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Culture

Cannes, jour 10 : l'arrivée tardive des femmes sur la Croisette

© DR - Haut et court - Mars Films | Diane Kruger, Vasilina Makovtseva et Marine Vacth

Texte par Guillaume GUGUEN

Dernière modification : 27/05/2017

À l'heure des premiers pronostics, nous nous grattons la tête pour trouver la performance susceptible de rafler le prix d'interprétation féminine. Cette année, les grands rôles de femmes était rares en compétition. Ceux des hommes pléthoriques.

Voilà, Cannes va bientôt se terminer. La bulle dans laquelle vivent les festivaliers depuis 10 jours va commencer à se dégonfler doucement. On va enfin pouvoir reprendre contact avec le monde extérieur. Une grande partie de l’actualité nous a malheureusement échappée pendant la quinzaine. On a vaguement compris, par exemple, qu’Emmanuel Macron et Donald Trump avaient joué au chifoumi lors d’un sommet international organisé dans cette magnifique ville qu’est la Belgique. Hâte d’en connaître les enjeux.

L’autre bonne nouvelle, c’est qu’on va également pouvoir arrêter de donner notre avis dix fois par jour. Et, surtout, ne plus attendre celui des autres ("moi, j’ai donné trois étoiles au film slovaque", on se croirait à l’école de ski). En rentrant, promis, juré, on s’impose une cure de neutralité. On débranche Twitter et on lit un bon Simenon ("comprendre et ne pas juger", telle était la devise de ce bon vieux Georges).

Marion Cotillard et Charlotte Gainsbourg aux côtés d'Arnaud Desplechin et Louis Garrel pour le tapis rouge du film d'ouverture, "Les Fantômes d'Ismaël". © Mehdi Chebil, France 24

Le rideau n’est toutefois pas totalement tombé sur le 70e Festival de Cannes. Le jury présidé par Pedro Almodovar a des prix à distribuer dimanche, et nous ne voyons vraiment pas ce qu’il s’apprête à sortir de son chapeau. Pour l’heure, aucun film ne s’est réellement détaché de la compétition, comme cela a pu être le cas les éditions précédentes. Nous, nous donnerions volontiers notre Palme d’or au Français Romain Campillo pour ses "120 battements par minute", mais d’autres festivaliers verraient bien la Japonaise Naomi Kawase ("Vers la lumière") ou le Sud-Coréen Hong Sang-soo ("Le Jour d’après") décrocher la timbale. L’histoire récente du Festival nous a cependant montré que le jury suivait très rarement les humeurs de la critique. L’an passé, la presse internationale avait consacré d’une même voix "Toni Erdmann", c’est finalement Ken Loach qui a remporté la mise.

>> À voir en images : Robert Pattinson vampirise le tapis rouge

S’il fallait dresser un premier bilan, on dira que les grands rôles féminins ont fait défaut à la compétition 2017. Les choses avaient pourtant bien commencé avec "Les Fantômes d’Ismaël", le film d’ouverture dans lequel Charlotte Gainsbourg et Marion Cotillard interprétaient deux beaux personnages de cinéma (les deux actrices françaises ne seront pas rappelées dimanche sur la Croisette puisque le long-métrage d’Arnaud Desplechin était présenté hors compétition).

De fait, il aura fallu attendre la dernière ligne droite pour qu’émergent quelques performances féminines notables. On pense d’abord à Nicole Kidman, Kirsten Dunst et Elle Faning dans "Les Proies" de Sofia Coppola. Non pas que leurs prestations soient ébouriffantes mais au moins forment-elles un trio cohérent et jubilatoire qui, faute de concurrence, pourrait convaincre Pedro Almodovar et ses co-jurés d’attribuer un triple prix d’interprétation féminine. Sur le papier, la Russe Vasilina Makovtseva faisait, quant à elle, une candidate sérieuse au titre puisqu’elle quasiment de tous les plans d’"Une femme douce". Mais, comme a l’a dit ici, le personnage qu’elle incarne est davantage un prétexte qu’un moteur du récit.

Depuis vendredi matin, c’est surtout le nom de Diane Kruger qui est cité. Dans "In the Fade" de Fatih Akin, la comédienne allemande joue une mère de famille qui a perdu mari et fils dans un attentat à la bombe. À en croire les premiers retours critiques, elle sauverait le film, très froidement accueilli par la presse (on nous a rapporté que les néonazis y étaient montrés comme des gens peu fréquentables, le contraire eut été plus étonnant).

>> À lire : Cannes, jour 9 : le chef d'œuvre invisible du Festival

L’option Marine Vacth est également envisageable. Là encore, la comédienne française pourrait bénéficier du faible nombre de challengeuses sur la ligne de départ. Dans "L’Amant double", le thriller pot-pourri de François Ozon, elle est en tous cas convaincante. Le film, lui, pêche un peu plus. Malgré un démarrage très frontal (on vous laisse découvrir le tout premier plan), le récit verse rapidement dans un salmigondis de références aux maîtres du suspense ultra-ambigu : la matrice Alfred Hitchcock bien sûr, mais surtout Brian de Palma et David Cronenberg, dont "Faux-semblants" sert ici de point de comparaison.

Dans "L’Amant double", il est donc question de frères jumeaux psychanalystes (Jérémie Renier dans le rôle des deux), l’un ange, l’autre démon, à moins que cela ne soit l’inverse, allez savoir. Entre les deux, le cœur de Marine Vacth balance. Pierre, le gentil pantouflard, lui apporte la stabilité ; Louis, le méchant dépravé sexuel, entretient ses penchants autodestructeurs. C’est vieux comme le cinéma. François Ozon le sait qui ne se prend pas au sérieux (il y a des scènes très drôles). Mais cela reste encore beaucoup trop révérencieux pour séduire totalement (la séquence gore arrive bien trop tard). "L’Amant double" échoue là où, il y a pile un an au même endroit, "Elle" de Paul Verhoeven parvenait à pénétrer les plus troubles fondements de l’âme humaine dans un jouissif grand n’importe quoi.

Le formidable Nahuel Pérez Biscayart et son complice à l'écran Arnaud Valois pour le tapis rouge de "120 battements par minute"? © Mehdi Chebil, France 24

L’an passé justement, les rôles féminins tenaient la dragée haute aux rôles masculins. C’est aujourd’hui l’inverse. On ne compte plus les prix d’interprétation masculine possibles. Pour nous, le jeune Nahuel Pérez Biscayart, génial en militant homosexuel d’Act-Up dans "120 battements par minute," fait figure de favori. Il ne serait pas étonnant, néanmoins, que le jury décide de récompenser Robert Pattinson, touchante petite frappe new-yorkaise dans "Good Time". Peuvent également séduire les Grand Sages : les états d’âme du truculent duo américain Adam Sandler-Ben Stiller de "The Meyerowitz Stories", les atermoiements petit-bourgeois du Danois Claes Bang ("The Square"), l’angoissante dualité du jeune Barry Keoghan ("Mise à mort du cerf sacré") ou, enfin, les saillies drolatiques du "redoutable" Louis Garrel en Jean-Luc Godard.

Reste un autre rôle, celui de Joaquin Phoenix dans "You Were Never Really Here". Le film de Lynne Ramsay sera présenté samedi, dernier jour de la compétition. Le comédien américain y joue un ancien soldat épris de vengeance. Ça sent déjà la testostérone.
 

Première publication : 26/05/2017

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