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Amériques

Ouragan Irma : anatomie d’un des cyclones les plus violents de l’Histoire

© Lionel Chamoiseau, AFP | Une plage de Saint Martin peu avant le passage de l'ouragan Irma.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 07/09/2017

Irma, de catégorie 5, a balayé les îles françaises de l’archipel des Antilles mercredi. Des terres qui n’avaient jamais été frappées par un ouragan d'une telle intensité. Selon les experts, c'est surtout la précocité du phénomène qui surprend.

L’ouragan des superlatifs. Le cyclone Irma, qui a atteint les côtes des îles françaises de Saint-Barthélemy et Saint-Martin, mercredi 6 septembre au matin, a été qualifié de "sans précédent" ou encore "d’historique".

C’est vrai et faux à la fois. Cet ouragan de catégorie 5 (la plus élevée), avec des rafales de vent frôlant les 250 km/h, est le plus puissant à avoir atteint les îles de l’arc antillais. "Nous avons compilé nos données, qui remontent à 1850, et n’avons pas trouvé trace d’un ouragan de cette force de vent ayant frappé cette région", souligne Jean-Noël Degrace, responsable Météo France Martinique, contacté par France 24.

Un ouragan précoce et particulièrement endurant

Il existe, en revanche, des précédents dans le bassin des Caraïbes, plus à l’ouest. "Ils sont rares, mais il y en a tout de même une dizaine de cette intensité ou même plus violents sur les derniers 40 à 70 ans", précise Philippe Caroff, responsable du centre opérationnel des cyclones tropicaux de La Réunion, contacté par France 24.

Avant Irma, les ouragans majeurs (catégorie 3 et plus) n’atteignaient, en effet, leur puissance maximale qu’après l’arc antillais, en arrivant à hauteur de Puerto Rico, Haïti ou Cuba. "Ce qui fait vraiment sortir ce cyclone de l’ordinaire, c’est cette précocité", confirme Philippe Caroff.

Toutes les conditions météo optimales étaient réunies pour permettre à Irma de rentrer ainsi dans l’histoire. "La température à la surface de la mer – plus chaude que la normale à cette époque –, une certaine humidité de l’air et la structure de vents en haute atmosphère ont permis à cet ouragan de gagner aussi rapidement en puissance”, explique Frank Roux, professeur à l’université Toulouse III, spécialiste des cyclones, contacté par France 24.

Autre particularité de ce cyclone : il est plus endurant que la moyenne de ses confrères les plus violents. "D’habitude, les ouragans restent majeurs entre 12 et 24 heures avant de perdre en puissance, alors qu’Irma était déjà un phénomène de catégorie 4 depuis trois ou quatre jours et qu’il semble capable de conserver une intensité stable dans les jours à venir”, résume Jean-Noël Degrace.

Irma n’est pas Harvey

Une mauvaise nouvelle pour les habitants de la République dominicaine, Cuba et, en bout de course, la Floride. Des territoires sur la trajectoire prévue d’Irma et qui peuvent se préparer à subir des dégâts importants. Les premières images en provenance de Saint-Barthélemy ou Saint-Martin ont montré la capacité destructrice du cyclone.

Cependant, les dégâts attendus n’ont rien à voir avec ceux infligés par Harvey au Texas il y a dix jours, même s’il s’agit dans les deux cas d’ouragans. "Irma est un cyclone encore jeune et au plus fort de sa puissance, le comparer à Harvey serait comme comparer un jeune sportif plein d’avenir à un bureaucrate vieillissant", relève Frank Roux. Harvey a été dévastateur parce qu’il s’est retrouvé coincé plusieurs jours au-dessus de la région de Houston, ce qui a déclenché des pluies torrentielles responsables d’inondations historiques. De son côté, Irma se déplace rapidement et ce sont ses vents très puissants qui sont la source des destructions. En outre, "l’ouragan entraîne une montée de niveau de la mer avec des vagues qui peuvent dépasser les 10 mètres de haut, ce qui peut être catastrophique pour des îles de la région, toutes tournées vers le tourisme”, précise Jean-Noël Degrace.

Harvey et Irma sont, tous les deux, uniques en leur genre. Mais pour l’instant, la saison des ouragans n’est que “légèrement plus active que la moyenne”, assure Frank Roux. Ce spécialiste note cependant qu’il est rare "d’avoir deux cyclones aussi proches dans le temps qui frappent des zones habitées". La dernière fois remonte à 2005… année où Wilma a ravagé le bassin des Caraïbes et que Katrina a dévasté la Nouvelle-Orléans.

Première publication : 06/09/2017

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