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FRANCE

La conférence mondiale sur le sida sous la menace des coupes budgétaires

© Alain Jocard, AFP | Conférence de presse de l'Onusida à Paris, le 20 juillet 2017, pour présenter les derniers chiffres sur l'épidémie.

Vidéo par Judith GRIMALDI

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 24/07/2017

Paris est devenue, dimanche, la capitale de la lutte contre le sida avec l'ouverture de la conférence internationale de recherche sur la maladie, dans un contexte de craintes autour des coupes budgétaires prévues par Donald Trump.

La capitale française s'orne d'un ruban rouge. Paris inaugure dimanche 23 juillet, en fin d'après-midi, la conférence internationale de recherche pour la lutte contre le sida. En 2017, l'évènement prend une coloration politique inhabituelle en raison des coupes prévues par Donald Trump dans les financements américains.

Les organisateurs de la conférence, qui réunit la fine fleur de la recherche mondiale jusqu'à mercredi au Palais des Congrès, ont publié une "Déclaration de Paris" pour exprimer leurs craintes, avant même l'ouverture de la réunion. "Pas de fin du VIH sans la recherche et pas de recherche sans des investissements pérennes", proclame ce texte. S'il ne cite pas nommément les États-Unis, ce sont bien eux qui sont visés. "Des vies risquent d'être perdues inutilement", s'inquiète la chercheuse sud-africaine Linda-Gail Bekker, présidente de l'International AIDS Society (IAS), qui coorganise la conférence avec l'agence française de recherche sur le sida, l'ANRS.

>> À lire : rencontre avec le docteur américain qui a décelé les premiers cas de sida

Plus de 830 000 patients privés de soin

Les États-Unis sont historiquement le plus gros contributeur dans la lutte contre le sida, et de loin : ils représentent à eux seuls plus des deux tiers des financements gouvernementaux internationaux. L'an dernier, ils ont consacré 4,9 milliards de dollars (4,2 milliards d'euros) à des programmes de lutte contre le sida, très loin devant le Royaume-Uni (645,6 millions d'euros) et la France (242,4 millions d'euros). Mais le président Donald Trump veut réduire ces dépenses dans le budget 2018, actuellement en discussion au Congrès, pour un montant global évalué à plus d'un milliard de dollars par l'ONG américaine Health Gap.

Il faut "réduire les financements de plusieurs programmes de santé, dont certains concernent le sida, en considérant que d'autres donneurs devraient augmenter leur contribution", a écrit Donald Trump en mai dans un projet de budget. Si elles sont adoptées par le Congrès, ces coupes priveront 830 000 patients, essentiellement africains, d'antirétroviraux, traitements qui empêchent le développement du virus, estime la Kaiser Family Foundation. Elles entraîneront en outre 200 000 nouvelles infections, prévoit cette organisation américaine à but non lucratif spécialisée dans les politiques de santé.

>> À voir – Togo : les "pestiférés" du sida

Parmi les coupes envisagées, une baisse de 17 % de la contribution américaine au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, soit 222 millions de moins qu'en 2017. "Les États-Unis représentent environ un tiers du financement total du Fonds mondial, donc une baisse de 17 % de leur contribution serait vraiment un coup de tonnerre", craint Alix Zuinghedau de Coalition Plus, un regroupement d'associations de lutte contre le sida.

Coalition Plus, Act-Up Paris et Aides ont regretté l'absence du président français Emmanuel Macron à cette conférence, signe selon ces associations d'un "désengagement de la France" "comparable à celui de Donald Trump". "Depuis quelques années, on constate un retrait progressif de la France qui pourtant était historiquement leader dans la lutte contre le sida", déplore sur France 24 Aurélien Beaucamp, président de l'association Aides.

>> À lire : Grâce à la trithérapie, l'espérance de vie des malades du sida a augmenté de dix ans

Deux fois moins de morts depuis 2005 

Les progrès dans la lutte contre le virus sont notables : depuis 2005, le nombre de morts de maladies liées au sida a été divisé par deux dans le monde (un million en 2016), a annoncé jeudi l'Onusida, le programme de coordination de l'ONU. En 2016, 36,7 millions de personnes vivaient avec le VIH et plus de la moitié (19,5 millions) avaient accès aux traitements.

L'an dernier, 19,1 milliards de dollars ont été réunis par des donateurs publics et privés dans le monde pour la lutte contre le sida. Il en faudrait 26,2 pour être sûr d'atteindre en 2020 le but fixé par l'ONU : soit que 90 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, que 90% de ces dernières soient sous traitement, et que parmi celles-ci, 90 % aient une charge virale indétectable. "Nous maximisons l'usage de chaque dollar disponible mais il nous en manque toujours 7 milliards", a déclaré jeudi Michel Sidibé, directeur exécutif de l'Onusida.

Avec AFP

Première publication : 23/07/2017

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