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Afrique

RDC : enquête après la découverte d'un enregistrement mettant en cause un ancien ministre dans la rébellion du Kasaï

© Junior D. Kannah, AFP | Les procès de l'assassinat des deux experts de l'ONU et du masacre de miliciens doivent avoir lieu à Kananga, capitale du Kasaï-central.

Texte par Rémi CARLIER

Dernière modification : 23/05/2017

Un enregistrement retrouvé dans l’ordinateur d’une enquêtrice de l’ONU assassinée en RDC suggère que l'ex-ministre Clément Kanku pourrait être impliqué dans les exactions au Kasaï. La justice congolaise a annoncé mardi l’ouverture d’une enquête.

"Nous avons brulé Tshimbulu", dit l’un. "Ce sont des bonnes nouvelles", répond l’autre. La conversation est en langue Tshiluba, majoritairement parlée dans le Kasaï-Central, une région située au sud de la République démocratique du Congo et agitée par une sanglante insurrection armée depuis un an. Tshimbulu, dont il est question dans cet enregistrement de bonne qualité, en est l’épicentre. La ville a été la cible  d’affrontements en août 2016 entre la police et les rebelles du mouvement Kamuina Nsapu.

L’un des deux locuteurs est un milicien présumé de cette rébellion, son interlocuteur, auprès duquel il revendique également le meurtre d’un colonel et de ses gardes du corps et l’attaque contre la prison locale, serait Clément Kanku, député du Kasaï-Central et ancien ministre du Développement congolais.

>> À lire : Kamuina Nsapu, le nouveau groupe armé qui déstabilise la RD Congo

Relatée dimanche par le New York Times et largement relayée depuis sur les réseaux sociaux, la conversation a été récupérée, parmi une centaine de fichiers, dans un dossier au nom de "M. Kanku" dans l’ordinateur de Zaida Catalan, l’experte onusienne enlevée le 12 mars avec son collègue Michael Sharp dans le Kasaï-Central où elle enquêtait sur les violences en cours. Ils avaient été retrouvés assassinés deux semaines plus tard.

Les révélations ont été jugées suffisamment sérieuses pour que le procureur général de la République Flory Kabange Numbi annonce le 23 mai avoir fait une demande d’"autorisation préalable" au Président de l’Assemblée Nationale afin d’ouvrir une enquête, seul moyen officiel de de lancer des investigations sur un député.

Suspicions d’une enquêtrice de l’ONU

Selon RFI, l’enregistrement, effectué par les services de renseignement congolais, a été effectué le 8 août 2016, date à laquelle le député du Kasaï était en déplacement dans la région au sein d’une délégation menée par le ministre de l’Intérieur, Évariste Boshab. La délégation entendait rencontrer le chef coutumier de Kamuina Nsapu, Jean-Pierre Pandi, principal instigateur du mouvement de protestation contre l’État congolais dans la région de Tshimbulu. Mais les négociations avaient échoué, conduisant à la mort de 19 personnes, dont le leader de la milice, lors d’une opération policière. Toujours selon RFI, Évariste Boshab avait alors déjà mis en cause le député Clément Kanku "sur la base de cet enregistrement".

Président du Mouvement du renouveau (MR, opposition) et originaire du Kasaï, Clément Kanku a été ministre de la Coopération au développement dans le gouvernement de Samy Badibanga, de novembre 2016 à avril 2017. Après la nomination comme Premier ministre de l’opposant Bruno Tshibala, découlant de l’accord de la Saint-Sylvestre, Clément Kanku, qui avait rejoint une frange contestataire de l’opposition (le Rassemblement), a été évincé.

"Grosses affaires"

Il apparaît, selon le New York Times, que Zaida Catalan était entrée en possession de l’enregistrement dès janvier, et qu’elle aurait alors écrit à son collègue, Michael Sharp, qu’elle travaillait sur de "grosses affaires" en lien avec le dossier retrouvé dans son ordinateur. Clément Kanku, qui a confirmé au quotidien américain avoir discuté avec les deux experts de l’ONU, n’a pas souhaité révéler la teneur de ces échanges. Il devait tenir une conférence de presse à Kinshasa mardi, afin de s’expliquer sur cette incrimination de liens avec Kamuina Nsapu, largement reprise en une de la presse congolaise. Las, la déclaration a été annulée, alors que des témoins rapportent une force présence policière sur les lieux où elle devait avoir lieu. Le député a néanmoins réagi peu après à travers un communiqué, où il se dit "consterné par ces allégations d'implication dans des actions criminelles [qu'il] réfute totalement"

"Nous savons que la justice nationale n’a pas de capacité à enquêter sur ces conversations", déclare à France 24 Georges Kapiamba, président de l’Association congolaise de l’accès à la justice (ACAJ), qui attend une déclaration officielle de Clément Kanku avant de "tirer des conclusions". Il réclame pourtant "une enquête internationale, exhaustive et indépendante sur les évènements qui se sont produits dans le Kasaï depuis un an, et qui permettra d’élucider les discussions téléphoniques de M. Kanku".

>> À lire : bilan mitigé pour l’ONU, qui réduit le nombre de ses casques bleus en RD Congo

Deux procès prévus à Kananga

Samedi, la justice militaire congolaise a annoncé l’ouverture prochaine à Kananga (Kasaï-Central) du procès de deux des 16 assassins présumés des deux experts de l’ONU, des "insurgés" Kamuina Nsapu, selon le colonel Odon Makutu, avocat général des Forces armées. Ce dernier a parallèlement annoncé que l’instruction sur les massacres de miliciens Kamuina Nsapu par des soldats congolais dans le Kasaï-Oriental, révélés fin février par une vidéo, était aussi terminée et que le procès des sept soldats suspects pourrait bientôt commencer. Pour Georges Kapiamba, l’absence d’enquête exhaustive dans ces deux affaires ne permet pas encore l‘ouverture d'un procès, sauf à "déboucher sur des condamnations complaisantes et assurer l’impunité des véritables responsables".

Les trois provinces du Kasaï, en RD Congo

 

Première publication : 23/05/2017

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