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FRANCE

Entre bourdes et imprécisions, la secrétaire d'État Marlène Schiappa limite son champ d'action

© Martin Bureau, AFP | Marlene Schiappa s'adressant aux députés à l'Assemblée, lors d'une séance de questions au gouvernement, le 5 juillet 2017.

Texte par Aude MAZOUÉ

Dernière modification : 28/07/2017

La secrétaire d'État à l'égalité entre les hommes et les femmes a multiplié les annonces ratées, provoquant tour à tour la colère des associations féministes, des professionnels de la petite enfance et dernièrement, des gynécologues.

Dès le début, les choses ont mal commencé pour Marlène Schiappa. À peine nommée secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes, la jeune femme de 34 ans s’est attirée les foudres de blogeuses féministes. En cause, un ouvrage écrit en 2010, intitulé "Osez l'amour des rondes", qui distille des conseils d'un genre douteux aux femmes en surpoids. Au milieu de clichés sur les "rondes, réputées épicuriennes, gourmandes, douces, joyeuses, coquines, insatiables, […] reines de la sensualité", son livre conseille aux femmes d'être "soumise et sexuelle, c'est la seule façon de plaire". Des recommandations diversement appréciées sur la Toile.

Cette mauvaise entrée en matière semble poursuivre la benjamine du gouvernement. Si l’intéressée a convenu qu’il y avait dans ses écrits des "erreurs de jeunesse", les faux-pas et les maladresses n’ont cessé de se multiplier les semaines suivantes.

Une polémique peut en cacher une autre

Sommée de se justifier le 19 mai pour des propos tenus dans une tribune publiée en 2004 sur le port du voile, la jeune femme provoque un nouveau malaise le 12 juin sur Twitter. Alors qu’une enquête parue dans Le Parisien révèle des faits de harcèlement de rue dans le quartier de La Chapelle-Pajol, dans le nord de Paris, Marlène Schiappa se met en scène dans une robe noire, les cheveux au vent, déambulant dans l’une des rues du quartier incriminé avec pour tout commentaire : "Les lois de la République protègent les femmes, elles s'appliquent à toute heure et en tout lieu. - MS."

Par ce message, la secrétaire d’État entend montrer "qu'il n'existe pas de zones de non-droit pour les femmes dans la République". La communication passe mal et provoque un tollé sur le réseau social. Des femmes victimes de harcèlement voient dans ce message la négation même de leur agression. Le message et les photos sont rapidement supprimés de son compte. Son équipe gouvernementale, gênée aux entournures, plaide un "bug communicationnel".

Autre mois, autres polémiques. Jeudi 19 juillet, lors d'une audition à l'Assemblée nationale, Marlène Schiappa annonce son intention de créer un dispositif de validation des acquis d’expérience (VAE). Une mesure destinée à favoriser le retour au travail des parents, et plus particulièrement celui des mères sans diplôme ni expérience professionnelle. Une fois encore, la proposition suscite une levée de boucliers de la part des professionnels de la petite enfance. Julie Marty-Pichon, coprésidente de la Fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants (FNEJE), fait part de son indignation dans une lettre adressée à la ministre, dans laquelle elle condamne une "annonce qui vient une fois de plus démontrer l'ignorance des enjeux de l'accompagnement des jeunes enfants". […] Il ne suffit pas d'avoir eu des enfants pour accompagner ceux des autres."

Quatre jours plus tard, Marlène Schiappa provoque la bronca des gynécologues. En voulant dénoncer les violences obstétricales faites aux femmes dans un discours prononcé au Sénat, la ministre assure qu'en France, "le taux d'épisiotomie pratiqué atteint les 75 %, alors que l'Organisation mondiale de la santé préconise d'être autour des 20-25 %". Elle ajoute que les épisiotomies non consenties sont "particulièrement pratiquées sur les femmes étrangères, les femmes très jeunes et les femmes handicapées". Ses propos basés sur des chiffres erronés mettent les gynécologues vent debout. "Non Mme la secrétaire d'État, les obstétriciens ne maltraitent pas leurs patientes et entendent à leur tour ne pas l'être par une secrétaire d'État mal informée", rétorque le 24 juillet le professeur Israël Nisand, président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF).

Coupes budgétaires "inquiétantes"

Autant de polémiques qui ne semblent pas émouvoir les responsables d’associations féministes. "Je ne veux pas tomber dans le bashing de Marlène Schiappa et revenir sur ses imprécisions, son style ou ses maladresses, estime Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, interrogée par France 24. Toutes ces polémiques ne doivent pas nous éloigner des vrais sujets que la secrétaire d’État aborde à travers ses interventions, comme les violences obstétricales faites aux femmes ou leur difficile retour à l’emploi."

Caroline De Haas, une autre militante féministe, trouve, elle, intéressant et révélateur la manière dont on relève les bourdes d’une femme au pouvoir, qui plus est chargée du droit des femmes. "Mais qu’importe ses bourdes, poursuit-elle, elle ne peut pas être jugée à l’aune de ces trois mois de mandature. Sa compétence va se mesurer à sa capacité à convaincre le président de la République et le Premier ministre de l’importance de son secrétariat d’État, sur son aptitude à faire changer les choses à la fin de son mandat, et sur le maintien de son budget qui semble sérieusement amputé."

Un décret paru au Journal officiel vendredi 21 juillet a en effet confirmé une coupe budgétaire de 7,5 millions d'euros sur les 27 millions dont son secrétariat d'État dispose. Une mauvaise nouvelle pour toutes les mesures que Marlène Schiappa compte mettre en place, dont sa mesure phare, le congé maternité unique.

Première publication : 27/07/2017

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