Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

FOCUS

Cameroun : les humanitaires face aux pénuries alimentaires dans les camps de réfugiés

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Il s'appelait Julian Cadman"

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCO

"Areva quitte la Bourse de Paris"

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Dans le cartable d'Emmanuel Macron"

En savoir plus

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

Présidentielle au Kenya : Raila Odinga a saisi la Cour suprême

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCO

Le gouvernement veut taxer les grandes entreprises

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

James Bond : Daniel Craig rempile pour un dernier épisode

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCO

Donald Trump démantèle ses deux conseils économiques

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

L'Europe face au défi des "revenants"

En savoir plus

Travail: la prévention des risques psychosociaux, "un enjeu national"

© AFP/Archives / Par Sandra LACUT | La santé au travail et la prévention des risques psychosociaux (stress, dépression, violences, suicide...) doivent être un "enjeu national", selon un expert

PARIS (AFP) - 

La santé au travail et la prévention des risques psychosociaux (stress, dépression, violences, suicide...) doivent être un "enjeu national", estime François Cochet, président de la fédération des professionnels du secteur, la Firps.

QUESTION: Que recouvrent les risques psychosociaux (RPS) et qui touchent-ils ?

REPONSE: Il y a plus de 20 ans, une partie des problématiques existaient déjà, mais on n'employait pas ce vocabulaire. Le suicide au travail était tabou. Les choses ont été clarifiées par un rapport de 2011 (qui les définit comme "les risques pour la santé mentale, physique et sociale" engendrés notamment "par les conditions d'emploi", NDLR). Ce sont toutes les tensions liées au travail avec différents niveaux de gravité ou de fréquence. Il y a ce qui relève de la souffrance au travail, qui renvoie au manque d'autonomie et de reconnaissance, et des troubles plus graves qui se manifestent par le burn out ou les tentatives de suicide au travail. Le sujet est entré dans le débat public avec les suicides chez Renault et France Télécom il y a une dizaine d'années.

Les RPS touchent en priorité les plus âgés, les femmes et les professions les plus qualifiées ainsi que les salariés les plus engagés. Les métiers de la sécurité, la police, les pompiers, les gardiens de prison sont en première ligne. Les banques et le secteur médico-social sont très concernés. La situation est aussi préoccupante dans la fonction publique territoriale.

Q: Quelle est l'ampleur du phénomène ?

R: La situation s'est aggravée car les évolutions des organisations du travail ont conduit à une individualisation très forte de la façon de travailler. Le collectif et l'entraide ont été mis de côté. Face aux difficultés on a tendance à augmenter ses efforts parfois de façon démesurée, sans en avoir la reconnaissance pour autant, et à tirer de plus en plus sur sa santé jusqu'à dépasser ses limites. Dans beaucoup d'endroits, les charges de travail se sont accrues, sont devenues plus compliquées, avec des modes d'évaluation qui entretiennent un certain flou.

Dans les entreprises, on voit deux tendances: un renforcement des efforts de prévention, d'analyse, où les équipes RH essaient de s'emparer du sujet, et des tendances de fond qui essaient de pousser dans un sens qui accentue les RPS. On a ce double mouvement, parfois même au sein de la même entreprise. Dans une entreprise de services, la fonction RH avait par exemple lancé une démarche de prévention et dans le même temps le directeur commercial mettait en place un système de mesure individuel de performance et de mise en concurrence des commerciaux, qui est allé tellement loin qu'il a été condamné en justice.

Q: Comment prévenir les RPS ?

R: Il y a beaucoup de choses dans les entreprises qui gagneraient à être mises en cohérence. La prévention des RPS ne doit pas seulement être traitée par les DRH mais prise en compte par l'ensemble de l'entreprise pour éviter de reculer d'un côté quand on essaie d'avancer de l'autre.

Il faut surtout créer les conditions pour bien travailler. En partant par exemple du droit à la déconnexion, on tire une pelote et on arrive à des sujets de fond comme le management, les relations professionnelles... Mais proposer d'abord de la sophrologie, ce n'est pas la bonne approche.

Ne pas contrôler les RPS dans les entreprises coûte vite très cher. A la Firps (fédération des intervenants en risques psychosociaux), nous souhaitons que la santé au travail soit un enjeu national et nous militons pour que le coût de +la non-santé au travail+ (absentéisme, accidents du travail, arrêt longue maladie...) soit mesuré et documenté car il explique en partie le déficit de la sécurité sociale. Il existe des études mais elles sont très partielles.

Par Sandra LACUT

© 2017 AFP