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Dernière modification : 11/04/2017

"Russie-États-Unis, les ex-futurs amis"

© Capture d'écran France 24

Au menu de cette revue de presse internationale du mardi 11 avril : les tensions de plus en plus vives entre la Russie, l’Iran et les États-Unis après les bombardements américains sur une base arienne du régime syrien, la colère des chrétiens d’Égypte après le double attentat contre leurs églises, une affaire d’espionnage présumée entre l’Inde et le Pakistan et le prix Pulitzer pour un journal de l’Iowa, petit mais tenace.

 

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Au menu de cette revue de presse internationale, toujours, les tensions entre la Russie et les États-Unis, autour du dossier syrien.
 
Envoyé à Moscou pour tenter de désamorcer la crise, le secrétaire d’État Rex Tillerson rencontrera demain son homologue Serguei Lavrov, d’après Kommersant, qui rapporte que la rencontre prévue initialement avec Vladimir Poutine n’aura finalement pas lieu. Le quotidien russe explique néanmoins qu’en dépit des «insultes dignes de la guerre froide» échangées entre les responsables des deux pays, le fait que la visite de Tillerson n’ait pas été annulée, prouve la volonté, de part et d’autre, de ne pas rompre le dialogue. «Washington ne peut pas ne pas savoir qu’aucun règlement du conflit syrien ne pourra avoir lieu sans la Russie, et Moscou sait qu’aucune décision ne pourra être prise pour l’Ukraine sans discussion avec Washington», écrit le journal, qui prévient qu’aucun accord décisif ne pourra être conclu «dans l’immédiat» entre la Russie et les États-Unis.
 
Face à Moscou, les dirigeants du G7 réunis en Italie «ne pourront pas faire changer d’avis Vladimir Poutine sur son soutien à Assad – quand bien même ils le voudraient», confirme The Independent, qui explique que la Russie compte désormais sur la Syrie pour asseoir son nouveau statut de grande puissance mondiale, tandis que les Occidentaux connaissent le risque qu’il y a à créer un vide du pouvoir au Moyen-Orient. L’Administration américaine serait elle-même divisée sur l’issue à donner au conflit syrien, selon The New York Times, qui affirme que les frappes sur une base aérienne du régime, la semaine dernière, «ont aggravé la confusion sur les intentions» de Donald Trump. D’après le journal, le besoin de clarification serait d’autant plus important, que sa décision serait diamétralement opposée à la position qu’il défendait il y a encore quelques mois.
«Maintenant que M. Trump a ordonné des frappes contre le gouvernement d’Assad, jusqu’où est-il prêt à aller pour mettre un terme à cette guerre civile qui dure depuis six ans ? », questionne le journal, qui demande à ce qu’une éventuelle nouvelle série de frappes soit soumise à un vote du Congrès, pour à la fois offrir une justification légale au recours à la force militaire et clarifier les intentions de Donald Trump en Syrie.
 
On revient également ce matin en Égypte, où le double attentat de dimanche contre deux églises chrétiennes a fait au moins 44 morts. Deux jours après les attaques du Caire et de Tanta, la colère s’est emparée des chrétiens d’Égypte, selon The Wall Street Journal, qui raconte que les proches des victimes accusent le gouvernement d’être incapable de protéger la minorité chrétienne. «Oui, nous sommes très en colère contre le gouvernement, qui fait toujours les mêmes promesses après chaque attaque, sans que cela n’empêche rien», témoigne Hoda Ibrahim, un étudiant de 20 ans, tandis que le journal explique que le groupe islamique a su exploiter le vide laissé par des forces de sécurité débordées, pour appeler publiquement à cibler les chrétiens. The Wall Street Journal prévient également que les défaites essuyées par l’organisation en Syrie et en Irak accroissent le risque d’attaques dans les autres pays de la région, dont l’Égypte. Selon The Egypt Daily News, la décision du président Adbel Fattah al-Sissi de décréter l’état d’urgence pour trois mois provoquerait surtout la peur de ses compatriotes, «inquiets pour le sort réservé à la liberté et aux droits», sous cet état d’exception.
 
Au Pakistan, l’annonce hie de l’exécution d’un «espion» indien présumé provoque la fureur de New Delhi. D’après The Daily Times, l'homme serait Kulbushan Sudhir Jadhav - aussi connu sous le nom d’Hussein Mubarak Patel. Il aurait été arrêté en mars de l’année dernière dans la province du Baloutchistan, une province pakistanaise très instable et très pauvre du sud-ouest du Pakistan, agitée par un mouvement séparatiste. Sa condamnation a été prononcée hier par une cour martiale à huis-clos. Selon The Times of India, New Delhi, qui a toujours démenti que l'homme soit un espion, présente sa possible exécution, «sans considération pour les règles les plus élémentaires de droit et de justice», comme  un «meurtre prémédité». L’Inde assure que son ressortissant, un ancien officier de la marine, et non un membre du Raw, les services de renseignement indiens, a été enlevé non pas au Pakistan mais en Iran, qui possède une frontière avec le Pakistan.
 
Tout autre chose pour terminer, l’attribution du très prestigieux prix Pulitzer… à un petit journal de l’Iowa, aux États-Unis. Ce prix américain qui couronne chaque année différentes catégories de travaux journalistiques, a été attribué, hier, au Consortium international de journalistes, qui a révélé les Panama Papers, mais aussi aux très vénérables Wall Street Journal, Washington Post et New York Times. Et également au Storm Lake Times de l’Iowa, un petit journal familial, tiré à 3 000 exemplaires, deux fois par semaine. Ce quotidien a été récompensé pour la qualité de ses enquêtes sur la pollution générée par plusieurs grosses compagnies agricoles. Peu de moyens, mais beaucoup de ténacité, a salué le jury. Lu dans The Guardian.
 
Retrouvez tous les matins sur France 24 la Revue de presse française (du lundi au vendredi, 6h23-7h10-10h40 heure de Paris) et la Revue de presse internationale (du lundi au vendredi à 9h10 et 13h10). Suivez également tous les week-ends en multidiffusion la Revue des Hebdos.
 

 

Par Hélène FRADE

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