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FRANCE

Affaire Grégory : le logiciel Anacrim, un regard neuf sur les affaires non résolues

© Patrick Hertzog, AFP | Christine Villemin (3e à g.) participe, le 30 octobre 1985, à Lépanges-sur-Vologne, à la reconstitution de l'assassinat de son fils Grégory Villemin.

Texte par Florence RICHARD

Dernière modification : 16/06/2017

Anacrim est le logiciel d'analyse criminelle qui a permis de relancer l'affaire Grégory. Présentation d'un outil précieux pour tous les services d'enquête criminelle d'Europe.

Sans lui, l’affaire Grégory n’aurait probablement jamais connu l’inattendu et spectaculaire rebondissement qui se joue depuis le mercredi 14 juin. Plus de 30 ans après la mort de l’enfant de 4 ans, retrouvé ligoté dans une rivière des Vosges, trois membres de son cercle famillial ont été placés en garde à vue. Une série de nouvelles révélations montre que "plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime", a annoncé jeudi le procureur général de Dijon, Jean-Jacques Bosc. Il s’exprimera à nouveau vendredi, à l’issue de ces gardes à vue qui pourraient aboutir à des mises en examen.

Comment, 33 ans après ce meurtre qui reste à ce jour l’une des plus grandes énigmes criminelles françaises, les enquêteurs de la gendarmerie ont-ils procédé pour relancer ce colossal et nébuleux dossier dont ils ne cessaient d'explorer les moindres éléments ? La réponse s’appelle Anacrim. "Sur le fond, il n'y a pas d'éléments nouveaux (dans le dossier), concède une source proche de l’affaire, mais le logiciel d'analyse criminelle Anacrim, conçu et utilisé par la gendarmerie, a permis d'avoir un regard neuf sur la procédure."

Incohérences et contradictions

Le dossier, qui comporte 12 000 pièces, a été rouvert en 1999, puis en 2008, pour tenter de trouver d'hypothétiques traces d'ADN sur les scellés. Depuis, 400 prélèvements ont été effectués, une centaine de témoins ont été interrogés et près de 2 000 courriers anonymes ont été analysés en détail.

Anacrim permet de traiter une telle masse d’informations, accumulées au fil des années, dont des données techniques complexes à traiter (téléphonie, comptes bancaires, multiplicité des auditions...), et de mettre en évidence des incohérences d'emploi du temps d'un témoin ou d'une personne mise en cause, des contradictions entre certains témoignages et des constatations effectuées par les enquêteurs.

>> Affaire Grégory : l'incroyable rebondissement 32 ans après les faits

Et cela commence par "un travail méthodique de longue haleine pour les analystes criminels", souligne dans une interview au journal Le Parisien, le colonel Didier Berger, chef du Bureau des affaires criminelles (BAC). "Il s'agit de relire pièces à pièces tous les procès-verbaux rédigés dans le cadre d'un dossier judiciaire et d'en retenir les éléments les plus utiles pour les enquêteurs. Dans chaque document, les analystes vont retranscrire minutieusement tous les éléments constatés par les enquêteurs sur le terrain ou les détails figurant dans une audition. (…) Toutes ces informations sont alors versées dans une importante base de données qui replace tous les éléments d'une enquête dans le temps et dans l'espace", précise-t-il.

Quelque 400 analystes sont formés à l’utilisation d’Anacrim. Ils ne travaillent que sur une affaire à la fois afin de mieux se concentrer sur toutes les données accumulées. "Ils sont de véritables experts du traitement de l'information criminelle", estime le colonel Didier Berger.

"Un support numérique"

Dans le cas de l’affaire Grégory, la relecture du dossier et la compilation des données a nécessité un "travail titanesque", décrit le commandant de gendarmerie de Bourgogne-Franche-Comté Olivier Kim, qui s’exprimait lors de la conférence de presse du procureur de Dijon. Il a tenu à préciser que le logiciel Anacrim restait toutefois, pour ses équipes, "un support numérique" : "C’est quand même l’intelligence humaine qui rentre des données et qui en tire quelque chose". "Quand on finit de lire le dossier, on a oublié le début. La mémoire humaine n’est pas en mesure de mettre en rapport l’ensemble de ces éléments, c’est ce que va faire le logiciel", abonde Didier Seban, avocat spécialiste des "cold case", sur FranceInfo.

Utilisé depuis 2005 par tous les services d’enquêtes criminelles d’Europe, ce logiciel développé par IBM est en tout cas devenu un outil précieux et indispensable, qui a notamment aidé les gendarmes à prouver l'implication du tueur Michel Fourniret dans des faits qui ne lui étaient pas imputés jusqu'alors. Il a aussi aidé à arrêter Émile Louis dans l'enquête des disparues de l'Yonne et permis d’innocenter Patrick Dils, accusé à tort pour le double meurtre de Montigny-lès-Metz, pour lequel Francis Heaulme a été condamné. Il a également confondu les meurtriers du petit Valentin, tué en 2008 dans l’Ain. Et peut-être bientôt permettra-t-il de clore, enfin, l’affaire Grégory.

 

Première publication : 15/06/2017

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