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ETATS-UNIS

Moi, "Mooch" et méchant : comment Scaramucci a ébranlé la Maison Blanche

© Studio Graphique France Media Monde | Anthony Scaramucci a été limogé onze jours après avoir été nommé au poste de directeur de la communication.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 01/08/2017

Le limogeage du directeur de la communication de la Maison Blanche, Anthony Scaramucci, a révélé à quel point l'administration Trump était rongée par les guerres de clans et peinait à maintenir une cohésion.

C’est “une grande journée à la Maison Blanche”. Pour Donald Trump, tout va, apparemment, très bien, madame la marquise. C’est du moins ce que le président des États-Unis laisse entendre sur Twitter, mardi 1er août.

Mais croit-il réellement que son fil Twitter est l’unique source d’informations pour les Américains ? Car les médias amis, tels que Fox News, et les républicains au Congrès sont tous sur la même longueur d’onde que le reste du paysage médiatique : il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Trump. La valse des nominations-limogeages qui a culminé par le renvoi du nouveau directeur de la communication Anthony Scaramucci, lundi 31 juillet, dix jours seulement après sa nomination, a renforcé l’impression d’une Maison Blanche qui navigue à vue dans un décor de "commedia dell’arte".

Game of House of Cards

Le passage éclair du météorite “Mooch” - le surnom donné à l’éphémère Monsieur Relation Presse de Donald Trump - a profondément déstabilisé la Maison Blanche. Anthony Scaramucci est venu, a vu et a été vaincu comme un bouffon du roi, perdu en plein milieu de Westeros, le continent imaginaire où se déroule l'action de "Game of Thrones". Son règne de onze jours a eu des airs d’épisode de la série phare de la chaîne HBO avec moins de démembrements, mais davantage d’intrigues.

Les circonstances de son arrivée en disaient déjà long sur l’ambiance au sein de l’administration Trump. La nomination d’Anthony Scaramucci avait été présentée comme la solution pour remettre un peu d’ordre dans les relations entre l’administration Trump et des médias, que son prédécesseur Sean Spicer n’arrivait plus à tenir. Ce financier haut en couleur avait la poigne et le charisme pour faire passer le message du président.

En fait, comme Politico et le New Yorker l’ont rapidement révélé, Donald Trump a utilisé le “Mooch” pour diviser afin de mieux régner. Anthony Scaramucci jouait des coudes pour rentrer à la Maison Blanche depuis l’élection du milliardaire républicain, mais Reince Priebus, alors encore secrétaire général de la Maison Blanche, s’y opposait. Le président a finalement décidé de faire venir le remuant et intrigant homme de Wall Street afin d’infliger un camouflet à Reince Priebus, perçu comme trop proche de l’establishment républicain. Sean Spicer, membre du clan Priebus, n’avait alors d’autre choix que de démissionner. Du pur Game of House of Cards…

Paranoïaque et autofellation

Mais qui sème le “Mooche” récolte la tempête. Loin de ramener l’ordre dans la “press room”, le nouveau directeur de la communication a assuré un show permanent. Son comportement outrancier a même réussi à agacer Donald Trump, pourtant spécialiste des provocations en tout genre. Anthony Scaramucci a commencé par annoncer que dans “un souci de transparence, il effaçait tous ses anciens tweets”. Des vieux messages qui démontraient qu’il avait par le passé : soutenu des mesures pour contrôler la distribution d’armes à feu, applaudi l’Accord sur le climat de Paris et s’était opposé à la construction d’un mur à la frontière mexicaine. Il avait aussi critiqué la candidature de Donald Trump durant la campagne électorale de 2016…

Une broutille comparée à son coup de fil à un journaliste du magazine New Yorker, qui en a tiré un article accablant pour l’administration Trump. Anthony Scaramucci voulait savoir qui avait fait fuiter les détails d’un de ses dîners avec Donald Trump à la presse. Un acte de “traitrise” à ses yeux. Devant le refus du journaliste de révéler ses sources, le “Mooch” s’est alors lancé dans une tirade complotiste dans laquelle il voyait la main de ses deux ennemis jurés – Reince Priebus et le conseiller en stratégie de Donald Trump Steve Bannon – derrière tous ses problèmes. Il assurait qu’il allait avoir leur tête, qualifiant au passage Reince Priebus de “grand paranoïaque” et Steve Bannon d’adepte de l’autofellation.

Il a bien eu celle de Reince Priebus, limogé le 28 juillet, au lendemain de la publication de l’article dans le New Yorker. Mais cette victoire, obtenue à grand renfort d’insultes lui aura finalement coûté très cher. Donald Trump a nommé le général John Kelly au poste de secrétaire général de la Maison Blanche, en remplacement de Reince Priebus. Un fervent adepte de la discipline, dont le premier acte a été de pousser Anthony Scaramucci, jugé trop imprévisible, vers la sortie. Car la chute du “Mooch” n’est pas le fait direct de Donald Trump, mais bien de son secrétaire général. Une preuve supplémentaire que le président peine à contrôler l’agitation en coulisse à la Maison Blanche. Un jeu de massacre qui serait divertissant s’il ne s’agissait pas de la première puissance mondiale.

Première publication : 01/08/2017

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