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États-Unis : l'alt-right, ce mouvement d'extrême droite qui veut rendre le "racisme cool"

© Chip Somodevilla, AFP | Un manifestant nationaliste défie les contre-manifestants à Charlottesville, le 11 août 2017.

Texte par Charlotte OBERTI , , correspondante à New York

Dernière modification : 19/08/2017

Ultra-connectés et politiquement incorrects, les jeunes suprémacistes blancs de la mouvance Alt-Right se font entendre aux États-Unis, mais peinent à expliquer qui ils sont. Décryptage.

“Aujourd’hui, si on est républicain, on est forcément traité de suprémaciste blanc ou de néonazi”, twitte avec mauvaise foi, jeudi 17 août, Ashley, une Américaine conservatrice. Cette jeune femme aux dizaines de milliers de followers, qui se défend mollement d’idées racistes, fait pourtant partie du mouvement de droite dure alt-right, qui prône la supériorité des Blancs sur tous les autres êtres humains.

“Alt-right”, signifiant alternative right, soit droite alternative, est un mouvement qui existe depuis 10 ans aux États-Unis mais était encore peu connu il y a un an. Depuis la campagne présidentielle américaine de 2016, marquée par une rhétorique dure et politiquement incorrecte, le mouvement vit ses heures de gloire. Le 12 août, ses membres étaient présents, au côté de néonazis et de membres du Ku Klux Klan, à la manifestation nationaliste intitulée “Unifier la droite” à Charlottesville, en marge de laquelle une militante antifasciste a été tuée.

“Nationalistes blancs, conspirationnistes, trolls de réseaux sociaux”

À l’origine de l’expression alt-right se trouve Richard Spencer, un militant d’extrême droite de 39 ans, qui lance le mouvement à la fin des années 2000. Sur le site Internet “Alt-Right”, il affiche ses points de vue - entre autres - xénophobes, sexistes et homophobes et, depuis peu, on peut même y lire un “manifeste politique”.

“La race est la base de notre identité”, écrit Richard Spencer, évoquant le terme d’”Aryens” et énonçant les valeurs chères à ses yeux : pro-Amérique blanche, anti-homosexuels, anti-féminisme, anti-réfugiés, pro-armes. Concrètement, ce militant prône l’instauration d’une nouvelle société, “un ethno-État” blanc qui serait un lieu de rassemblement pour tous les Européens, moyennant une épuration ethnique que l’intéressé qualifie volontiers de “pacifique”.

“Ce sont des racistes et des antisémites”, résume pour sa part l’Anti Defamation League, une ONG luttant contre les discriminations.

En octobre 2016, un journaliste du New Yorker, Andrew Marantz, fustigeait quant à lui l’absence d’idéologie propre à Alt-Right : “C’est un rassemblement de nationalistes blancs, néo-monarchistes, masculinistes, conspirationnistes, nihilistes agressifs et trolls sur les réseaux sociaux. [Alt-Right] n’est qu’une étiquette (...) En gros, ce sont des conservateurs et des réactionnaires actifs sur Internet et trop anti-système pour être dans le parti républicain.”

Moins démodé que le Ku Klux Klan

Une nouvelle étiquette collée sur un concept ancien. La ligne d’Alt-Right suit en effet celle des suprémacistes blancs aux États-Unis : selon eux, les Blancs sont supérieurs aux Noirs, aux Hispaniques, aux Asiatiques, aux Arabes ou encore aux Juifs.

Si ces discours n’ont rien de nouveau, ce mouvement dont le nom sonne high-tech se veut plus branché que les traditionnels groupes d’extrême droite, tels que le Néonazisme ou le poussiéreux Ku Klux Klan, dont l’Alt-Right ne se différencie du reste guère.

Richard Spencer est connu pour avoir lancé un “Hail Trump!” hitlérien le 21 novembre 2016 à Washington, devant une foule effectuant des saluts nazis. L’Alt-Right s’inspire également du KKK en brandissant des torches de feu de façon menaçante lors de rassemblements.

Richard Spencer lance "Hail Trump!" le 21 novembre 2016 à Washington

Selon le Southern Poverty Law Center (SPLC), le Klan, qualifié de plus vieux “groupe de haine” présent sur le sol américain, ne compte désormais plus que 5 000 à 8 000 membres, répartis dans 130 groupuscules, contre quatre millions au milieu des années 1920. Anti-Noirs-Américains à l'origine, le KKK a ensuite élargi son champ de bataille aux juifs, immigrés, homosexuels et aux catholiques, rappelle cet observatoire de l’extrémisme aux Etats-Unis. Sans toutefois attirer la nouvelle génération d’identitaires.

L’Alt-Right, lui, veut rendre “le racisme cool”, selon le magazine américain Mother Jones, en s’appuyant sur une forte communauté sur les forums Reddit et 4chan, ainsi que des blogs. Certains anciens membres du KKK, tels que le soutien de Donald Trump David Duke, ont quitté leur costume blanc et pointu pour rejoindre le nouveau mouvement.

Contours flous

Toutefois, ces liens avec d’autres mouvances semblent être un poids dans le développement de Alt-Right, dont les ambitions restent floues. Sur Twitter, Ashley assure que “cela va sans dire que toute personne moderne condamne le Nazisme”. Contactée par France 24, elle refusera toutefois de réagir sur les liens présumés entre les deux mouvances.

D’autres personnes associées au groupuscule nationaliste taisent même leur lien avec Alt-Right. Ainsi, les rédacteurs en chef du site Breitbart News se défendent désormais d’être “la plateforme d’Alt-Right”. C’était pourtant ce qu’avait affirmé Steve Bannon, l’ancien conseiller stratégique de Donald Trump congédié vendredi 18 août, lorsqu’il en était le patron en juillet 2016.

Alt-Right serait-il une mauvaise publicité pour lui-même? Quoi qu’il en soit, début 2017, un courant un tantinet moins radical s'est créé : Alt-Lite. Selon le SPLC, 917 groupes de haine sont actuellement actifs sur le territoire américain, contre 457 en 1999.

Première publication : 19/08/2017

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