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FRANCE

En campagne rive gauche, NKM contrainte de rassurer l’électorat de droite parisien

© Romain Brunet, France 24 | Nathalie Kosciusko-Morizet, mardi 23 mai 2017, à la sortie du métro Mabillon, dans le VIe arrondissement de Paris.

Texte par Romain BRUNET

Dernière modification : 26/05/2017

Opposée notamment à deux candidats Les Républicains dissidents et un candidat La République en marche, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui se veut Macron-compatible tout en restant 100 % LR, doit rassurer les électeurs sur son positionnement politique.

Drôle de campagne pour Nathalie Kosciusko-Morizet. Candidate officielle LR-UDI aux élections législatives (11 et 18 juin) dans la très droitière deuxième circonscription de Paris qui recouvre le Ve arrondissement, le nord du VIe et le nord du VIIe, l’ancienne ministre de l’Écologie faisait, il y a encore deux semaines, figure d’archi-favorite pour reprendre le siège de l’ex-député François Fillon. Mais à l’image des divisions du parti Les Républicains depuis la nomination d’Édouard Philippe au poste de Premier ministre d’Emmanuel Macron, la droite parisienne se déchire.

Jugeant l’ancienne candidate à la primaire de la droite ambigüe sur son positionnement vis-à-vis d’Emmanuel Macron, le maire du VIe arrondissement, Jean-Pierre Lecoq, et le député sortant des Yvelines et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, ont tous les deux décidé, contre l’avis de leur parti, de se présenter face à NKM, qui doit également composer avec Gilles Le Gendre, candidat investi par La République en marche. De circonscription "en or", la rive gauche s’est transformée en un panier de crabes. Et NKM doit désormais se battre pour obtenir une victoire qui aurait dû lui être offerte sur un plateau.

"Toute élection est difficile et pleine de surprises, juge toutefois Nathalie Kosciusko-Morizet, que France 24 a suivie sur le terrain, mardi 23 mai. Même avant les dissidences et même avant la défaite à la présidentielle de François Fillon, je n’ai jamais considéré que les choses étaient acquises, qu’elles étaient simples. Cela fait des mois que je suis en campagne et que je vais à la rencontre des Parisiens plusieurs fois par semaine."

Son agenda de campagne s’est malgré tout considérablement étoffé depuis la nomination du gouvernement le 17 mai. Le signe qu’elle espérait rejoindre l’équipe d’Édouard Philippe ? Elle jure que non. "Je n’ai rien demandé et on ne m’a rien proposé", nous assure-t-elle, quelques heures après avoir expliqué à des électeurs, lors d’une rencontre organisée au Campanella, une brasserie du VIIe arrondissement, se sentir davantage utile à l’Assemblée nationale qu’à la tête d’un ministère.

Sincère ou pas, Nathalie Kosciusko-Morizet, dont le nom était souvent cité pour un poste ministériel et qui a notamment signé, le jour même de la nomination d’Édouard Philippe à Matignon, l’appel d’élus LR pour "répondre à la main tendue" par le nouveau président de la République, a bien conscience qu’elle doit rassurer son électorat. Les 48 heures qui ont précédé l’annonce du gouvernement et durant lesquelles elle a couru plusieurs médias audiovisuels pour expliquer sa décision de signer cet appel ont semé le trouble dans la deuxième circonscription de Paris, où François Fillon (37,3 %) était arrivé juste devant Emmanuel Macron (36,9 %) lors du premier tour de la présidentielle. De quoi offrir aux candidats dissidents, Jean-Pierre Lecoq et Henri Guaino, un angle d’attaque tout trouvé au moment de se lancer dans la course.

>> À lire : Les têtes d'affiche qui animeront la campagne des législatives

"NKM a beau avoir l’investiture juridiquement, elle l’a perdue moralement, affirme Jean-Pierre Lecoq à France 24. C’est Madame Zigzag : zig le matin avec LR, zag l’après-midi avec En Marche !. Moi je me réfère à la plateforme LR. Elle, elle prend de l’avance et va beaucoup plus loin, elle a déjà franchi le pas. La grande différence entre elle et moi, c’est la fidélité au parti et aux électeurs."

"Aujourd'hui, on ne sait pas si le candidat pour lequel on vote sera dans la majorité ou dans l'opposition, estime pour sa part Henri Guaino. C'est particulièrement vrai en ce qui concerne NKM. On ne peut pas être un pied dans En marche ! et un pied dans Les Républicains."

"On a eu extrêmement peur que vous vous mettiez En Marche !"

Anita en discussion avec NKM lors du "café politique". © Romain Brunet, France 24

Du côté des électeurs, l’accusation interpelle. Anita, 56 ans, fait partie de la quarantaine de personnes venues participer au "café politique" organisé par Nathalie Kosciusko-Morizet, ce mardi en fin d’après-midi, au Campanella. "Depuis une semaine on nous dit partout qu’elle est passée En Marche !, or ce n’est pas ce qu’on souhaite, confie-t-elle à France 24. Je suis donc venue pour l’entendre clarifier cette question qui, pour nous tous ici, est extrêmement importante. Nous voulons une droite qui travaille avec le gouvernement, mais on ne veut pas de chèque en blanc."

Cette question du positionnement politique de l’ancienne candidate à la mairie de Paris est d’ailleurs la première posée ce soir-là. "On a eu extrêmement peur que vous vous mettiez En Marche !", lance une participante. "Pourquoi y a-t-il des candidatures dissidentes de Lecoq et Guaino ?", enchaîne une autre.

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Face à cette demande unanime de clarification, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui souhaite être une députée Macron-compatible mais 100 % LR, a peaufiné ses éléments de langage qu'elle répète à l’envi. Les candidats dissidents ? "Une maladie de la droite parisienne, rien de plus. Souvenez-vous de Séguin et Tibéri en 2001…" Pourquoi travailler avec Emmanuel Macron ? "La France a déjà perdu cinq ans avec François Hollande, nous ne pouvons pas nous permettre de perdre cinq ans de plus, il ne faut pas être dans une opposition systématique face à lui…" Ce qui fait qu’elle restera LR ? "Les futurs députés La République en Marche seront des godillots qui devront tout à Macron, il ne faut pas donner au président une majorité absolue qui sera incapable de s’opposer au pouvoir exécutif…"

Pour accompagner son discours, NKM a produit un tract sur lequel elle livre ses positions par rapport à celles d’Emmanuel Macron. "Je propose qu’on dépasse les postures, qu’on adopte une attitude de bon sens, nous dit-elle. Les électeurs sont très troublés et ils apprécient qu’on entre dans le détail. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu faire un tract en mettant mes positions de façon très précise sur les sujets."

Pour convaincre les électeurs de droite, NKM pointe les mesures fiscales de Macron

L’occasion également d’insister sur des thématiques chères à la droite, comme lors de cette réunion d’appartement organisée dans la soirée du 23 mai. Car deux à quatre fois par semaine, Nathalie Kosciusko-Morizet se prête aussi au jeu des questions-réponses directement chez les gens.

Ce mardi soir, dans le très chic VIIe arrondissement, elle est en terrain conquis. Dans ce grand appartement haussmannien situé à deux pas des Invalides, la candidate est accueillie par la maîtresse des lieux, accompagnée de sa fille d’une dizaine d’années, parfaitement apprêtée pour l’occasion. Une vingtaine de chaises ont été disposées en trois rangées dans le double salon, juste en face de la cheminée, sur laquelle a été placé dans un vase un petit drapeau français.

Les hôtes de cette réunion d’appartement ont invité une quinzaine de proches. Tous ont voté François Fillon au premier tour de la présidentielle et se disent légitimistes : ils soutiennent la candidate officielle de leur parti, Les Républicains. Cela ne les empêche pas d’avoir leurs inquiétudes, notamment vis-à-vis de la vague Macron qu’ils pensent voir arriver.

Assise face à ces quelques électeurs du VIIe arrondissement, NKM reconnaît qu’elle mène une campagne "assez difficile" entre un candidat LREM "qui promet de tout voter" ce que lui demandera le président Macron et deux candidats dissidents "qui ne se positionnent pas sur le fond mais passent leur temps à dire du mal de moi".

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"Je ne veux pas qu’on se dilue dans En Marche !", affirme-t-elle, soulignant qu’il sera important d’avoir à l’Assemblée nationale "du débat" et "des voix fortes qui soient entendues". La candidate met en avant les mesures voulues par le chef de l’État qui vont "dans le bon sens" et qu’il faudra voter comme la réforme du code du travail, mais aussi et surtout celles qui vont "dans le mauvais sens", notamment en ce qui concerne la fiscalité.

Comme le font Les Républicains au niveau national, Nathalie Kosciusko-Morizet s’en prend à la hausse de la CSG et à l’exonération de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages. "Rassurez-vous, cette exonération ne vous concerne pas", souligne-t-elle d’un ton ironique, avant d’ajouter : "En revanche, les 10 milliards que ça va coûter il faudra les trouver. Ce sera fait en augmentant la CSG et là vous êtes dedans."

Ses interlocuteurs acquiescent. L’un d’entre eux prévient toutefois NKM : "Vous êtes légitimiste donc théoriquement vous avez plus de chances de passer dans cette deuxième circonscription. Mais il faut rester légitimiste, il faut rester LR !" Nathalie Kosciusko-Morizet répond qu’elle restera LR mais qu'elle compte malgré tout dépasser "les pétitions de principe" et qu’il faut "trouver un moyen de rendre les cinq années à venir utiles pour le pays".

"Il y a deux tendances chez LR en ce moment et je souhaite que ce soit cette droite constructive que j’illustre qui l’emporte, nous confie la candidate après avoir quitté son auditoire. Et moi je défendrai jusqu’au bout cette tendance car je ne veux pas qu’on se laisse enfermer dans l’opposition systématique et la caricature."

Première publication : 26/05/2017

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