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"Au revoir, là-haut", fresque exubérante et baroque de la Grande Guerre signée Dupontel

© AFP / Par Régine LAMOTHE | De G à D: l'écrivain Pierre Lemaitre, le comédien Argentin Nahuel Pérez Biscayart, le comédien et réalisateur Albert Dupontel, les acteurs Émilie Dequenne et Niels Arestrup, le 22 août 2017 à Angoulême sont venus présenter le film "Au revoir la-haut"

ANGOULÊME (AFP) - 

"Au revoir, là-haut", présenté mardi soir en avant-première, au festival du Film Francophone d'Angoulême (FFA), est une fresque exubérante et baroque de la Grande Guerre, librement adaptée par Albert Dupontel du roman de Pierre Lemaitre, prix Goncourt 2013.

Novembre 1919, deux rescapés des tranchées, l'un dessinateur de génie, l'autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts dans la France des Années folles...

Dans une des toutes premières scènes de ce film, qui sort en salles le 25 octobre, Dupontel -- alias Albert Maillard dans le film -- annonce la couleur: "c'est une longue histoire compliquée".

C'est effectivement au fil d'un long flash-back et d'une intrigue à rebondissements multiples que cette tragédie burlesque dénonce la puissance de la banque, le carnage inutile de la guerre, et la corruption d'un système qui en tire profit.

"C'était il y a un siècle mais ça ressemble furieusement à notre époque", résumait récemment pour le JDD le réalisateur, qui n'a pas souhaité s'exprimer lors de l'avant-première.

Mais l'art salvateur est là pour défier le siècle et exposer ses turpitudes. Un art incarné par un jeune Argentin Nahuel Pérez Biscayart, révélé à Cannes par "120 battements par minute" de Robin Campillo, autre film très attendu de cette rentrée cinématographique.

Dans le film de Dupontel, Nahuel Pérez Biscayart incarne Édouard Péricourt, caricaturiste surdoué et fils d'un puissant banquier (Niels Arestrup). A la veille de l'armistice, un obus déchire son visage et transforme en un éclair le bel artiste flamboyant en "gueule cassée", que l'on ne verra plus que derrière une collection de masques de douleur, de rage, et parfois de joie.

- Carte blanche à Dupontel -

Pierre Lemaitre a donné carte blanche à Dupontel qui lui a soumis scrupuleusement toutes les versions du scénario. Le roman offrait "un tel mélange de rebondissements, de descriptions visuelles, de dialogues exceptionnels" que le cinéaste n'a eu qu'à piocher "dans ce merveilleux coffre à jouets".

"Et le verbe élégant de Pierre, explique encore Dupontel au JDD, m'a permis de laisser de côté ma +trashitude+". A l'exception de cette scène où l'on voit s'enchaîner en gros plan le visage sanguinolent du héros et un morceau de viande rouge mouliné dans un hachoir, pour mieux expliciter la boucherie des tranchées.

Le cinéaste et comédien belge Bouli Lanners devait tenir le rôle principal d'Albert Maillard. Mais après sa défection, Dupontel n'a trouvé que lui-même pour incarner à sa place ce "loser magnifique".

Émilie Dequenne, personnage clef du film qui joue la soeur du jeune Péricourt, explique à l'AFP comment elle fut associée à l'aventure. "J'ai reçu un SMS d'Albert, très factuel, et j'ai d'abord cru à une blague tellement il était poli et presque scolaire". L'actrice révélée par les frères Dardenne n'avait pas lu le roman de Lemaitre, qu'elle rencontre "pour la première fois" à Angoulême. "C'est bien parce qu'Albert m'a emmenée dans son univers à lui, ce qui m'a permis de travailler avec son scénario comme unique référence".

Pour Niels Arestrup, le premier critère de choix fut "d'abord de travailler avec Albert, parce que je suis un grand admirateur de son travail, et de l'homme, même s'il est parfois difficile".

Le choix de ce film pour l'inauguration de la dixième édition s'est immédiatement imposé pour Dominique Besnéhard, co-fondateur du festival: "Dupontel, c'est l'ironie, le baroque, et le souffle qu'il n'y a plus dans le cinéma français".

Par Régine LAMOTHE

© 2017 AFP