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Moyen-Orient

Le Yémen ravagé par deux ans de guerre civile sans issue

© Ahmad AL-BASHA / AFP | Au Yémen, depuis deux ans, les avions de combat de la coalition mènent quasi-quotidiennement des frappes aériennes.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 27/03/2017

La guerre au Yémen, qui déstabilise la région sur fond de rivalité entre Riyad et Téhéran, a fait, selon l'ONU, plus de 7000 morts et 42 000 blessés depuis le début de l'intervention, en mars 2015, d'une coalition arabe menée par l'Arabie saoudite.

Escalade meurtrière entre forces loyalistes et rebelles, montée du jihadisme, frappes américaines contre Al-Qaïda, menace de famine, le Yémen est plus instable que jamais deux ans après le début de l'intervention militaire d'une coalition arabe menée par l'Arabie saoudite.

Le Yémen est devenu "un bourbier", résume Peter Salisbury, chercheur à l'institut londonien Chatham House. Le pays de la péninsule arabique, plus pauvre de la région, s'est fracturé à tel point qu'il est difficile d'imaginer son avenir "comme État unitaire viable", ajoute-t-il.

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Depuis deux ans, les avions de combat de la coalition mènent quasi-quotidiennement des frappes aériennes en appui aux milliers de soldats engagés au sol avec chars, canons et artillerie lourdes contre les rebelles chiites houthis et leurs alliés. Mais ces derniers contrôlent toujours de larges pans du territoire, dont la capitale Sanaa, qu'ils occupent depuis septembre 2014. Ils se disent prêts à résister jusqu'au bout et ont marqué ce dramatique anniversaire en organisant, dimanche 26 mars, une manifestation géante à Sanaa, sous le slogan "Résistance à l'agression".

Les combats ont déjà fait 7 700 morts, majoritairement des civils, plus de 42 500 blessés et trois millions de déplacés. Le Yémen est le théâtre de "la pire crise humanitaire au monde" et "un grave risque de famine" menace ce pays, met en garde l'ONU.

Aucun signe d'apaisement après l'échec de sept trêves

Jusqu'à présent, aucun signe d'apaisement ne se dessine après l'échec de sept trêves pilotées par l'ONU et l'ex-secrétaire d' État américain John Kerry. Selon le médiateur de l'ONU, les belligérants refusent encore aujourd'hui de négocier. "Le pays est en train de s'effondrer comme un château de cartes", constate Adam Baron, expert lié à l'European Council on Foreign Relations.

Deux ans et demi après avoir été chassé de la capitale Sanaa, le président Abd Rabbo Mansour Hadi reste à ce jour l'autorité "légitime" du pays. Mais il réside la plupart du temps à Riyad. L'enjeu est également crucial pour l'Arabie saoudite, le chef de file de l'islam sunnite qui, en intervenant au Yémen, cherche à contrer l'influence de l'Iran, son rival régional accusé de soutenir les Houthis.

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Riyad est soutenu par ses voisins du Golfe, notamment les Émirats, qui estiment agir en état de légitime défense contre "la stratégie iranienne pour assiéger la péninsule arabique", selon Mustafa Alani du Gulf Research Centre.

Quid des Américains?

L'une des inconnues réside dans l'attitude de la nouvelle administration américaine de Donald Trump, qui semble mieux disposée vis-à-vis de l'Arabie que celle de Barack Obama.

Jusqu'à présent, Washington fournit des armes à la coalition et l'assiste en ravitaillement aérien et en renseignements. Il pourrait décider d'accroître ce soutien afin d'envoyer un message de détermination face à l'Iran, relèvent Joost Hiltermann et April Alley de l'International Crisis Group. Mais "si Trump s'engage avec précipitation dans la guerre yéménite, il y a un risque réel que le conflit devienne hors de contrôle", avertissent-ils.

Avec AFP

Première publication : 27/03/2017

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