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EUROPE

Royaume-Uni : le Parti conservateur de Theresa May perd sa majorité absolue au Parlement

© Daniel Sorabji, AFP | Les unes des journaux britanniques, le 9 juin 2017

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 09/06/2017

Les Tories ont perdu leur majorité absolue lors des élections législatives du jeudi 8 juin. Un revers pour Theresa May, la Première ministre qui voulait avoir les coudées franches pour négocier le Brexit.

Theresa May souhaitait un "mandat clair" pour négocier le Brexit, c'est raté. Le Parti conservateur de la Première ministre britannique a remporté, jeudi 8 juin, la victoire lors des élections législatives anticipées, mais a perdu sa majorité absolue au Parlement.

C'est un échec personnel pour la Première ministre, qui avait convoqué ces élections législatives anticipées en comptant en obtenir une majorité renforcée pour les négociations cruciales sur le Brexit avec l'Union européenne, le 19 juin. 

Dans la soirée de vendredi, la quasi-totalité des 650 sièges ont été attribués, les Tories en totalisent 318, soit une douzaine de perdus, et ne peuvent donc plus obtenir la majorité absolue de 326 sièges. Les travaillistes en ont gagné une trentaine, avec 262 sièges.

Dès la fermeture des bureaux, la projection de ce résultat avait provoqué une chute de la livre sterling à New York, tant face à l'euro que face au dollar. "Il semble qu'il va y avoir de l'instabilité et qu'il sera plus difficile pour le gouvernement britannique de négocier le Brexit avec une position ferme", relève Tony Travers, de la London School of Economics (LSE).

>> À lire aussi : "Législatives au Royaume-Uni : Theresa May a-t-elle joué avec le feu ?"

Corbyn appelle May à démissionner

Dans la nuit de jeudi à vendredi, le chef du Parti travailliste a appelé Theresa May à démissionner. "Elle a perdu des sièges conservateurs, perdu des voix, perdu le soutien et la confiance. C'est assez pour qu'elle parte et laisse la place à un gouvernement vraiment représentatif."

La réaction de Jeremy Corbyn, chef du Labour

"Le pays a besoin d'une période de stabilité et quels que soient les résultats, le parti conservateur assurera que nous pouvons remplir ce devoir et assurer la stabilité", a pour sa part déclaré Theresa May juste après sa réélection dans sa circonscription de Maidenhead (ouest), laissant deviner son intention de rester au pouvoir.

À gauche, les indépendantistes écossais du SNP essuient de lourdes pertes, à 34 sièges contre 54 précédemment, selon des résultats quasi finaux. Leur numéro 2, Angus Robertson, ainsi que leur ancien leader, Alex Salmond, sont battus. "C'est assez catastrophique, c'est une très mauvaise nouvelle pour Nicola Sturgeon [la Première ministre écossaise] et sa revendication d'un deuxième référendum" sur l'indépendance de l'Écosse, selon Iain Begg, professeur à la London School of Economics, interrogé par l’AFP.

Les Libéraux-Démocrates, seul parti résolument europhile, gagnent 4 sièges à 12 mandats, selon ces résultats. Les Lib-Dem ont prévenu jeudi soir qu'il n'y aurait "pas de coalition. Pas d'accord" avec les autres partis.

Theresa May a "raté son pari"

"C'est complètement catastrophique pour les conservateurs et pour Theresa May", a commenté l'ancien ministre des Finances conservateur George Osborne sur la chaîne télévisée ITV.

La correspondante de France 24 à Londres, Bénédicte Paviot, abonde dans le même sens : "Theresa May, qui espérait vraiment conforter sa majorité, peut-être même avoir plus de 100 députés supplémentaires dans une chambre qui compte 650 sièges, sera vraiment fragilisée".

Selon la journaliste, parmi les clés pour analyser le vote, il y a la question du Brexit : "Le Brexit pose problème : c’est un Royaume-Uni qui n’est pas uni du tout. Il y a notamment des jeunes qui n’ont peut-être pas voté lors du référendum et qui se sont déplacés dans une espèce de revanche".

Quelles options pour les Tories ?

Si ces projections se confirment, les conservateurs auront le choix de former soit un gouvernement minoritaire soit une coalition avec un ou plusieurs autres partis. Dans les deux cas, les négociations pourraient durer jusqu'à plusieurs semaines, ce qui porterait un coup dur au calendrier du Brexit.

"Il est évident qu’il y a des couteaux qui s’aiguisent en ce moment-même", commente Bénédicte Paviot pour France 24. "On sait que la Première ministre Theresa May pourra compter sur les voix des unionistes (parti nord-irlandais), mais est-ce que ça suffira ?", ajoute-t-elle.

Le dirigeant du parti unioniste d'Irlande du Nord, dont la région a voté majoritairement en faveur du maintien dans l'UE lors du référendum de l'an dernier, ne s'y est pas trompé en qualifiant un Parlement sans majorité absolue de "résultat parfait" pour son parti. Jeffrey Donaldson s'est également dit prêt à négocier avec les Tories pour former une coalition gouvernementale, ce que l'ancien dirigeant des Libéraux-démocrates, Nick Clegg, a en revanche d'ores et déjà catégoriquement exclu.

Jeremy Corbyn a réussi sa campagne

La dirigeante conservatrice avait convoqué le scrutin en avril, contrairement à ses engagements de ne pas écourter la législature, en espérant surfer sur des sondages créditant son parti d'une avance de 20 points sur le Labour. Mais Jeremy Corbyn a signé une campagne plus réussie qu'attendue, multipliant les meetings au contact des électeurs et exploitant plusieurs faux-pas de Theresa May, notamment sur la protection sociale. "Quel que soit le résultat final, notre campagne positive a changé la politique pour le meilleur", a tweeté le travailliste dans la nuit de jeudi à vendredi.

Le Brexit a été paradoxalement éclipsé durant la campagne par les questions de la protection sociale et de la sécurité dans ce pays frappé par trois attentats en moins de trois mois. Si les conservateurs sont, selon les analystes, jugés "plus solides" sur les questions de sécurité, ils avaient fait l'objet de critiques pour n'avoir pas pu empêcher ces attaques et avoir supprimé 20 000 postes de policiers depuis 2010.

>> À lire : "Attentat du London bridge : la sécurité au centre des débats à la veille des législatives"

Le nouveau Parlement siégera une première fois le 13 juin, avant la cérémonie d'ouverture solennelle le 19 juin, au cours de laquelle la reine Elisabeth lira comme le veut la tradition le programme législatif de la nouvelle majorité, à l'occasion du Discours du Trône.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 08/06/2017

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