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Afrique

Mausolées détruits à Tombouctou : la CPI se prononce sur les réparations financières

© Robin Van Lonkhuijsen / ANP / AFP | Amad al-Faqi al-Mahdi a été condamné à neuf ans de prison par la CPI en 2016 pour la destruction de mausolées à Tombouctou.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 17/08/2017

La Cour pénale internationale a tenu pour responsable, jeudi, l'ancien rebelle islamiste Amad al-Faqi al-Mahdi de réparations à hauteur de 2,7 millions d'euros pour la destruction des mausolées de Tombouctou, survenue en 2012 au Mali.

La Cour pénale internationale (CPI) a déclaré jeudi 17 août que le jihadiste malien Ahmad al-Faqi al-Mahdi avait provoqué pour 2,7 millions d'euros de dégâts en faisant détruire les mausolées de Tombouctou, dans le nord du Mali, en 2012, et ordonné le versement de dédommagements aux victimes.

"La chambre ordonne des réparations individuelles, collectives et symboliques pour la communauté de Tombouctou, reconnaît que la destruction des bâtiments protégés a causé de la souffrance aux personnes à travers le Mali et la communauté internationale et estime M. Mahdi responsable pour les réparations à 2,7 millions d'euros", a déclaré le juge Raul Cano Pangalangan dans la lecture de son ordonnance.

“Cette ordonnance de réparation est historique, a déclaré Drissa Traoré, vice-président de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) dans un communiqué. La destruction de l’héritage culturel est reconnue comme étant en soit un crime de guerre, impliquant que ces crimes n’ont pas seulement affecté les habitants et communautés de Tombouctou, mais bien tous les Maliens et, de manière plus large, toute la communauté humaine." Mais, relativise-t-il, "elle ne doit toutefois pas faire oublier les autres crimes commis à l’époque dans la ville, et qui doivent aussi être jugés ”

"Ça a un côté symbolique : Ahmed al-Mahdi n'a pas de moyen, il est indigent, c'est d'ailleurs la Cour qui avait payé sa défense à La Haye, et il existe un fond spécifique lié à la Cour qui a été invité à verser cet argent en attendant que Ahmed Al-Mahdi puisse s'acquitter en partie de cette dette" rapporte Stéphanie Maupas, correpondante de France 24 à La Haye. Elle ajoute qu'il a aussi été condamné à payer un euro symbolique à l'Unesco et à l'État malien.

Par ailleurs, le Fonds au profit des victimes devra présenter avant le 16 février un projet de plan de mise en oeuvre des réparations.

>> À lire : Tombouctou célèbre la reconstruction de ses mausolées, détruits par les jihadistes

Remords et regrets

Le Touareg d'une quarantaine d'années a déjà été condamné en septembre à neuf ans de prison pour avoir "dirigé intentionnellement des attaques" en 2012 contre la porte de la mosquée Sidi Yahia et contre neuf des mausolées de Tombouctou, au nord du Mali. Après avoir plaidé coupable à l'ouverture de son procès, il avait demandé pardon à son peuple pour avoir saccagé ces monuments classés au Patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco, assurant être "plein de remords et de regrets".

Entre le 30 juin et le 11 juillet 2012, des jihadistes maliens ont détruit neuf mausolées et une mosquée à Tombouctou.

Né vers 1975, il était un membre d'Ansar Dine, l'un des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda qui ont contrôlé le nord du Mali pendant environ dix mois en 2012, avant d'être en grande partie chassés par une intervention internationale déclenchée en janvier 2013 par la France.

En tant que chef de la Hisbah, la brigade islamique des moeurs, il avait ordonné et participé aux attaques contre les mausolées, détruits à coups de pioche, de houe et de burin.

Le Procureur de la CPI doit se rendre au mali le mois prochain afin de relancer les enquêtes menées sur l'ensemble des crimes commis dans le Nord du pays pendant l’occupation djihadiste de 2012/2013.

 

Avec AFP

 

Le patrimoine de Tombouctou

Lors de la prise de Bamako par le mouvement Ansar Eddine, début mai, deux mausolées de Tombouctou sont profanés : celui du saint Sidi Mahmoud Ben Amar et celui de Mahamane Tamba-Tamba. Cette atteinte aux lieux sacrés de l’islam du Mali, haut lieu du patrimoine mondial protégé par l’Unesco, a alarmé les artistes et les intellectuels du pays, ainsi que la communauté internationale. L’Unesco a envoyé une mission à Tombouctou, fin mai, pour inciter les rebelles à laisser intacte l’ancienne cité, dont les fondements remontent au XIe siècle et dont les trois grandes mosquées témoignent de l’âge d’or de Tombouctou au XVIe siècle. L’organisation internationale cherche également à protéger les mausolées et les manuscrits, pour certains pré-islamiques, écrits en arabe ou en peul par des savants originaires de l'ancien empire du Mali. Les responsables d’Ansar Eddine ont fait savoir à l’Unesco qu’ils avaient compris le message et qu’ils ne toucheraient pas aux manuscrits.

Peu après cet échange entre l’organisation internationale et les rebelles d’Ansar Eddine, un symbole laïc a été détruit : des islamistes en armes ont obligé des civils à détruire des reliefs du monument des martyrs, le 23 mai dernier. Aucun dommage des monuments historiques n’a été signalé depuis. Fin juin, le comité du patrimoine mondial se réunira à St Pétersbourg pour examiner l’état du patrimoine mondial. Le Mali demande à ce que les lieux sacrés de Tombouctou soient inscrits sur la liste du patrimoine en péril.

 

Première publication : 17/08/2017

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