Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

LE DÉBAT

Nicaragua : la fuite en avant d'Ortega

En savoir plus

À L’AFFICHE !

"Paul Sanchez est revenu" et "Fleuve noir" : noir, c'est noir

En savoir plus

EXPRESS ORIENT

Israël, "État-nation du peuple juif" : un projet de loi controversé

En savoir plus

FOCUS

Pour trouver un emploi, les jeunes Chinoises passent sous le bistouri

En savoir plus

FACE À FACE

Mondial-2018 : une victoire pour les Bleus... et Emmanuel Macron ?

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Michel Sidibé : "On a une crise au niveau de la prévention" du sida

En savoir plus

L'ENTRETIEN DE L'INTELLIGENCE ECONOMIQUE

Mines en Guyane : le projet Montagne d'or "inacceptable" pour les autochtones

En savoir plus

DANS LA PRESSE

"Donald Troll"

En savoir plus

DANS LA PRESSE

Après la victoire des Bleus, "comment entretenir la flamme ?"

En savoir plus

EUROPE

La police britannique rouvre l’enquête sur le meurtre d’un célèbre caricaturiste palestinien

© Metropolitan Police | Le caricaturiste palestinien Naji al-Ali a été assassiné il y a trente ans.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 30/08/2017

La police britannique a décidé de rouvrir l’enquête sur l’assassinat de l’un des plus célèbres caricaturistes du monde arabe, Naji al-Ali, trente ans après sa mort.

Le 22 juillet 1987, à 17 h, l’un des plus célèbres caricaturistes du monde arabe, le Palestinien Naji al-Ali s’effondre sur le trottoir d’Ives Street dans le quartier londonien de Chelsea. Il vient d’être mortellement blessé, touché à bout portant à la tempe par un tireur dont l’identité n’a jamais été découverte. Le dessinateur décèdera le 29 août 1987, après être resté un mois dans le coma.

Trente ans plus tard, jour pour jour, la police britannique a décidé de rouvrir l’enquête. Elle a vieilli, pour l’occasion, le portrait-robot d’un suspect vu sur les lieux du crime. Les enquêteurs n’ont pas précisé si de nouveaux éléments justifiaient la réouverture de l’affaire. “Les choses changent beaucoup en trente ans ; des allégeances ont pu évoluer et des personnes qui n’avaient pas envie de parler à l’époque sont peut-être prêtes à fournir maintenant des informations cruciales”, a déclaré Dean Haydon, le patron de l’unité de contre-terrorisme de la police de Londres dans un communiqué.

La piste de l’agent double

Cette déclaration quelque peu cryptique fait référence à la sensibilité du dossier de Naji al-Ali. Très populaire dans le monde arabe, le dessinateur n’hésitait pas à critiquer les puissants de la région qu’ils soient israéliens, palestiniens, iraniens ou originaires d’autres pays. “Des gens alors très impliqués sur la scène politique arabe – et qui le sont moins aujourd’hui – peuvent détenir des informations qu’ils n’ont pas voulu partager à l’époque”, a précisé Osama al-Ali, le fils du caricaturiste, interrogé par le site qatari d’information Al-Jazira. “Il reste beaucoup de questions sans réponse qui nous empêchent de finir de faire notre deuil et nous espérons que la réouverture de l’enquête nous permettra de comprendre ce qui s’est réellement passé”, a souligné Osama al-Ali dans un vidéo mise en ligne par la police britannique.

Les circonstances exactes du meurtre n’ont jamais pu être établies. Les enquêteurs britanniques avaient arrêté un étudiant palestinien chez qui ils avaient trouvé une cache d’armes. Ils le pensaient lié à l’OLP, ce que l’organisation du leader palestinien Yasser Arafat avait nié. Le suspect avait ensuite affirmé être un agent double qui travaillait à la fois pour l’OLP et pour le Mossad (le service de renseignement israélien). Le refus des espions israéliens de collaborer à l’enquête avait alors provoqué l’ire de la Première ministre Margaret Thatcher, qui avait ordonné l’arrêt temporaire des activités du Mossad à Londres.

Le symbole Handala

Naji al-Ali s’était fait des ennemis hauts placés avec ses caricatures au fil des ans. Un mois avant son assassinat, un haut responsable de l’OLP l’avait appelé pour lui conseiller de “changer d’attitude, sinon on [allait] s’occuper de [lui]”, a raconté la BBC. Il a reçu plus de 100 menaces de mort durant sa carrière, avait affirmé un porte-parole d’Al-Qabas, le journal du Koweït, pour lequel le caricaturiste travaillait avant son décès.

Cette “attitude” est ce qui l’a rendu célèbre et vaut à ses dessins d’être encore aujourd’hui reproduits sur des murs dans les Territoires palestiniens. Sa liberté de ton a permis à ses dessins “d’être repris dans des journaux proches des Frères musulmans et aussi d’être accrochés dans des bars communistes à Beyrouth”, explique Jonathan Guyer, un expert de la bande-dessinée dans le monde arabe à Harvard, interrogé par le New York Times.

Des Palestiniens passent devant une fresque mural à Rafah, dans la bande de Gaza, représentant le personnage Handala tenant les clefs de la ville de Jérusalem. © Said Khatib, AFP

Son œuvre la plus célèbre, qui est aussi devenue une signature pour bon nombre de ses dessins, est la caricature d’un enfant réfugié palestinien baptisé Handala. Naji al-Ali avait expliqué que ce petit garçon le représentait, lui, lorsqu’il avait dû quitter son pays d’origine et qu’il ne le ferait grandir que lorsqu’il pourrait y retourner. Avec le temps Handala est devenu un symbole de la cause palestinienne et il a aussi été adopté dans d’autres pays, notamment en Iran par les militants du mouvement Vert, lors du soulèvement après les élections de 2009.

Première publication : 30/08/2017

  • PROCHE-ORIENT

    Un demi-siècle après la guerre des Six-Jours, Israéliens et Palestiniens plus opposés que jamais

    En savoir plus

  • MAROC

    Maroc : le caricaturiste Khalid Geddar demande une protection après des menaces de mort

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)