Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

LE JOURNAL DE L'ÉCO

Le gouvernement veut taxer les grandes entreprises

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

James Bond : Daniel Craig rempile pour un dernier épisode

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCO

Donald Trump démantèle ses deux conseils économiques

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

L'Europe face au défi des "revenants"

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Les présidents Trump et Macron font polémique, mais pas pour la même chose...

En savoir plus

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

Présidentielle au Kenya : Raila Odinga va saisir la Cour suprême

En savoir plus

LE DÉBAT

États-Unis : l'ambiguïté de Trump vis-à-vis de l'extrême droite

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Donald Trump : il y a des bonnes personnes des deux côtés"

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCO

Contrats de travail : vers plus de flexibilité ?

En savoir plus

Moyen-Orient

"Aujourd'hui, il n'y a plus d'opposition légale possible en Turquie"

© Adem Altan, AFP | Le président turc Recep Tayyip Erdogan a tancé lundi les observateurs étrangers qui ont mis en doute l'équité du référendum.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 18/04/2017

France 24 revient avec la chercheuse Dorothée Schmid sur les enseignements du référendum en Turquie sur le renforcement des pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan, validé le 16 avril par une courte majorité des électeurs.

Les pleins pouvoirs. La victoire étriquée du "oui" au référendum conférant davantage de pouvoirs au président turc va permettre à Recep Tayyip Erdogan d’instaurer un pouvoir présidentiel taillé sur mesure en Turquie. Toutefois, le score très serré – le "oui" l’a emporté avec 51,4 % des voix – et très contesté, traduit les profondes divisions de la société turque et douche les rêves de plébiscite du chef de l’État, qui se perçoit comme le père de la nation.

>> À lire : Des milliers de partisans du "non" manifestent à Istanbul

Pour comprendre les conséquences de ce scrutin, France 24 a interrogé Dorothée Schmid, auteure de "La Turquie en 100 questions" (éd. Tallandier), qui dirige le programme "Turquie contemporaine" de l’Institut français des relations internationales (Ifri).

France 24 : Recep Tayyip Erdogan rêvait d'un plébiscite lors de ce référendum sur les pouvoirs présidentiels. Les résultats étriqués montrent au contraire un pays fracturé autour de sa personnalité. Sa légitimité en tant que président en ressort-elle écornée ?

Dorothée Schmid : Il s’agit tout de même d’une victoire et d’une bonne nouvelle pour le président Erdogan, qui a réussi son pari alors que les sondages disaient ces dernières semaines que le "oui" et le "non" étaient au coude-à-coude. Le résultat du référendum confirme que le pays est profondément divisé, puisque près de 49 % des électeurs turcs ont pris la peine de montrer leur désaccord avec ce que le chef de l’État voulait finalement leur faire avaler comme une transformation accélérée du régime. Je ne crois pas qu’Erdogan reçoive le message très clairement. Pour lui, il faut juste gagner l’élection et à partir de ce moment-là, la légitimité est acquise. C’est de cette manière qu’il gouverne depuis le début, en ayant recours à des votations très régulières afin de retremper sa légitimité. Et le 16 avril, tout ce qu’il a retenu, c’est qu’il a gagné l’élection.

L'état d'urgence a été prolongé de trois mois en Turquie au lendemain de la victoire du "oui". Comment interprétez-vous cette mesure ?

C’est très impressionnant, je ne m’attendais pas à la reconduction de l’état d’urgence. Cela peut signifier que le président n’a pas complétement confiance dans l’état d’esprit du pays et qu’il craint que la situation ne se tende particulièrement à cause des résultats, parce que finalement, aujourd’hui, il n’y a plus d’opposition légale possible en Turquie. Donc il faut craindre que toute l’opposition ne se radicalise et qu’elle ne devienne pratiquement qu’une opposition de rue.

Comment voyez-vous l'avenir des relations de la Turquie d'Erdogan avec l'Union européenne (UE) ? Et quid des alliances de ce pays sur la scène internationale ?

Parmi toutes les dernières annonces programmatiques d'Erdogan, nous avons vu un référendum qui rétablirait la peine de mort en Turquie et d’un autre qui consiste à demander à la population s’il faut poursuivre le processus d’adhésion à l’UE. Il s’agit donc de deux signaux extrêmement négatifs envoyés aux Européens. Sur ses choix d’alliances qui semblent assez erratiques, on a vu qu’il avait approuvé les récentes frappes américaines en Syrie, ce qui revient à tendre à nouveau les relations avec la Russie, dont on pensait que la Turquie s’était beaucoup rapprochée. Au final, on a le sentiment, depuis qu’Erdogan a limogé son ancien Premier ministre Ahmet Davutoglu, qui était l’artisan de sa grande politique étrangère, qu’il n’y plus vraiment de cap diplomatique en Turquie. 

Première publication : 18/04/2017

  • TURQUIE

    Référendum en Turquie : des milliers de partisans du "non" manifestent à Istanbul

    En savoir plus

  • TURQUIE

    Référendum en Turquie : le "non" à Erdogan l'emporte dans les grandes villes

    En savoir plus

  • TURQUIE

    Référendum en Turquie : un succès étriqué et contesté pour le président Erdogan

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)