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FRANCE

Interdiction des pesticides "tueurs d'abeilles" : Philippe coupe court à la controverse

© Pascal Guyot, AFP | Les néonicotinoïdes sont accusés d'être notamment responsables du déclin des abeilles.

Texte par Stéphanie TROUILLARD

Dernière modification : 26/06/2017

Le gouvernement ne reviendra pas sur l'interdiction des néonicotinoïdes. Un peu plus tôt, le ministre de l'Agriculture s'était dit favorable à un retour de ces pesticides. Son collègue de l'environnement avait immédiatement contesté cette position.

Le gouvernement a tranché. Il a confirmé lundi 26 juin l'interdiction prévue depuis 2016 des pesticides néonicotinoïdes à partir du 1er septembre 2018.

"Dans le cadre des discussions sur le projet de loi 'Droit à l’erreur', le gouvernement a décidé de ne pas revenir sur les dispositions de la loi de 2016. Cet arbitrage a été pris à l’occasion d’une réunion tenue à Matignon le 21 juin", a déclaré le Premier ministre Édouard Philippe dans un communiqué.

Le chef du gouvernement a ainsi voulu éteindre le plus rapidement possible la polémique lancée ce matin par son ministre de l'Agriculture. Interrogé sur l’antenne de RMC/BFM,  Stéphane Travert a déclaré vouloir revenir à partir de septembre 2018 sur la législation interdisant, sauf dérogation, ces insecticides accusés par certains d'être notamment responsables du déclin des abeilles.La législation française "n'est pas conforme avec le droit européen" qui est plus souple, a-t-il expliqué, estimant que certains pesticides "n'ont pas de produit de substitution".

"Nous avons un certain nombre de produits aujourd'hui qui ont été estimés dangereux et qui sont au fur et à mesure retirés du marché, mais (pour) d'autres produits où nous avons des impasses techniques, qui n'ont pas de substitutions, nous devons pouvoir autoriser des dérogations pour en permettre l'utilisation afin que nos producteurs continuent à travailler dans de bonnes conditions", a-t-il précisé, en indiquant toutefois que l'arbitrage du Premier ministre, Edouard Philippe, "n'est pas rendu".

"Les interdiction ne seront pas levées"

Cette prise de position a immédiatement été contestée par son collègue de l’environnement Nicolas Hulot. Dans un tweet, en réponse à ces propos, il a affirmé que "les interdictions de néonicotinoïdes", notamment, "ne seront pas levées, les arbitrages ont été rendus en ce sens", contredisant ainsi le ministre de l'Agriculture.

Dans un tribune publiée dans le Monde en mars 2016, Nicolas Hulot avait déjà milité pour une interdiction totale de ces insecticides : "Mesdames et messieurs les parlementaires, ces produits sont toxiques. Pouvons-nous faire fi de toutes les alertes que les scientifiques mettent à notre disposition pour éclairer nos choix ? Pouvons-nous repousser indéfiniment les décisions à prendre ? En détruisant la biodiversité, notre propre sort est en jeu. Interdisons les pesticides néonicotinoïdes".

Le nouveau président de la République Emmanuel Macron s’était aussi engagé durant la campagne présidentielle à ne pas revenir sur cette interdiction lors d’un événement organisé par l'association de protection de l'environnement WWF.

"Bâtir un compromis"

De nombreux politiques ont aussi réagi après cette déclaration de Stéphane Travert. Dans un tweet, Benoît Hamon, le candidat socialiste à l’élection présidentielle s’est dit "stupéfait d’apprendre sur RMC ce matin que le gouvernement pourrait revenir sur l’interdiction des pesticides tueurs d’abeilles". L’ancienne ministre de l’écologie Corinne Lepage a aussi contesté la position de Stéphane Travert en affirmant sur Twitter que "dire que la loi française sur les néocotinoides est contraire au droit communautaire est un mensonge".

À droite, Nicolas Dupont-Aignan s’est lui aussi indigné. "Macron va revenir sur l'interdiction des tueurs d'abeilles et l'épandage aérien des pesticides. Notre santé et notre environnement sont sacrifiés!", a-t-il estimé dans un message. Du côté du Front national, le vice-président du parti, Florian Philippot a également regretté cette prise de position : "Non à la réintroduction des néonicotinoïdes tueurs d'abeilles : notre santé vaut plus que leur soumission aux lobbies qui gouvernent l'UE !"

Comme l'expliquait le site de RFI dans un article, ces pesticides, dits systémiques car conçus pour être absorbés par les plantes, sont jugés hautement toxiques pour tous les invertébrés, notamment pour les abeilles, les bourdons et les papillons, indispensables à la pollinisation des plantes que nous mangeons. En France, depuis l’introduction des néonicotinoïdes au début des années 1990, la mortalité des abeilles est passée de 5 % en 1994 à 30 % en 2015.

Première publication : 26/06/2017

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