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FRANCE

La mère d’un jihadiste français jugée pour financement du terrorisme

© Capture écran France 24 | Nathalie Haddadi est jugée par le parquet anti-terroriste du tribunal correctionnel de Paris pour financement du terrorisme.

Vidéo par Karim HAKIKI

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 05/09/2017

Le tribunal correctionnel de Paris jugeait, mardi, une mère française qui a envoyé de l’argent à son fils radicalisé. Nathalie Haddadi affirme avoir ignoré qu'il avait rejoint un groupe jihadiste en Syrie. Elle risque jusqu'à dix ans de prison.

Une mère de famille comparaissait, mardi 5 septembre, devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir envoyé de l’argent à son fils aîné radicalisé et parti faire le jihad. Celui-ci serait mort en Syrie en août 2016.

"Ce procès pourrait faire exemple, le parquet anti-terroriste entend utiliser tout l’arsenal juridique et notamment l’arme financière pour dissuader les familles d’aider ceux qui sont partis faire le jihad en Syrie" explique Karim Hakiki, le journaliste de France 24 présent à l'audience.

Poursuivie pour financement de terrorisme aux côtés de son fils cadet, Nathalie Haddadi, clame son innocence. Elle affirme que les 5 500 euros adressés à son aîné – dont 850 euros en billets d’avion vers l’Algérie et la Malaisie – n’étaient pas destinés à soutenir son activité terroriste dont elle ignorait l’existence. "J’ai juste essayé d’aider mon fils", a-t-elle affirmé tendue, les larmes aux yeux, lors de l’ouverture de son procès.

" Pour moi c'est une double peine"

Savait-elle que son fils voulait rejoindre la Syrie ?

Pour son avocat, Maître Hervé Denis, il s’agit d’une "aberration". Il ne comprend pas pourquoi le parquet poursuit sa cliente "puisqu’elle n’a fait qu’aider son fils qui était en train de voyager". "Toute la question est de savoir si cette femme a envoyé de l’argent à son fils en sachant qu’il était en Syrie", explique Karim Hakiki.

Le fils de Nathalie Haddadi, Abbes, 19 ans à l'époque, s’est radicalisé en 2014 à la maison d’arrêt de Strasbourg, où il a purgé plusieurs peines en lien avec un trafic de drogue. À sa sortie, la mère de famille, qui vit à proximité de Strasbourg, va essayer d'en informer la police, mais elle dit qu’elle n’obtiendra aucune assistance de leur part. "Ils m’ont écoutée mais mon alerte est restée sans effet. Ensuite, j’ai décidé d’envoyer Abbes chez son père en Algérie, dans l’espoir qu’il fasse sa vie là-bas", confie-t-elle au Parisien.

De l’Algérie à la Syrie en passant par l’Iran

À partir de novembre 2015, son fils entreprend de nombreux voyages. Il passe par l’Allemagne, l’Algérie, la Malaisie, les Émirats arabes unis et l’Iran. C’est à ce moment-là que sa mère lui envoie de l’argent, pensant qu’il se trouve en Malaisie. Il aurait ensuite rejoint la Turquie.

Abbes finit par lui donner des nouvelles une fois qu’il se trouve en Syrie. Elle apprend sa mort en août 2016 par un message envoyé depuis la messagerie Viber pour la féliciter, car son fils est considéré par les jihadistes comme un "martyr". Nathalie Haddadi n’informera pas les autorités françaises du décès de son fils, de peur des représailles judiciaires, avant que les services de renseignement ne finissent par remonter jusqu’à elle.

Première publication : 05/09/2017

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