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FRANCE

Présidentielle : un premier débat à 11 émaillé de passes d'armes sur l'Europe et les affaires

© Lionel Bonaventure, AFP | Les onze candidats à l'élection présidentielle ont débattu pendant quatre heures, mardi 4 avril 2017, sur BFM TV et CNEWS.

Vidéo par Armelle CHARRIER

Texte par Romain BRUNET , Alcyone WEMAËRE

Dernière modification : 05/04/2017

Les onze candidats en lice pour l'élection présidentielle française ont débattu mardi sur les thèmes de l'emploi, de la sécurité et du social. Une configuration inédite qui a donné lieu à quelques échanges assez vifs.

À 19 jours du premier tour de la présidentielle, les onze candidats en lice ont participé à une joute télévisée, mardi 4 avril, sur CNews et BFM TV, axée sur les thèmes cruciaux de l'emploi, de la sécurité et du social.

La configuration était inédite puisque, pour la première fois, les cinq "grands" candidats – Benoît Hamon, François Fillon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon – ont débattu avec les six "petits" : Nathalie Arthaud (LO), François Asselineau (UPR), Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan (DLF), Jean Lassalle et Philippe Poutou (NPA).

>> À lire : François Asselineau, le souverainiste invité surprise de l'élection présidentielle

Cette nouveauté a bien évidemment été le fait de la soirée, les Français découvrant devant leur écran des candidats qui leur étaient jusqu'ici inconnus. Du personnage théâtral Jean Lassalle au professoral François Asselineau, incollable sur les articles des traités européens, en passant par le révolté Philippe Poutou, ces nouveaux venus ont apporté de la couleur à un débat de quatre heures parfois terne et qui n'a pas vraiment servi les favoris de la présidentielle, contraints le plus souvent d'attendre de longues minutes avant de pouvoir prendre la parole.

Certains échanges ont toutefois permis de faire apparaître de vrais différences, notamment sur l'Europe. Les affaires ont également occupé l'espace, François Fillon et Marine Le Pen étant vivement attaqués par Philippe Poutou et Nathalie Arthaud.

  •  Marine Le Pen ciblée sur sa stratégie de sortie de l'Union européenne

L’Union européenne a donné lieu à des échanges assez vifs entre les candidats. Emmanuel Macron a ainsi pris à partie Marine Le Pen sur son programme qui prévoit la sortie de l'euro : "Je ne veux pas laisser s'installer une espèce de faux débat entre celles et ceux qui protègent les Français en disant 'on sort de l'Europe' et les autres qui seraient pour le laisser-aller. L'Europe permet de protéger", a affirmé l'ancien ministre de l'Économie.

"Ce que vous proposez, Mme Le Pen, c'est en effet de la baisse de pouvoir d'achat pour les Français, parce qu'avec la sortie de l'euro pour les épargnants, les travailleurs, ce sera une baisse de pouvoir d'achat. Ce que vous proposez, c'est la guerre économique", a insisté Emmanuel Macron. "Ce que vous proposez, c'est le nationalisme (...). Le nationalisme, c'est la guerre. Je viens d'une région qui est pleine de ces cimetières", s'est encore inquiété le candidat En Marche en reprenant à son compte une phrase prononcée par François Mitterrand. "Mme Le Pen, vous ressortez, pardon de vous le dire, les mensonges qu'on entend depuis quarante ans et qu'on entendait dans la bouche de votre père", a-t-il enfin ajouté.

François Fillon s'est associé à Emmanuel Macron pour critiquer par ricochet le programme économique de Marine Le Pen. "À la fin, elle va soumettre aux Français par référendum (...) cette question de la sortie de la monnaie européenne", a-t-il dit. "Or, comme on sait tous qu'il y a l'immense majorité de Français qui ne souhaite pas sortir de la monnaie européenne, ça veut dire qu'en réalité, il n'y a pas de politique économique de Madame Le Pen parce que cette politique économique s'effondrera à la minute où les Français se seront prononcés sur la question du maintien dans la monnaie européenne."

Enfin, même François Asselineau, le candidat du "Frexit", s'est opposé à Marine Le Pen, rappelant qu’il était partisan d’une sortie sans délai de l’Union européenne tandis que Marine Le Pen souhaite au préalable un référendum sur le sujet.

  •  L'Europe, pomme de discorde entre Hamon et Mélenchon

Seule différence majeure entre les deux candidats principaux de la gauche, l’Europe a également été au cœur d'une passe d'armes entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, le premier accusant le second de faire des propositions -négocier une sortie des traités européens - menant forcément la France à son "plan B" qui consiste en une "sortie de l'euro et de l'Europe".

>> À lire : Sur l'Europe, Hamon veut un "new deal", Mélenchon menace de claquer la porte

Après avoir mentionné un "point d'accord" qui est que "l'austérité, ça ne tient plus" dans l'Union européenne, Benoît Hamon a exprimé "un désaccord" avec celui que les sondages placent désormais devant lui en raillant : "Ça manque de solutions, votre programme sur l'Europe".

"C'est la raison pour laquelle ça finira au plan B, c'est ma conviction. Moi ma conviction c'est que le chemin que vous proposez c'est la sortie de l'euro et de l'Europe", a-t-il poursuivi, avant que l'échange ne s'envenime. "Vous avez gouverné l'Europe avec la droite, donc venez pas me saouler maintenant", a répliqué l'eurodéputé Mélenchon. "Ce n’est pas moi qui ai voté Maastricht, c'est vous", a répondu Benoît Hamon, en référence au traité créateur de la monnaie unique en 1992.

  •  Fillon et Le Pen pris à partie sur les "affaires"

Le sujet avait été plus ou moins évité lors du précédent débat à cinq sur TF1, les "petits" candidats Poutou et Arthaud n'ont pas eu mardi soir les mêmes "pudeurs de gazelle", selon l'expression de Jean-Luc Mélenchon.

"François Fillon, plus on fouille plus on sent la corruption, la triche, ce sont des bonhommes qui nous expliquent qu'il faut la rigueur, l'austérité alors qu'ils piquent dans les caisses", a ainsi dénoncé Philippe Poutou.

>> À lire : Les petits "plus" du patrimoine des candidats à la présidentielle

"Ensuite il y a aussi Mme Le Pen qui pique dans les caisses publiques. Pour quelqu'un d'anti-européen, ça ne la gêne pas de piquer dans les caisses de l'Europe", a poursuivi le candidat trotskiste, dénonçant les "politiciens corrompus, déconnectés de la réalité".

"Le FN se dit anti-système mais se protège grâce aux lois du système avec son immunité parlementaire et refuse d'aller aux convocations policières, donc peinard !", a-t-il ensuite lancé. "Nous, quand on est convoqué par la police, nous n'avons pas d'immunité ouvrière, on y va", a ironisé celui qui est ouvrier chez Ford, suscitant des applaudissements dans la salle.

Nathalie Arthaud a elle aussi critiqué en le regardant dans les yeux le candidat LR : "Quand on entend toutes ces leçons de morale, qui viennent d'en haut, quand on entend M. Fillon dénoncer les cheminots qui sont des privilégiés, dénoncer l'assistanat, alors que lui-même s'accorde quand même des largesses on va dire, pour être gentil."

Puis, se tournant vers Marine Le Pen, installée juste à sa gauche : "Vous nous faites des leçons de tolérance zéro en permanence pour les jeunes, il ne faut rien accepter, et vous ne vous rendez pas à la convocation des juges !", a-t-elle souligné. "Quand on est travailleur, quand on est ouvrier, quand on est au chômage, des comptes, on en rend tous les jours, même quand on est malade, qu'on est en arrêt maladie, qu'on a parfois une maladie grave, on est contrôlé, à domicile, on vient voir si on est bien là, si on est bien malade", a argumenté la candidate.

Plus tard dans le débat, Philippe Poutou a répété à l'adresse de François Fillon : "Il parle de la dette mais ça l'empêche pas de se servir dans les caisses". Ce à quoi, François Fillon a réagi : "Oooh, oooh, oooh", a-t-il commencé, avant d'ajouter : "Je vais vous foutre un procès."

  •  "Un président exemplaire", selon François Fillon

Interrogé à son tour sur ce que doit être selon lui un président exemplaire, François Fillon a usé d'une anaphore visant du début à la fin François Hollande et qui a justement rappelé le "Moi président" du candidat Hollande lors du débat de l'entre-deux-tours de la présidentielle de 2012 face à Nicolas Sarkozy.

"Un président exemplaire est un président qui dit la vérité aux Français sur la réalité de la France et la réalité du monde. Un président exemplaire, c'est un président qui met en œuvre les engagements qu'il a pris devant le peuple, quelles que soient les difficultés. Un président exemplaire, c'est un président qui respecte son Premier ministre, qui respecte le gouvernement et qui respecte l'équilibre des pouvoirs prévus par la Constitution. Un président exemplaire, c'est un président qui ne se sert pas des moyens de l'État pour affaiblir ses adversaires. Et un président exemplaire, c'est un président qui ne confie pas à des journalistes des secrets défense. Pour finir, un président exemplaire, c'est un président qui, au bout de cinq ans, peut dire qu'il a amélioré la situation et la vie des Français", a conclu François Fillon, par ailleurs mis en examen notamment pour détournement de fonds publics dans l'affaire de l'emploi présumé fictif de son épouse.

Revivez le débat télévisé entre les onze candidats :

 

Première publication : 04/04/2017

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