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Moyen-Orient

Syrie : la frappe américaine contre les forces pro-régime complique les pourparlers

© Fabrice Coffrini, AFP | Dans ce bâtiment de l'ONU à Genève se déroulent les pourparlers de paix sur la Syrie.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 20/05/2017

Une nouvelle session de négociations de paix pour la Syrie s'est achevée vendredi sans avancée. Les discussions étaient tendues au lendemain d'une frappe de la coalition internationale visant des forces alliées du régime de Damas.

Une fois de plus, les pourparlers de paix sur la Syrie menés par l'ONU à Genève s'achèvent sans avancée, vendredi 19 mai. "Agression de la coalition", bombardement "inacceptable", les relations étaient de surcroît tendues au lendemain d'un bombardement opéré par la coalition internationale menée par les États-Unis, qui visait des forces soutenant le régime près de la frontière jordanienne.

L'émissaire de l'ONU sur la Syrie, Staffan de Mistura, a indiqué vouloir reprendre les pourparlers courant juin mais à une date qui n'a pas encore été fixée. Il s'est entretenu dans la matinée avec la délégation de Damas, dirigée par l'ambassadeur aux Nations unies Bachar al-Jaafari, et devait rencontrer également celle du Haut comité des négociations (HCN), qui réunit l'opposition.

>> À lire : "Syrie : gouvernement et opposition examinent un projet de constitution proposé par l'ONU"

Mais plus que les pourparlers même, la frappe de la coalition a retenu l'attention. Six semaines après les premières frappes ordonnées par le gouvernement Trump en Syrie, Damas a condamné une "agression de la coalition", tandis que le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov, a dénoncé un bombardement "inacceptable". S'adressant aux médias à Genève, Bachar al-Jaafari a parlé d'"un massacre", bien que la Syrie n'ait pas donné de bilan.

Un bombardement "illégal" selon Moscou

"La soi-disant coalition a attaqué hier à 16 h 30 (13 h 30 GMT) une position de l'armée arabe syrienne sur la route d'Al-Tanaf (dans le sud-est), tuant plusieurs martyrs et causant des dégâts matériels", a indiqué une source militaire citée par l'agence officielle Sana, sans préciser la nationalité des victimes.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), huit personnes "pour la plupart non-syriennes" ont été tuées dans cette frappe.

Le bombardement était une réaction à "un mouvement offensif, avec des capacités offensives, de ce que nous pensons être des forces dirigées par l'Iran", a indiqué le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis lors d'une conférence de presse au Pentagone. Le colonel Ryan Dillon, porte-parole de la coalition antijihadiste, qui lutte depuis 2014, avait auparavant dit que ce bombardement avait visé un convoi de "forces" soutenant le régime de Damas et avait détruit un tank, un bulldozer, un tracteur et un excavateur.

"Quelle que soit la raison ayant motivé la décision du commandement des États-Unis d'effectuer un tel bombardement, il est illégitime, illégal et il s'agit d'une nouvelle grave violation de la souveraineté de la Syrie", a déclaré Sergueï Lavrov. Le ministre des Affaires étrangères russe a précisé que l'armée russe n'avait pas été prévenue de ces frappes.

Des négociations au point mort à Genève

Les efforts en vue de mettre fin à cette guerre qui a causé la mort de plus de 320 000 personnes sont désormais déployés sur deux circuits parallèles : le processus politique officiel qui se déroule au siège de l'ONU à Genève, et d'autres pourparlers axés sur la sécurité qui ont lieu depuis janvier à Astana, la capitale du Kazakhstan, à l'initiative de la Turquie, soutien des rebelles, et de la Russie et l'Iran, alliés du régime syrien.

Le 4 mai, ces trois pays ont signé un important accord qui prévoit de créer des "zones de désescalade" en Syrie afin de limiter l'effusion de sang.

À Genève, cinq séries de pourparlers indirects - les deux délégations refusant de se parler face à face - ont déjà été organisées depuis 2016 par Staffan De Mistura, sans résultat, les discussions ayant achoppé à chaque fois sur le sort réservé au président syrien, dont l'opposition exige le départ.

En février, les parties en présence ont réussi à adopter un ordre du jour comprenant quatre sujets de discussion : la lutte contre le terrorisme, la gouvernance (terme flou pour évoquer une transition politique), une nouvelle Constitution et l'organisation d'élections. Aucun de ces sujets n'a été discuté cette semaine, a assuré Bachar al-Jaafari.

Seule avancée tangible obtenue cette semaine : des entretiens de fonctionnaires de l'ONU avec des experts du gouvernement, d'une part, et de l'opposition, d'autre part, pour aborder "des questions juridiques et constitutionnelles".

Avec AFP

Première publication : 19/05/2017

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