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Fin de la protection des "Dreamers" aux États-Unis : "C'est de ma vie qu'il s'agit"

© Yona Helaoua, France 24 | Rassemblement devant la Maison Blanche pour défendre les "Dreamers", mardi 5 septembre 2017.

Vidéo par Cécile GALLUCCIO

Texte par Yona HELAOUA , , correspondante à Washington

Dernière modification : 06/09/2017

Quelques centaines de personnes se sont rassemblées, mardi, devant la Maison Blanche pour défendre les "Dreamers", ces jeunes sans-papiers jusqu'ici protégés par un programme que l'administration Trump vient de supprimer. Témoignages.

Quand il voit un journaliste l’approcher, Carlos Esteban, 31 ans, s’excuse : "Je suis un peu fatigué et nerveux", explique à toute vitesse cet étudiant originaire de Virginie. En cette matinée du mardi 5 septembre, il fait partie des quelques centaines de manifestants devant la Maison Blanche. Le ministre de la Justice doit alors annoncer d'une minute à l'autre la fin de la protection des "Dreamers", ces jeunes sans-papiers bénéficiant jusqu'ici du programme DACA (Consideration of Deferred Action for Childhood Arrivals), mis en place par Barack Obama. Il permet aux enfants de moins de 16 ans, entrés illégalement aux États-Unis avec leurs parents, d'avoir un accès à l'éducation et au marché du travail.

>> À lire aussi : Trump met fin au programme de protection des jeunes migrants clandestins

Sans DACA, dont il est bénéficiaire, Carlos Esteban est perdu : "J’ai grandi ici et je suis élève infirmier, raconte-t-il. Je dois être diplômé en 2018. Sans DACA, je ne pourrai pas exercer mon métier, ni aider les autres car je pourrais être expulsé." Le jeune homme imagine déjà la suite : "Si DACA n’existe plus, mon rêve sera brisé. Je n’aurai plus le droit de conduire, de travailler, de payer mes impôts… Il faut que les gens sachent que je n’ai pas droit à l'Obamacare ni aux prêts étudiants. Je cumule deux boulots pour payer mes études, 6 000 dollars par semestre. C’est très important pour moi, c’est de ma vie qu’il s’agit. Sans DACA, je ne suis rien."

"No tengo papeles, no tengo miedo." ("Je n’ai pas de papiers, je n’ai pas peur."). À la tribune improvisée devant la Maison Blanche, les porte-parole de plusieurs associations se succèdent pour expliquer leur combat. À 11 heures locales, de nombreuses personnes dans la foule suivent en direct sur leur mobile la déclaration de Jeff Sessions, annonçant officiellement la fin du programme DACA pour ses 800 000 bénéficiaires. L’administration Trump demande au Congrès de légiférer sur la question dans un délai de six mois. Bien qu’ils s’attendissent à cette annonce, les porte-parole se sont effondrés en larmes. Puis les manifestants ont prié devant les caméras des journalistes.

"Ici, c’est chez moi et je compte bien rester"

Un peu plus loin, Ambar Pinto, la vingtaine, n’a pas encore entendu la nouvelle. Nous lui apprenons ce qu’elle craignait déjà depuis plusieurs jours. "Cette administration est du côté des suprémacistes blancs, réagit-elle, hagarde. Nous allons prendre un moment pour digérer et cicatriser, mais nous allons nous battre." Ambar a quitté la Bolivie pour le Mexique, avant d'arriver aux États-Unis avec ses parents en 2005, à l’âge de 12 ans. Elle travaille aujourd’hui pour United We Dream, une association de défense des "Dreamers". Après l’annonce de mardi, pas question pour elle de fuir. "Je n’irai nulle part. Ici, c’est chez moi et je compte bien rester." L'objectif : convaincre le Congrès américain de protéger les "Dreamers". "Nous sommes là pour dire à cette administration que nous ne retournerons pas dans l’ombre, nous ne retournerons pas dans la peur. Nous allons nous unir et prendre la rue jusqu’à la victoire."

Elle peut compter sur le soutien d’Alaide Vilchis Ibarra, qui travaille dans une association religieuse où elle s’occupe de la protection des sans-papiers. "Je ne pouvais pas rester dans mon bureau, il fallait que je sois là avec des membres de ma communauté", témoigne-t-elle, essuyant quelques larmes. Dans sa famille, certains bénéficient de DACA : "Ma cousine est aux États-Unis depuis l’âge de quatre ans. Elle a reçu des tas de récompenses scolaires. Elle étudie pour être biologiste." Que faire pour la protéger ? "La prochaine étape, c’est de faire pression sur le Congrès et les républicains durant les six prochains mois. Je sais que beaucoup d’entre eux soutiennent les 'Dreamers'. Il est temps qu’une loi soit votée pour régulariser la situation de ces enfants." En attendant, l’inquiétude domine. "Ma famille va se sentir très vulnérable pendant cette période. Ils ne pourront pas se promener dans la rue sans avoir peur."

Fatima Claros partage ce sentiment. Elle tient une pancarte avec des photos de ses deux jeunes frères, renvoyés au Salvador en août : "Ils sont arrivés trop tard aux États-Unis pour être éligibles au programme DACA", explique-t-elle. Ce n’est pas son cas : "Je suis arrivée dans ce pays à l’âge de 12 ans. Aujourd’hui j’étudie pour devenir assistante médicale, et je compte bien continuer le semestre prochain. Je ne peux pas croire que le président puisse nous faire ça." La jeune femme est d’autant plus terrorisée qu’elle a un enfant de six mois : "J’ai peur de ne plus jamais revoir mon bébé si je suis expulsée", souffle-t-elle.

Première publication : 05/09/2017

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