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Afrique

L’activiste Kémi Séba acquitté au Sénégal après avoir brûlé des francs CFA

© Franck Fife, AFP | Kémi Séba lors de son procès à Dakar, mardi 29 août.

Vidéo par Margot CHEVANCE

Texte par Florence RICHARD

Dernière modification : 30/08/2017

L’activiste franco-Béninois Kémi Séba a été acquitté mardi par un tribunal de Dakar, où il était poursuivi pour avoir brûlé un billet de 5 000 francs CFA lors d'une manifestation contre la Françafrique, le 19 août, dans la capitale sénégalaise.

À l'issue de plus de deux heures de débats parfois houleux, le président du tribunal des flagrants délits de Dakar, au Sénégal, a prononcé mardi 29 août la relaxe de Kémi Séba. L'activiste franco-béninois, de son vrai nom Stellio Capo Chichi, était poursuivi pour avoir brûlé un billet de 5000 francs CFA (7,6 euros) lors d'une manifestation contre la Françafrique organisée le 19 août dans la capitale sénégalaise. Un autre homme, poursuivi pour complicité pour lui avoir fourni un briquet, a également été relaxé.

Figure du radicalisme noir et adepte de la souveraineté africaine, Kémi Séba était en détention préventive depuis son arrestation à Dakar le 25 août. Il a revendiqué devant le tribunal un acte "symbolique". "L'objet de la manifestation était d'exposer les méfaits de la Françafrique", a-t-il déclaré, se comparant à la militante américaine des droits civiques Rosa Parks.

>> À lire sur Les Observateurs : En soutien à un activiste panafricain, des internautes brûlent des francs CFA

Le parquet avait réclamé à son encontre une peine de 3 mois de prison avec sursis et la relaxe de son coprévenu.

"Pour l'avocat de la défense, la décision du tribunal se base sur une imprécision de l'article 411 du code pénal sénégalais. Le délit d'avoir brûlé un billet de 5 000 francs CFA n'était pas constitué", précise la correspondante de France 24 au Sénégal, Margot Chevance. En effet, le code pénal sénégalais punit la destruction "des" billets de banque, mais non d'un seul.

Les avocats du militant ont aussi porté le débat sur la légitimité du franc CFA ou sur le rôle des anciennes puissances coloniales en Afrique, en particulier la France.

"C'est la jeunesse qui pose le débat sur la table"

Une centaine de partisans de Kémi Séba, évacués de la salle d'audience pour avoir applaudi une intervention de l'ex-leader de la Tribu Ka, groupuscule dissous en France en 2006 pour antisémitisme et incitation à la haine raciale, ont bruyamment salué l'annonce de la relaxe, scandant des slogans comme "À bas la Françafrique", "À bas le CFA".

"Pour eux, le combat ne doit pas s'arrêter là, ce n'est qu'un début. L'objectif est la sortie immédiate du franc CFA. La libération rapide de leur leader n'est qu'un symbole", a constaté la journaliste de France 24.

Kémi Séba, qui réside au Sénégal et s'est présenté à la barre comme "chroniqueur politique", était poursuivi sur la base d'une plainte de la Banque centrale des États d'Afrique de l'Ouest (BCEAO), dont le siège est à Dakar. Elle réclamait un franc symbolique en guise de dommages et intérêt.

La BCEAO est l'institut d'émission en Afrique de l'Ouest du franc CFA, monnaie de 14 pays francophones de l'ouest et du centre du continent, totalisant 155 millions d'habitants.

>> Kako Nubukpo : "Le franc CFA est un outil de la servitude volontaire"

Les avocats de la BCEAO ont accusé Kémi Séba de "semer la confusion" sur la politique monétaire de l'institution et affirmé qu'il était "archi-faux" de dire que Paris disposait d'un "droit de véto" sur ses décisions. Les représentants de la banque centrale ont aussi dit craindre que ses émules brûlent des billets en francs CFA, comme certains l'ont fait lundi à Cotonou, au Bénin, le pays dont est originaire Kémi Séba.

"C'est la jeunesse qui pose le débat sur la table et qui veut juste que l'Afrique puisse décider elle-même de son sort, de son avenir, de sa politique économique, et que ce ne soit plus le fait d'une puissance tierce, d'une puissance étrangère comme la France", a ajouté le coordinateur stratégique de l'ONG Urgences Panafricanistes, fondée par Kémi Séba.

Avec AFP

Première publication : 30/08/2017

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