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FRANCE

Le Front national se fracture autour de l'euro

© Frederick Florin, AFP | Florian Philippot estime que le FN doit continuer à prôner la sortie de l'euro.

Texte par Romain HOUEIX

Dernière modification : 12/05/2017

Après l'échec de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, le Front national se divise sur la question de la sortie de l'euro. Florian Philippot ne veut pas renoncer à ce point du programme, quand plusieurs cadres prêchent son abandon.

L'ultimatum de Florian Philippot est clair. Si le Front national (FN) abandonnait la question de la sortie de l'euro, le vice-président quitterait le parti, a-t-il annoncé sur RMC. Son avis est cependant loin d'être majoritaire au sein du parti d'extrême droite, plusieurs cadres estimant qu'il est temps d'abandonner cette stratégie.

Bernard Monot, le "stratégiste économique" du FN a estimé, vendredi 12 mai sur RFI, que les Français avaient rejeté "en bloc" la sortie de l'euro proposée par le FN, lors de l'élection présidentielle. L'abandon ou le maintien de cette mesure phare du programme de Marine Le Pen feront "partie de l'objet de discussions au sein du mouvement", notamment lors du prochain congrès du parti, a-t-il ajouté. "La question est posée, il faut y réfléchir sereinement", a ajouté Bernard Monot.

Le maire de Béziers Robert Ménard, proche du Front national, avait estimé, mercredi, que Marine Le Pen, battue au second tour de la présidentielle, faisait une "erreur colossale", en mettant la question de la sortie de l'euro au centre de son projet. "Il ne faut pas sortir de l'euro, cela fait deux ans que je l'explique aux dirigeants du FN", a-t-il plaidé.

D'autres cadres, tel que le député du Gard Gilbert Collard et le député européen Jean-Luc Schaffhauser, délégué général du Rassemblement Bleu Marine, soutiennent également une révision de la position du FN sur ce sujet jugé anxiogène.

"Il n'y a pas de remise en cause de notre position"

Florian Philippot n'est cependant pas totalement isolé au sein du FN. Certains cadres le soutiennent. "Il n’y a pas de remise en cause de notre position là-dessus", a par exemple soutenu à Reuters le directeur du Front national de la jeunesse, Gaëtan Dussausaye. "Sans souveraineté monétaire, il n’y a pas de vraie politique de compétitivité ou de protection de notre modèle social."

Jean Messiha, qui a supervisé la rédaction du programme présidentiel, estime pour sa part qu'un revirement du FN le disqualifierait "définitivement".

À un mois des élections législatives, le débat risque d'alimenter les crispations et de mettre Marine Le Pen davantage sous pression, alors que sa nièce Marion Maréchal-Le Pen, qui ne faisait pas de la sortie de l'euro une priorité, a décidé de se retirer de la vie politique.

Avec AFP
 

Première publication : 12/05/2017

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