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Afrique

Côte d'Ivoire : quatre morts lors d'affrontements entre démobilisés et policiers

© AFP | Des policiers ivoiriens font face à un barrage installé par des soldats démobilisés à Bouaké, le 22 mai 2017.

Vidéo par Arnaud FROGER

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 24/05/2017

Quatre personnes ont été tuées, mardi, lors d'affrontements entre la police ivoirienne et d'anciens rebelles démobilisés, à Bouaké, dans le centre du pays. Ils réclament des primes à l'instar des mutins qui ont ébranlé le pays la semaine dernière.

Quatre ex-rebelles démobilisés ont été tués et une quinzaine blessés, mardi 23 mai, à Bouaké, dans le centre de la Côte d'Ivoire, lors de heurts avec la police. 

La police a lancé un assaut vers 7 h pour disperser des manifestants réclamant des primes similaires à celles des mutins, qui ont ébranlé le pays la semaine dernière. Depuis la veille, les ex-rebelles démobilisés bloquaient l'entrée sud de Bouaké.

Arnaud Froger, correspondant de France 24 à Abidjan, confirme que les forces de l'ordre ont mené, mardi matin, une opération de libération de l'accès sud de Bouaké, et précise que les démobilisés assurent qu’ils n’étaient pas armés.

Le gouvernement accuse les "démobilisés"

"Je n'aurais jamais imaginé qu'on puisse tirer sur des personnes aux mains nues qui manifestaient", a déclaré à l'AFP Amadou Ouattara, porte-parole adjoint des "démobilisés".

Le gouvernement accuse les "démobilisés" d'être à l'origine des morts. "Les forces de sécurité ont déployé les moyens conventionnels, (...) certains des manifestants armés ont dégoupillé une grenade offensive qui a explosé en leur sein", affirme le texte du communiqué signé du ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko.

"Du côté des forces de l'ordre, trois éléments de la Gendarmerie et deux éléments de police ont été blessés par des projectiles", précise le texte. "Le Gouvernement invite nos concitoyens à poser leurs préoccupations aux autorités dans le calme et dans le respect des lois", conclut le communiqué.

Anciens rebelles

Ces "démobilisés", dont le nombre est estimé à environ 6 000 à travers le pays, sont d'anciens rebelles qui n'ont pas été intégrés à l'armée, contrairement aux mutins.

Lors de la mutinerie mi-mai, un "démobilisé" avait été tué à Bouaké par des soldats révoltés, qui estimaient que les revendications des démobilisés mettaient en péril le paiement de leurs primes. Le défunt devait être enterré lundi et les "démobilisés" avaient appelé à une journée d'action pour ses funérailles.Ils ont bloqué l'entrée sud à Bouaké et l'entrée nord de la ville de Korhogo (nord) dans la journée, alors qu'une cinquantaine d'entre eux ont vainement tenté de bloquer l'entrée nord d'Abidjan.

Les "démobilisés" réclament "18 millions de Francs CFA de primes" (27 000 euros), alors que les mutins ont obtenu 12 millions (18 000 euros), après avoir mené deux mouvements en janvier et mai.

Avec AFP

Première publication : 23/05/2017

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