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Economie

Total en Iran : un engagement de longue haleine pour un contrat gazier historique

© Behrouz Mehri, AFP | Jamais très loin : en 2014, un an avant l'accord sur le nucléaire, Total avait un emplacement au salon iranien du pétrole et du gaz.

Vidéo par Marc PAUPE , Fanny ALLARD

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 04/07/2017

Le groupe français Total est devenu le premier géant pétrolier à sceller son retour en terre iranienne pour y exploiter du gaz. Une première qui ne doit rien au hasard.

Total (re)met les pieds dans le gaz iranien en plein Golfe persique. Le géant français a signé un accord, lundi 3 juillet, avec Téhéran pour l'exploitation d'une parcelle de la plus importante réserve mondiale de gaz naturel : le Pars sud.

>> À lire : L'Iran et Total vont signer un accord gazier de 4,8 milliards de dollars

Le groupe français devient ainsi le premier des géants occidentaux du pétrole à revenir en Iran, près de deux ans après l’accord sur le nucléaire, qui a ouvert la porte à la levée partielle des sanctions internationales contre Téhéran. “Total est récompensé pour son engagement historique en Iran et sa bonne connaissance du champ gazier”, explique Chris Hindle, analyste principal pour les questions de pétrole et de gaz du cabinet britannique de conseil Critical Resource, contacté par France 24.

Entre 15 % et 20 % des réserves mondiales de gaz

Pour le géant français Total, associé au groupe chinois CNPC (China National Petroleum Company) et à la compagnie publique iranienne de pétrole (NIOP), c’est l’aboutissement de près de 15 ans de combats et d’attente.

Depuis la découverte de ce trésor sous-marin au large de l’Iran et du Qatar, qui se partagent les 9 700 km² de ce champ gazier (3 700 dans les eaux territoriales iraniennes et le reste au Qatar, qui l'appelle le North Dome) dans les années 1970, toutes les majors du pétrole s’y intéressent. Le Pars Sud représente entre 15 % et 20 % des réserves mondiales de gaz, enfouie sous 65 mètres d’eau et 3 000 mètres de terre. Mais il a fallu attendre les avancées technologiques pour que l’exploitation de cette manne d’hydrocarbures devienne envisageable dans les années 1990.

Total fait partie des premiers à y investir au tournant du XXIe siècle. Avec le Russe Gazprom, le géant français a assuré la mise en route, en 2002, de la phase 2 (une phase est une parcelle du champ gazier) qui a permis de produire 57 millions de mètres cubes par jour de gaz naturel. Cet investissement avait valu au groupe les remontrances de l'administration américaine, qui avait adopté en 1995 des sanctions contre les entreprises faisant des affaires ave l'Iran dans le secteur énergétique. Mais Total n'avait alors pas écopé de mesures de rétorsion américaines.

Le Français s’est ensuite intéressé à partir de 2004 à la phase 11 du Pars Sud. Plus de 13 ans de valses hésitations, de prétendants de différents pays, de tensions diplomatiques plus tard, Total a finalement obtenu la signature de cet accord.

Pendant un temps, aux alentours des années 2008-2009, le groupe français s'était retiré de la course. “La situation diplomatique entre les pays occidentaux et Téhéran ainsi que le prix du gaz rendaient le projet moins attrayant”, rappelle Chris Hindle. À cette époque, le renforcement des sanctions internationales a fait fuir les groupes pétroliers occidentaux.

L’Iran s’est alors tourné vers ses deux meilleurs alliés : la Russie et la Chine. Gazprom et CNPC ont été pressentis pour reprendre le dossier, mais le premier n’était technologiquement pas au point et le deuxième a fini par ne pas tenir ses engagements d’investissement. Dès que le ciel diplomatique s’est éclairci, le Français a repris le chemin des négociations commerciales avec Téhéran.

Un exemple pour les autres majors du pétrole ?

“Comme il est le premier à revenir, il a pu obtenir un accord jugé très satisfaisant”, analyse Chris Hindle. Le contrat prévoit une exploitation du gisement sur 20 ans, “alors que les précédents accords avec l’Iran étaient beaucoup plus courts, voire trop courts pour que les compagnies étrangères en profitent vraiment”, note l’expert britannique. Total va aussi bénéficier d’une rentrée d’argent plus régulière que ce qui était d’usage avec l’Iran par le passé. Le gaz tiré de la phase 11, 400 000 barils par jour en équivalent pétrole, servira essentiellement aux Iraniens, ce qui permet à Total de s'ouvrir les portes de ce vaste marché intérieur.

Le pays s’est montré généreux car il espère que d’autres compagnies pétrolières et gazières suivent l’exemple du groupe français. Longtemps mis au banc de la communauté internationale, l’Iran a besoin du savoir-faire technologique des majors étrangères pour exploiter ses ressources off-shore.

La décision de Total est d’autant plus bienvenue qu’elle intervient dans un contexte diplomatique plus difficile pour Téhéran. Le ton a changé à Washington depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, qui a qualifié l’accord de 2015 sur le nucléaire de “catastrophe” et juge que l’Iran appartient encore et toujours à l’axe du mal. Total envoie ainsi un signe aux États-Unis et aux autres compagnies pétrolières qu’il parie sur la stabilité politique et diplomatique, malgré les menaces de Washington. “Je ne serais pas surpris si ENI, Shell, ou encore Gazprom annonçaient un retour en Iran dans les mois qui viennent”, anticipe Chris Hindle.

Pour lui, c’est “une victoire historique des modérés iraniens, qui peuvent ainsi prouver aux conservateurs que leur approche porte des fruits économiques”. Elle le sera encore plus si les autres géants du secteur défient le ton vindicatif de Donald Trump.

 

Première publication : 03/07/2017

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