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Moyen-Orient

Blocus au Qatar : Amnesty met en garde contre une pénurie alimentaire

© Fayez Nureldine, AFP (Archive) | L'Arabie saoudite a interdit à ses citoyens de se rendre au Qatar après avoir rompu les relations diplomatiques avec Doha.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Bahar MAKOOI

Dernière modification : 11/06/2017

Les sanctions adoptées contre le Qatar par l'Arabie saoudite et ses alliés perturbent la vie de milliers de personnes. Accusé de soutenir le terrorisme, Doha tente de convaincre de l'authenticité de ses efforts pour lutter contre ce fléau.

Après avoir rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Bahreïn ont interdit à leurs ressortissants de se rendre dans ce pays. Ils ont également demandé à ceux qui y résident de le quitter. Une décision qui a suscité une vive inquiétude de la part d'Amnesty International. L’ONG a averti qu’en appliquant de telles mesures jugées "drastiques", Riyad et ses alliés "jouaient" avec la vie de milliers d'habitants du Golfe, séparaient des familles et détruisaient les moyens de subsistance et d'éducation d'une partie de la population.

"Pour potentiellement des milliers de personnes dans le Golfe, le résultat de ces mesures c'est de la souffrance, des déchirements et de la peur", a réagi James Lynch, un responsable d'Amnesty International. La veille, le secrétaire d'État américain, Rex Tillerson, avait pour sa part appelé les Saoudiens et leurs alliés à alléger le blocus : "Nous constatons un manque de nourriture, des familles sont séparées de force et des enfants sont retirés de l'école. Nous estimons que ce sont des conséquences involontaires, surtout pendant le mois sacré du ramadan, mais on peut y remédier immédiatement", a-t-il déclaré.

L'Arabie saoudite et ses alliés ont toutefois indiqué, dimanche 11 juin, que la situation des familles mixtes serait prise en considération, sans dire explicitement si elles seront exclues des mesures d'expulsion et de rapatriement.

Pénurie dans les supermarchés qataris

Accusé de soutenir le terrorisme et de se rapprocher de l’Iran chiite, le Qatar se retrouve géographiquement isolé depuis la décision prise le 5 juin par l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn, l'Égypte et le Yémen de rompre les relations diplomatiques avec Doha. La crise a entraîné un embargo qui se manifeste notamment par l’interruption des liaisons aériennes, maritimes et terrestres, mais aussi la fermeture de la frontière saoudienne, par où transitaient 40 % de l’importation d’aliments vers le Qatar. 

Conséquence, dès l’annonce de la mise au ban diplomatique, des habitants de Doha, affolés, ont pris d'assaut les supermarchés, où le lait, le riz ou le poulet ont rapidement disparu des rayons.

Turcs et Iraniens réapprovisionnent le Qatar

En coulisses, les discussions se sont intensifiées pour apaiser les tensions. L'émir du Koweït, seul membre du Conseil de coopération du Golfe (CCG) avec Oman, à ne pas avoir rejoint le mouvement de rupture avec Doha, avait reçu un émissaire du roi saoudien Salmane et exhorté l'émir du Qatar "à la retenue".

Parmi les soutiens les plus actifs à Doha, l'Iran, tout comme la Russie et la Turquie, ont appelé au dialogue entre le Qatar et ses voisins pour régler la crise, tout en aidant leur allié qatari à pallier l’embargo imposé par ses voisins arabes. Sur Twitter, des internautes au Qatar signalaient dès samedi le réapprovisionnement des rayons de supermarché grâce aux produits laitiers turcs, des affichettes indiquaient qu’ils avaient été "acheminés de Turquie par avion".

Téhéran, de son côté, a déclaré avoir envoyé cinq avions et trois bateaux de produits alimentaires. Un sixième avion devait partir dimanche, avec à son bord des tonnes de fruits et légumes. Depuis le début de la crise, l'Iran a également ouvert son espace aérien aux vols vers et en provenance du Qatar. Selon les responsables iraniens, une centaine d'avions supplémentaires traversent le ciel d'Iran, soit une augmentation de 17 % des vols internationaux.

Un ex-ministre américain pour défendre le Qatar

À l’origine de la brouille entre le Qatar et ses voisins, des accusations formulées par l’Arabie saoudite et ses alliés, qui reprochent au Qatar de déstabiliser la région et de soutenir des "groupes terroristes". Des attaques que le président américain, Donald Trump, est venu appuyer dans plusieurs déclarations, dont un discours le 9 juin, dans lequel il a exhorté Doha à arrêter "immédiatement" de financer le terrorisme "au plus haut niveau".

Pourtant, plus tôt dans la semaine, des responsables américains de la Défense avaient pris soin de tenir des propos plus nuancés, voir même élogieux sur Doha, car le Qatar abrite une importante base militaire américaine qui sert, entre autres, de point de départ pour les frappes contre les jihadistes de l'État islamique.

Doha, qui soutient des mouvements islamistes proches de la mouvance des Frères musulmans, notamment en Syrie, dément soutenir le terrorisme. Pour se défendre, le gouvernement qatari a fait appel au cabinet d’avocats d’un ancien ministre américain de la Justice, John Ascroft, en poste au moment des attentats du 11 septembre 2001. Le Qatar souhaite ainsi montrer patte blanche et convaincre de l'authenticité de ses efforts en matière de lutte antiterroriste.

Première publication : 11/06/2017

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