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Economie

La police de Dubaï accueille le premier policier-robot humanoïde

© Pal Robotics | Pal Robotics a pour l'instant vendu un exemplaire de son robot Reem à la police de Dubaï.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 29/05/2017

Un robot Reem a été livré à Dubaï, dont la police devient la première au monde à intégrer dans ses rangs une machine humanoïde.

Il s’appelle Reem et non pas Robocop. Le premier robot humanoïde à intégrer des forces de l’ordre n’a pas vocation à pourchasser et appréhender des criminels, comme le robot-flic surarmé du célèbre film de la fin des années 1980. Présenté par la police de Dubaï lundi 22 mai, Reem présente un profil beaucoup plus aimable et serviable. Il doit commencer, ces jours-ci, à aider les touristes et Dubaïotes dans des centres commerciaux et aux principaux points touristiques de l'émirat.

Reem, développé par la société espagnole Pal Robotics, pèse 100 kg, mesure 1 m 70 et, monté sur des roulettes, peut se mouvoir à une vitesse de 3,5 km/h. Il porte le même képi que ses collègues de chair et d’os et va effectuer certaines de leurs tâches.

Payer ses amendes au robot

Doté d’un écran tactile intégré à son torse, il est une sorte de policier de proximité qui peut orienter les badauds et leur fournir de vive voix, en arabe ou anglais, des informations de base telles que les adresses de lieux d'intérêt ou de services publics. En bon agent des forces de l’ordre, il peut également recueillir les signalements de crimes ou délits. Il est aussi possible de lui payer directement certaines amendes comme les contraventions.

Telles sont les principales fonctionnalités de ce policier tout en boulons et algorithmes qui, dans sa version de base, coûte 185 000 euros. Mais Reem peut faire bien plus encore… et coûte alors plus cher. "Ce robot est avant tout une plateforme hautement personnalisable", explique Elisa Alston, porte-parole de Pal Robotics, contactée par France 24. Les autorités de Dubaï peuvent donc y ajouter des modules de leur cru.

La police a indiqué qu’elle comptait notamment tirer profit des capteurs vidéo et sonore dont Reem est équipé. En théorie, la caméra intégrée au robot peut permettre de filmer ou photographier des passants, transmettre les clichés directement aux policiers reliés à son réseau, qui peuvent ensuite les comparer à des bases de données recensant des criminels répertoriés. Elisa Alston confirme que ce robot est doté "d'un logiciel de reconnaissance faciale et vocale", mais a refusé de préciser quelle utilisation en ferait Dubaï

Un policier à part entière, mais sans arme

Elle assure que Pal Robotics n’a aucune intention de laisser qui que ce soit transformer Reem en véritable Robocop ou en serviteur dévoué d’un apprenti Big Brother. "Nous avons de strictes règles éthiques et nous n’acceptons, par exemple, aucun contrat à but militaire", explique-t-elle. La société espagnole refuse aussi que la moindre arme soit mise entre les mains de leur robot.

Lors de sa création en 2011, Reem n’était d’ailleurs pas spécialement conçu pour renforcer les rangs de la police. D’autres clients de Pal Robotics l’utilisent à des fins beaucoup plus civiles. La banque australienne Commonwealth Bank, par exemple, cherche avec Reem à définir quel type de services bancaires (distribution d’argent, dépôt de chèques, information de compte) les robots pourront fournir aux clients dans le futur.

Mais Dubaï a de vastes projets policiers pour les robots. "D'ici à 2030, nous voulons que les robots représentent 25 % de nos effectifs", a précisé Abdullah Bin Sultan, directeur du Future Shaping Center (Centre de recherche sur le futur) de la police de Dubaï. L'émirat espère que les Reem - ou des robots d’un autre fabricant - pourront rapidement effectuer la plupart des tâches d’un policier à l’accueil d’un commissariat. "L'idée des autorités locales est de pouvoir déployer les vrais policiers dans des zones où ils seraient davantage utiles", explique Elisa Alston. Aux robots, la paperasse, aux humains, l’action.

Robotisation de la police

Dubaï n’exclut cependant pas de laisser les robots aller sur le terrain, sans pour autant leur fournir d’armes. "Le but final est d’avoir un robot entièrement fonctionnel qui pourrait travailler comme un officier de police à part entière", a assuré à la chaîne américaine CNN Khalid Nasser Alrazooqi, directeur du département des services connectés de la police de Dubaï. Il reconnaît certaines limites technologiques qui rendent un robot beaucoup moins efficace qu’un policier humain. Leur manque d'adresse les rend actuellement inaptes à la poursuite de criminels.

Dubaï n'est pas le seul pays à étendre le domaine de la lutte policière aux robots. Au Japon, un robot "shérif" ovoïde a été programmé, en début d’année 2017, pour suivre un criminel, laissant à un vrai policier le soin de procéder à l’arrestation. En septembre 2016, un robot démineur a été utilisé aux États-Unis pour désarmer un suspect lors d’un face à face avec la police californienne.

Une progressive robotisation de la police semble donc en marche. Un phénomène qui soulève des problèmes qui sont autant moraux – où placer la ligne rouge de ce qu’un robot policier a le droit de faire ? – que légaux. En effet, "lorsque des policiers humains font des erreurs, ils peuvent être punis par la loi, mais comment sanctionner un robot qui cause des dommages involontaires ?", se demande Chrissie Lightfoot, créatrice de Lisa, un robot avocat, interrogée par CNN.

Première publication : 29/05/2017

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