ci at été vampirisé par le FN", expliquait alors Jérôme Fourquet, directeur du département opinion publique à l'Ifop, dans L'Humanité.

Interrogé par France 24, le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly a réaffirmé qu'"il n'entendait pas donner de consignes de vote, ni au premier, ni au deuxième tour", tout en ajoutant que FO n'était "ni raciste, ni xénophobe". Pour lui, les premiers responsables de la montée du FN sont "ceux qui ont accepté de mener une politique d'austérité". 

>> À lire aussi : Les erreurs du PS dans sa lutte contre le FN

Libération de la parole frontiste

Depuis plusieurs années, les syndicats observent la libération de la parole frontiste dans les entreprises et les administrations. "On entend des propos racistes qui n'étaient pas tenus il y a cinq ou dix ans", déplore Pascal Debay. Et préfèrent alerter leurs adhérents avant le premier tour. "Il est de notre responsabilité de mettre en garde face au danger que le parti représente", estime Frédéric Sève. 

Elles souhaitent ne pas avoir à revivre le scenario de 2002. Durant l’entre-deux-tours de l'élection présidentielle, les fédérations, pourtant attachées à leur indépendance, étaient sorties de leur pré-carré pour enjoindre les électeurs à faire barrage au candidat FN de l'époque, Jean-Marie Le Pen, qui avait créé la surprise en se hissant au second tour.

"On préfère l'affrontement"

Le Front national a toujours cherché à s’implanter dans le monde syndical. Surtout que le parti de Marine Le Pen a beaucoup d’écho dans le monde ouvrier. "Dans les années 1990, le Front national a même cherché à créer des syndicats, mais les organisations syndicales ont fait barrage", rappelle Frédéric Sève de la CGT.

Malgré cela, les idées frontistes ont réussi à séduire le monde du travail, "dans toutes les catégories socio-professionnelles", précise Pascal Debay, et pas seulement dans le secteur ouvrier. Lors des élections régionales de 2015, moins d’un ouvrier sur sept a voté FN - si l'on tient compte des abstentionnistes et des non-inscrits. Plus de la moitié de l’électorat FN se recrute dans les classes populaires, y compris les employés et les retraités.

"Face à cela, il faut armer nos adhérents et militants pour les aider à riposter et contredire les arguments FN", commente-t-il. "On déplore le manque d’opposition face au Front national. La plupart des politiques optent pour l’évitement, nous on préfère l’affrontement."

Première publication : 24/03/2017

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