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Venezuela : affrontements meurtriers en marge des manifestations et nouvel appel à manifester

© Carlos Becerra, AFP | Des heurts ont éclaté mercredi 19 avril à Caracas lors de la "mère de toutes les manifestations".

Vidéo par Armelle CHARRIER

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 20/04/2017

Alors que trois personnes ont été tuées mercredi lors de heurts entre la police et les manifestants anti-Maduro qui réclament des élections, l'opposition vénézuélienne appelle à de nouvelles manifestations jeudi dans le pays.

L'opposition vénézuélienne appelle à de nouvelles manifestations contre le président Nicolás Maduro jeudi 20 avril au lendemain de "la mère de toutes les manifestations", qui a fait descendre des centaines de milliers d'opposants au président vénézuélien dans les rues et en marge de laquelle trois personnes onté été tuées. "Demain à la même heure, nous appelons le peuple vénézuélien tout entier à se mobiliser", a déclaré mercredi en fin de journée le dirigeant de l'opposition, Henrique Capriles.

En trois semaines, huit manifestants ont été tués, et plus de 500 personnes arrêtées selon l'ONG Foro Penal, dans ce pays qui vit une grave crise politique et économique et où l'opposition, majoritaire au Parlement depuis fin 2015, veut obtenir le départ anticipé du président socialiste. En marge des manifestations de mercredi, un adolescent a été tué d'une balle dans la tête à Caracas. Une jeune femme de 23 ans a elle aussi "reçu un tir dans la tête" à San Cristobal, dans l'ouest du Venezuela, a indiqué une source du parquet sous couvert d'anonymat. L'ONG Provea a précisé que sa mort était survenue "dans le cadre des manifestations". D'après des témoins, les auteurs des tirs font partie dans les deux cas des "colectivos", ces groupes de civils armés par le gouvernement selon l'opposition.

Dans la soirée, l'un des principaux responsables du pouvoir, Diosdado Cabello [qui a été le vice-président de Hugo Chavez, et fut président de l'Assemblée nationale de 2012 à 2016], a affirmé à la télévision qu'un militaire, membre de la Garde nationale, avait été tué par des manifestants dans la périphérie de Caracas. "Ils viennent d'assassiner un garde national à San Antonio de los Altos, les 'pacifiques'", a déclaré non sans ironie à la télévision Diosdado Cabello. Le parquet a confirmé à l'AFP la mort d'un militaire.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des troubles sporadiques se poursuivaient dans certains quartiers de Caracas et d'autres villes. Pendant la journée, dans un climat extrêmement tendu, les accès de la capitale ont été bloqués par un important déploiement policier et militaire, qui repoussait avec des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc les manifestants, lesquels répliquaient avec des pierres et des cocktails Molotov.

>> À lire sur France 24 : "Manifestations anti-Maduro au Venezuela : 'il y a une dégradation accélérée des mécanismes démocratiques' "

Nicolás Maduro a activé depuis mardi un plan de défense renforçant la présence policière et militaire. Mercredi, il a annoncé l'arrestation de 30 personnes, accusées de vouloir provoquer des violences lors des manifestations, ajoutant être, grâce à son plan de défense, "en train de démanteler le coup d'État terroriste" fomenté selon lui par les États-Unis.

Washington a rejeté ces accusations "infondées et déraisonnables" par la voix de son représentant intérimaire à l'Organisation des États américains (OEA), Kevin Sullivan. "Nous sommes préoccupés par le fait que le gouvernement de Maduro viole sa propre Constitution et n'autorise pas l'opposition à faire entendre sa voix", a déclaré le secrétaire d'État américain Rex Tillerson. La pression internationale sur le pouvoir de Nicolás Maduro s'est accrue ces derniers jours. Onze pays latino-américains ont demandé lundi à Caracas de "garantir" le droit de protester pacifiquement. Caracas a rejeté ces appels.

La vague de manifestations a débuté le 1er avril quand la Cour suprême s'est arrogé les prérogatives du Parlement, déclenchant un tollé diplomatique qui l'a poussée à revenir en arrière 48 heures plus tard.

Avec AFP

Première publication : 19/04/2017

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