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Amériques

Bras de fer entre l'ONU et le président du Guatemala, soupçonné de corruption

© Carlos Alonzo, AFP | Des manifestants demandent la démission du président Jimmy Morales et apporte leur soutien au magistrat colombien, Ivan Velasquez, le 27 août 2017.

Vidéo par Laure WAGNER

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 28/08/2017

La Cour constitutionnelle du Guatemala a suspendu, dimanche, l'ordre du président Jimmy Morales d'expulser un magistrat colombien. Ce dernier dirige une mission de l'ONU contre la corruption au sein de cet État d'Amérique centrale.

L’enquête sur le président du Guatemala, Jimmy Morales, va se poursuivre. La Cour constitutionnelle du pays a en effet décidé, dimanche 27 août, de suspendre l'ordre du chef d’État d'expulser un magistrat colombien, à la tête d'une mission des Nations unies pour éradiquer la corruption au sein de l'État guatémaltèque.

"Cette cour accorde la protection provisoire sollicitée et la décision du président de la République est suspendue", a déclaré à la presse Francisco de Mata, président de la Cour constitutionnelle, suite au recours déposé contre l'expulsion de Ivan Velasquez. Ce magistrat colombien dirige la Commission internationale contre l'impunité au Guatemala (CICIG), un organisme de l'ONU créé en 2006.

Coup pour coup

Vendredi, Ivan Velasquez et la procureure générale du Guatemala, Thelma Aldana, avaient entamé devant la Cour suprême une procédure de levée de l'immunité du président Morales, soupçonné de financement illégal de sa campagne électorale en 2015.

Jimmy Morales avait répliqué en demandant son expulsion. "Dans l'intérêt du peuple du Guatemala, du renforcement de l'État de droit et des institutions, je déclare M. Ivan Velasquez Gomez persona non grata. J'ordonne qu'il quitte immédiatement la République du Guatemala", avait annoncé dimanche le président dans une brève vidéo sur les réseaux sociaux.

Le message du président du Guatemala

Dans un communiqué, quelques heures plus tard, le chef de l'État guatémaltèque a justifié sa demande en affirmant que M. Velasquez avait "excédé les limites de son mandat en s'immisçant dans des affaires internes qui sont seulement du ressort de l'État du Guatemala, via l'Assemblée nationale".

L’ONU se dit choquée

Dans un communiqué, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s'est dit "choqué" par la décision de Jimmy Morales, tout en renouvelant sa "pleine confiance" en Ivan Velasquez.

Dans son message vidéo, le président guatémaltèque a aussi annoncé le limogeage du ministre des Affaires étrangères, Carlos Raul Morales, qui avait refusé d'exiger le départ d'Ivan Velasquez lors d'un entretien à New York avec Antonio Guterres.

En 2015, la CICIG et le parquet guatémaltèque avaient révélé un scandale de corruption au sein des douanes qui avait entraîné la démission puis l'incarcération du président de l'époque, Otto Perez, accusé d'être à la tête d'un réseau qui encaissait des pots-de-vin pour fermer les yeux sur des cas de fraudes fiscales.

Jimmy Morales, ancien acteur comique novice en politique, avait gagné l'élection présidentielle anticipée qui avait suivi, et ce sur la promesse d'éradiquer la corruption, profitant de la colère populaire envers la classe politique traditionnelle.

Avec AFP

Première publication : 28/08/2017

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