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Economie

Pourquoi Mastodon, le clone open-source de Twitter, attire-t-il autant ?

© Mastodon | Selon le créateur, Mastodon, c'est Twitter mais en mieux.

Texte par Romain HOUEIX

Dernière modification : 06/04/2017

Mastodon, un clone de Twitter, libre, gratuit et décentralisé sorti il y a six mois, connaît un véritable engouement. Comme de nombreux réseaux sociaux créés ces dernières années, celui-ci prétend, à terme, enterrer son concurrent.

Le mammouth va-t-il écraser l'oiseau bleu ? Lancé en octobre 2016, Mastodon connaît un véritable engouement ces derniers jours au point que le milieu de la Tech annoncent déjà que la plateforme de microblogging dont elle est le clone, Twitter, pourrait disparaître, ringardisée. Si le pachyderme fait autant de bruit, c'est que son créateur, Eugen Rochko, un Allemand de 24 ans, l'a pensé comme un Twitter débarrassé de ses principaux défauts. Explications.

Pouet, boost et instances

À quelques différences près, Mastodon ressemble à s'y méprendre à Twitter. Il est disponible sur ordinateur, iOS et Android. On crée son compte, on choisit une photo de profil et on suit des gens. On s'y échange des messages qui ne sont plus des tweets mais des pouets (ou toots en version originale) et ceux-ci ne font pas 140 mais 500 caractères. On ne retweete plus mais on "booste". Cependant, on continue de "fav" et de poster des images et des vidéos.

Visuellement, le réseau social ressemble beaucoup à Tweetdeck, le logiciel tiers de Twitter qui permet d'organiser efficacement sa veille sous forme de colonnes.

Mais la principale différence c’est que Mastodon n'est pas qu'un service, il est également un logiciel. Chaque utilisateur peut créer sa propre version du réseau, son "instance". Une manière de décentraliser le service puisque l'ensemble des données n'est pas stocké sur un serveur central mais sur une multitude de petits serveurs.

Mastodon : l'anti-Twitter

Dans un post Medium, Eugen Rochko insiste : "Une autre différence fondamentale avec Twitter, c'est que Mastodon est libre et open-source". Il promet un logiciel qui n'est pas "construit pour vendre votre temps de cerveau disponible ou vos données aux annonceurs" et répondant à la philosophie du logiciel libre, dont le code est à la disposition de tous et dont chacun peut se saisir pour innover et l'améliorer.

"L’avenir des réseaux sociaux doit être une fédération." Prenant pour inspiration les États-Unis d'Amérique, Eugen Rochko fustige la vision de Mark Zuckerberg sur le réseau social du futur : "Facebook contrôle à la fois le logiciel, les serveurs et les politiques de modération. (…) [Or] le pouvoir ultime est de donner aux gens la possibilité de créer leurs propres espaces, leurs propres communautés, de modifier le logiciel comme bon leur semble, mais sans sacrifier la capacité des personnes de différentes communautés à interagir les unes avec les autres", explique Eugen Rochko sur Medium cité par Numerama .

Concrètement, Mastodon est un système qui se rapproche de celui des emails, explique Rochko. Rien ne nous empêche de communiquer avec un autre. C'est la fédération voulue par son créateur, des systèmes indépendants qui interagissent les uns avec les autres car relié par une institution centrale : mastodon.social.

Un espace sécurisé

Surtout, Mastodon attaque à bras le corps l'un des principaux problèmes de Twitter : les trolls et le harcèlement qui sont devenus monnaie courante sur la plateforme. "Le harcèlement et les outils pour y faire face ont toujours manqué sur Twitter", résume Eugen Rochko.

Sa charte est très explicite : n'ont rien à faire sur la plateforme le harcèlement, le racisme, l'antisémitisme, le sexisme, le nationalisme, la pédophilie, le nazisme et le négationnisme. En revanche, concernant les images pornographiques, les publicités et la violence, Mastodon est plus mesuré : celles-ci sont tolérées à condition que ces contenus soient protégés par un avertissement, personnalisable par chaque utilisateur.

Et comme le relève Le Monde, l'ambiance reste largement bon enfant. C'est d'ailleurs l’une des clés du succès actuel de Mastodon, qui rappelle les jours heureux des débuts de Twitter, sans publicités massives ni armées de trolls et de harceleurs. Comme le note avec humour, sur Twitter, Tristan Mendès-France, spécialiste des réseaux sociaux, tout reste à inventer sur la plateforme.

La fin de l'innocence ?

"Pour vivre heureux, vivons cachés." Le vieil adage français s'adapte parfaitement à la plateforme sur laquelle les inscriptions affluent. On dénombrait près de 41 000 inscrits avant qu'Eugen Rochko soit contraint de bloquer les inscriptions à mastodon.social, le temps d’améliorer la qualité du service pour en accueillir davantage.

Mais avec ce grand débarquement, l'ambiance change aussi. Comme le relate Mashable, on s'inquiète déjà de l'arrivée massive de "tech bros", ces travailleurs de la tech souvent vilipendés pour leur attitude mêlant arrogance et machisme.

>> À lire : La fosse aux "bro", des anciens de la tech racontent "l'enfer" de la Silicon Valley

On note également l'apparition des comptes d'Emmanuel Macron, François Fillon ou d'Henry de Lesquen, connu pour ses sorties racistes. Et quand la politique arrive, les trolls ne sont jamais loin.

D’autant que le logiciel ne dispose pas, à l'heure actuelle, d'un système de certification comme celui de Twitter pour authentifier les utilisateurs. Ainsi les journalistes du Monde se sont pris en photo pour démontrer qu'ils travaillent véritablement pour le quotidien du soir. Quant au média spécialisé Numerama, il a annoncé la création de sa propre instance Mastodon sur Facebook.

Nouveau Snapchat ou nouveau Peach ?

Outre le changement d'ambiance, qui risque à terme d'être préjudiciable à Mastodon, la plateforme pourrait également pâtir de son organisation. Décentraliser, fédéraliser, mettre en open-source, cela attire évidemment les fans de tech et les spécialistes du numérique, mais complique son utilisation pour le grand public.

Ello, Diaspora, so.cl, Peach, de nombreux réseaux sociaux créés ces dernières années ont été trop vite présentés comme capable d'enterrer les Facebook, Twitter et consorts. Mais n'est pas Snapchat qui veut.

Première publication : 06/04/2017

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