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Affaire Ferrand : l'équipe Macron à l'épreuve de l'investigation

© Éric Feferberg, AFP | Richard Ferrand et Emmanuel Macron, le 10 décembre 2016, lors d'un meeting à Paris.

Texte par Romain BRUNET

Dernière modification : 31/05/2017

Les révélations concernant les possibles conflits d'intérêt de Richard Ferrand sont la conséquence de sa récente exposition médiatique. Mais elles illustrent aussi les nouvelles pratiques instaurées par Emmanuel Macron vis-à-vis des médias.

"Bienvenue dans la lumière." C'est le message qu’a envoyé par SMS l’ancien président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, à son ancien collègue du Parti socialiste, Richard Ferrand, après les révélations du Canard enchaîné du 24 mai, raconte Le Télégramme. Une petite phrase qui résume bien la nouvelle donne pour l’entourage d’Emmanuel Macron, les membres de son gouvernement placés pour la première fois sur le devant de la scène et les futurs députés de La République en marche.

Richard Ferrand est dans la tempête médiatique depuis une semaine, en raison de révélations concernant une possible affaire de favoritisme au sujet d’une location immobilière des Mutuelles de Bretagne, dont il était directeur général, impliquant sa compagne. Le Premier ministre Édouard Philippe lui a une nouvelle fois apporté son soutien, mardi 30 mai sur France 2, "malgré l'exaspération des Français" devant ce type de pratiques.

Plus tôt dans la journée, c’est le nom de la ministre aux Affaires européennes, Marielle de Sarnez, qui revenait en boucle sur les chaînes d’information en continu. Cette proche de François Bayrou est visée, avec 18 autres députés européens, par une enquête préliminaire pour des emplois fictifs présumés de collaborateurs au Parlement européen, après des accusations portées par l’eurodéputée frontiste Sophie Montel. La ministre a annoncé avoir porté plainte pour "dénonciation calomnieuse".

>> À lire : "Sur le renouvellement politique, En Marche ! n'a rien fait d'inédit"

Le point commun entre Richard Ferrand et Marielle de Sarnez ? Les Français ne les connaissaient pas ou peu avant leur entrée au gouvernement. "Emmanuel Macron a créé son parti de zéro. Celui-ci n’existait pas il y a un peu plus d’un an. Par définition, il y a beaucoup de monde que les gens ne connaissent pas. Richard Ferrand, Benjamin Griveaux ou Christophe Castaner étaient des quasi-inconnus avant la campagne présidentielle. Donc contrairement à d’autres politiciens exposés médiatiquement au niveau national depuis un certain temps, le travail d’investigation n’a pas été fait à ce jour pour l’écrasante majorité d’entre eux. Or, ce que dit très justement le message de Bartolone, c’est que quand vous êtes exposé médiatiquement, vous êtes constamment 'enquêtable'", souligne le politologue Thomas Guénolé, contacté par France 24.

Pour 70 % des Français, Richard Ferrand doit démissionner

L’enquête du Monde sur Richard Ferrand, publiée mardi 30 mai, en est la parfaite illustration. Aucun média ne s’est intéressé au député du Finistère lorsque ce dernier a déposé une proposition de loi sur les mutuelles, à l’automne 2012, alors même qu’il était toujours chargé de mission pour les Mutuelles de Bretagne. "Si j’avais su qu’il était encore chargé de mission, la question, je l’aurais posée clairement. Il était en lien d’intérêts", note d’ailleurs dans Le Monde la socialiste Catherine Lemorton, présidente de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale.

Désormais ministre, Richard Ferrand va devoir s’habituer à ce que ses affaires menées en parallèle de son mandat de député, et même avant, soient épiées par les médias. D’autant que le candidat Emmanuel Macron avait fait de la probité l’un de ses principaux thèmes de campagne pendant que le candidat Les Républicains François Fillon, lui, nageait en plein déboires judiciaires. L’alliance nouée avec François Bayrou, fin février, reposait d’ailleurs sur la demande formulée par le maire de Pau d’une grande loi de moralisation de la vie publique. Or, ce dernier, devenu ministre de la Justice, a vu la présentation de son projet de loi en Conseil des ministres reporté d’une semaine, au 14 juin, et reste jusqu’à présent muet sur le sujet.

>> À lire : Les têtes d'affiche qui animeront la campagne des législatives

En plus de mettre sous le feu des projecteurs des personnalités qui ne l’étaient pas jusqu’ici, c’est aussi la pratique du pouvoir d’Emmanuel Macron, selon Thomas Guénolé, qui a permis la révélation de l’affaire Ferrand.

"Devenu président, Macron a rompu avec la pratique qui était celle de François Hollande et de Nicolas Sarkozy et qui consistait à nourrir beaucoup de journalistes d’une avalanche de 'off'. Il est revenu à une très grande distance qui était pratiquée avant lui par Jacques Chirac ou François Mitterrand. C’est sans doute plus sain pour notre démocratie, et tout à son honneur. Mais l’inconvénient pour lui, c’est que quand l’Élysée arrête l’endogamie avec certains journalistes, ça encourage leurs médias à faire davantage d’investigation. Les enquêtes qui sortent, c’est en partie un effet secondaire de la volonté d’Emmanuel Macron de mettre à distance les médias", estime le politologue.

La question est désormais de savoir quelle attitude adoptera le chef de l’État, qui a évité jusqu’ici de s’exprimer publiquement sur le cas Richard Ferrand. Restera-t-il en retrait en espérant que l’affaire se tasse, ou finira-t-il par pousser son bras droit vers la sortie ? Au lendemain du soutien que lui a apporté le Premier ministre, le ministre de la Cohésion des territoires a en tout cas de nouveau affirmé, mercredi 31 mai sur France Inter, qu’il excluait de démissionner. Problème : selon un sondage Harris Interactive pour RMC et Atlantico publié mercredi, à une dizaine de jours du premier tour des élections législatives (11 et 18 juin), 73 % des Français jugent que les faits reprochés à Richard Ferrand sont graves et 70 % estiment qu’il devrait quitter son poste de ministre.

Première publication : 31/05/2017

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