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Afrique

"Mission accomplie" pour l'Ouganda en Centrafrique, mais Joseph Kony court toujours

© Stringer, AFP | Des soldats ougandais de l'Union africaine lors d'une mission de traque de la LRA près d'Obo, en Centrafrique, le 11 mai 2014.

Texte par Rémi CARLIER

Dernière modification : 20/04/2017

L’armée ougandaise a débuté mercredi le retrait de ses troupes opérant en Centrafrique contre l’Armée de résistance du Seigneur, estimant que la rébellion a été "neutralisée". Mais son tristement célèbre chef Joseph Kony reste introuvable.

Un "succès". C’est sur ce constat que l’armée ougandaise a entamé, mercredi 19 avril, le retrait progressif de ses troupes stationnées dans l’Est de la Centrafrique. Sous mandat de l’Union africaine, ces quelque 2 000 soldats tentent depuis plus de huit ans ans de neutraliser la guérilla sanguinaire de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) et de capturer son chef, Joseph Kony. "Kony n'est plus en mesure de recruter des enfants ou de les enlever, il n'est pas en mesure de se réarmer comme avant, et n'est même plus capable de mener des offensives contre l’armée ougandaise ou encore de conduire une attaque sur le territoire ougandais", affirme à RFI le brigadier Richard Karemire, porte-parole de l’armée ougandaise.

Que reste-t-il de "Kony 2012" ?

Mélangeant mystique religieuse, techniques éprouvées de guérilla et brutalité sanguinaire, Joseph Kony souhaite depuis 1986 libérer l'Ouganda de l’actuel président Yoweri Museveni pour y instaurer un régime fondé sur les Dix commandements. Il est recherché par la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité. Selon l'ONU, la LRA a tué plus de 100 000 personnes et enlevé plus de 60 000 enfants, d'abord dans le nord de l'Ouganda, puis au gré de son exil dans les pays voisins, au Soudan du Sud, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, puis en Centrafrique, soit les régions parmi les plus reculées, marginalisées et instables du continent.

>> À voir : dix ans après le départ de la LRA, les Ougandais toujours traumatisés

En novembre 2011, le Conseil de sécurité et de paix de l’Union africaine officialisait la création de la force militaire régionale pour lutter contre la LRA, appuyée notamment par l’Union européenne et l’ONU et composée en majorité de soldats ougandais. Un mois avant, les États-Unis avaient annoncé l’envoi d’une centaine de conseillers militaires dans la région, notamment après l’émoi international suscité par le film polémique du groupe Invisible Children, "Kony 2012", visant à faire connaître mondialement le chef de guerre.

"Les opérations militaires ougandaises, avec l'aide des conseillers militaires américains, ont joué un rôle important dans la déchéance de la LRA, particulièrement en encourageant la défection de ses membres", assure à l'AFP Ledio Cakaj, auteur d'un livre sur le cercle rapproché de Joseph Kony. Les combattants de la LRA ne seraient aujourd’hui plus qu’une centaine, accompagnés de leur famille et d’enfants kidnappés lors de raids. Quatre de ses cinq principaux leaders, dont Dominic Ongwen, ont été neutralisés, capturés ou ont fait défection. Considérant que la LRA a été réduite à "l’insignifiance", l’armée américaine a elle aussi annoncé qu’elle allait retirer ses militaires déployés en Centrafrique.

>> À voir : en Ouganda, les victimes de Dominic Ongwen espèrent justice

Un retrait "prématuré"

Mais pour Sasha Lezhnev, directeur associé à la politique du projet américain Enough, qui surveille les activités de la LRA, le risque est toujours présent, et un retrait des troupes est largement "prématuré". "La LRA a montré à de nombreuses reprises que lorsqu’elle n’est pas sous pression, elle a une forte capacité de résilience. Elle peut se réorganiser, se regrouper, kidnapper des enfants et lancer des raids. Tant que Kony sera dans la nature, elle représentera un risque", explique-t-il à France 24.

Selon lui, le groupe armé, bien que très affaibli, dispose encore d’une grande quantité d’armes, et se finance toujours à travers le trafic d’or, de diamants et d’ivoire récupérés illégalement en RD Congo ou en Centrafrique et vendus au Soudan, soutien officiel de la LRA jusqu’en 2001. "Il a été prouvé que des officiers soudanais prennent toujours part à ces trafics", ajoute l’analyste.

>> À lire : Importation des "minerais de sang" : une réglementation trop coûteuse pour Trump

Dans une interview à RFI début octobre, l’ambassadeur américain en Centrafrique Jeffrey Hawkins se disait confiant que les bataillons centrafricains — formés en ce moment par la Mission de formation européenne et en partie équipés par les États-Unis — seraient à même de "défendre les frontières du pays". "On va avoir une [armée centrafricaine] qui commence de plus en plus à assurer la sécurité du pays, ce qui est dans l’ordre des choses", précisait-il, sur la même ligne que l’armée ougandaise qui soutient que les gouvernements centrafricains et congolais ont des armées "capables de se battre contre ce qui reste de la LRA".

Pour Sasha Lezhnev, c’est peu probable, l’armée centrafricaine ayant été désarmée depuis le début de la guerre civile en 2013. "Seuls l’Ouganda et peut être aussi l’Éthiopie sont en mesure de lutter contre la LRA, surtout que les conseillers américains ont amélioré les capacités de l’armée ougandaise ces cinq dernières années", lance-t-il. La solution, selon lui ? Que l’Ouganda rejoigne la Mission de maintien de la paix de l’ONU en Centrafrique (Minusca), et que cette dernière étende son mandat à la lutte contre la LRA.

Première publication : 20/04/2017

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