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EUROPE

La coalition de droite remporte de justesse les législatives en Norvège

© Marit Hommedal, NTB Scanpix, AFP | La Première ministre norvégienne Erna Solberg dépose son bulletin dans l'urne, lundi 11 septembre, à Bergen.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 12/09/2017

La coalition de droite a remporté lundi soir une victoire étriquée aux législatives norvégiennes. Erna Solberg sera la première conservatrice en plus de 30 ans à effectuer un second mandat.

La droite a remporté les législatives de justesse, lundi 11 septembre en Norvège, permettant à la cheffe du gouvernement Erna Solberg d'être la première conservatrice en plus de 30 ans à rempiler dans le riche pays nordique.

Après décompte de 93,2 % des suffrages, la coalition sortante regroupant conservateurs et populistes du parti du Progrès (anti-immigration) était créditée, conjointement avec ses alliés démocrates-chrétiens et libéraux, d'une courte majorité de 89 sièges sur les 169 que compte le Parlement. "Nous devons rester prudents, mais il semble que l'on aura une majorité non-socialiste", c'est-à-dire de droite, a déclaré Erna Solberg aux militants hurlant "quatre ans de plus", avant un lâcher de cotillons.

Son camp est en passe de perdre sept mandats par rapport à 2013, mais le score paraît suffisant pour arracher la victoire dans ce "thriller électoral" annoncé par les éditorialistes ces dernières semaines.

Le principal opposant d’Erna Solberg, le travailliste Jonas Gahr Støre, a concédé la défaite à demi-mot et félicité sa rivale : "Cette élection est une grosse déception pour le parti travailliste", a admis le multimillionnaire de 57 ans. "Notre bloc s'est renforcé mais, tel que les choses se présentent, ça ne semble pas avoir suffi", a-t-il ajouté devant ses supporters qui ont rapidement plié bagages.

Future coalition fragile

Dirigeante populaire et chevronnée de 56 ans, Erna Solberg a joué la carte d'une rassurante continuité pendant la campagne. Sous sa baguette, la Norvège, plus gros producteur d'hydrocarbures d'Europe de l'Ouest, a surmonté avec succès deux crises graves, celle du secteur pétrolier liée au plongeon du cours du baril à compter de l'été 2014, puis celle des migrants en 2015.

Le gouvernement a abaissé la pression fiscale pour relancer l'économie et la préparer à l'âge post-pétrolier, quitte à se servir – trop généreusement selon l'opposition et nombre d'économistes – dans l'astronomique fonds souverain du pays, qui pèse près de 1 000 milliards de dollars.

Dans une Norvège qui trône en tête de très nombreux classements et qui a été déclarée "pays le plus heureux au monde" en mars dans un très officiel rapport de l'ONU, les lignes de partage sont ténues et les problèmes relativement mineurs. Conservateurs et travaillistes s'accordent sur de nombreux points : poursuite des activités pétrolières dans l'Arctique, politique d'immigration sévère, importance de liens étroits avec l'UE dont le royaume n'est pas membre...

Le nouveau gouvernement partira cependant sur des bases fragiles : si les deux petits partis de centre droit étaient d'accord pour reconduire Erna Solberg à la tête du pays, ils ont affiché avec le temps des désaccords de plus en plus marqués avec les populistes sur des thèmes comme le climat ou les réfugiés. "Nous ne pouvons pas donner de garantie pour les quatre années à venir", a d'ores et déjà annoncé le dirigeant des démocrates-chrétiens, Knut Arild Hareide.

Avec AFP

Première publication : 12/09/2017

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