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Hongrie: des milliers de manifestants soutiennent l'université CEU de Soros

© Attila Kisbenedek, AFP | Un manifestant tient un panneau indiquant "ne fermez pas la CEU, Orban en prison" lors d'une manifestation à Budapest, le 9 avril 2017.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 09/04/2017

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont défilé jusqu'au Parlement en Hongrie pour protester contre un projet de loi ciblant l'Université d'Europe centrale, créée par le milliardaire américain George Soros.

Deuxième dimanche de manifestations à Budapest. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans la capitale hongroise, le 9 avril, en soutien à l'Université d'Europe centrale (CEU), contre laquelle le gouvernement de Viktor Orban a lancé une offensive. La Hongrie a en effet adopté une loi controversée susceptible de conduire à la fermeture de cet établissement anglophone créé et financé par le milliardaire américain d'origine hongroise George Soros, devenu la bête noire du Premier ministre souverainiste Viktor Orban.

>> À lire : Viktor Orban veut la peau de la faculté Soros, le monde universitaire se mobilise

Le but de la manifestation était de demander au président Janos Ader de ne pas signer la loi. Ce dernier à jusqu'à lundi minuit pour la signer ou la soumettre au Conseil constitutionnel s'il l'estime nécessaire.

À côté des étudiants et du personnel de l'Université, les manifestants de tout âge habillés en bleu (la couleur de la CEU) ont participé à la marche, qui a rassemblé quelque 60 000 personnes, selon un photographe de l'AFP, et jusqu'à 80 000 selon les organisateurs. "Je n'ai pas d'enfants, mais la vitesse et la manière dont le gouvernement a fait passer cette loi m'a vraiment fait peur ! S'il peuvent faire cela à une université, il peuvent faire ce qu'ils veulent à n'importe qui !" a déclaré à l'AFP Gabor Kis, un cuisinier de 45 ans.

Près de 2 000 étudiants

La nouvelle législation prévoit notamment de priver de licence les instituts d'enseignement étrangers qui ne disposent pas de campus dans leur pays d'origine. Cette disposition vise tout particulièrement la CEU, fondée peu après la chute du communisme pour promouvoir "la bonne gouvernance, le développement durable et la transformation sociale". Victor Orban, admirateur déclaré du président russe, Vladmir Poutine, hostile comme lui à George Soros envers qui il a multiplié les attaques ces dernières annnées, a notamment accusé la CEU de "tricher" avec la loi hongroise.

L'université, qui revendique 1 800 inscrits venant de 100 pays et compte parmi les 50 meilleurs établissements du monde en sciences politiques (selon le classement QS World University Rankings), a formellement rejeté ces accusations.

Les menaces pesant sur l'établissement ont suscité un vaste mouvement de mobilisation. Plus de 900 universitaires du monde entier, dont 18 prix Nobel, ont signé une pétition exigeant le retrait de cette loi. Le département d'État américain, la commission européenne et plusieurs responsables européens, notamment français, ont exprimé leur préoccupation.

Avec AFP

 

Première publication : 09/04/2017

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