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Allemagne: vers un gouvernement Merkel IV mais avec quels alliés?

© dpa/AFP/Archives / Par Isabelle LE PAGE | La chancelière allemande Angela Merkel, le 11 septembre 2017 à Lübeck

BERLIN (AFP) - 

A dix jours des élections, une nouvelle victoire d'Angela Merkel semble inéluctable, mais les jeux sont loin d'être faits concernant la coalition gouvernementale qui fixera le cap de la politique allemande des prochaines années.

Il faudrait que la chancelière conservatrice, largement en tête des sondages depuis des semaines, commette "une faute politique colossale" d'ici le scrutin législatif du 24 septembre pour ne pas décrocher un quatrième mandat, estime le magazine Der Spiegel.

Ce n'est pas dans ses habitudes.

Dans son dernier pointage, l'institut Forsa crédite le camp des conservateurs -l'Union chrétienne-démocrate (CDU) flanquée de l'allié bavarois CSU- de 37% des intentions de vote. Certes son plus mauvais score depuis quatre mois, mais toujours à des lieues des sociaux-démocrates de Martin Schulz (23%).

L'ex-président du Parlement européen, brièvement enfant chéri des Allemands en début d'année, n'arrive pas à mobiliser autour des injustices sociales, thème centrale de sa campagne, à un moment où la première économie européenne est en pleine croissance, avec un chômage à son plus bas niveau depuis la réunification.

Fidèle à elle-même, celle qui dirige le pays depuis déjà douze ans se pose en garante de la stabilité face aux nombreuses crises dans le monde, et ne prend aucun risque.

-"Noir-jaune" ou "Jamaïque"?-

"Pour moi, la formation du gouvernement elle-même sera plus passionnante que le vote en-soi, car il y a beaucoup de possibilités" et toutes "compliquées", souligne Oskar Niedermayer, politologue à l'Université libre de Berlin.

Car loin d'atteindre la majorité absolue, les conservateurs sont condamnés à trouver un ou des partenaires.

Merkel, 63 ans, a rejeté toute alliance avec les extrêmes: la droite populiste de l'AfD (Alternative pour l'Allemagne), qui devrait entrer à la chambre des députés, et la gauche radicale (Die Linke).

C'est entre ces deux partis que se décidera la troisième place du scrutin selon les sondages, qui les placent à environ 10%.

Après huit ans de grande coalition ("Groko") entre CDU-CSU et le SPD (2005-2009 puis 2013-2017), les Allemands aspirent en majorité à une alliance des "noirs" conservateurs avec les "jaunes" libéraux du FDP, selon l'institut Insa.

Mais le petit parti libéral, éjecté du Bundestag en 2013, n'est crédité que de 8% des votes, et gouverner avec son chef, le photogénique Christian Lindner pourrait s'avérer conflictuel.

Il plaide pour une levée des sanctions infligées à la Russie depuis l'annexion de la Crimée et rejette catégoriquement les propositions françaises de réforme de la zone euro, notamment d'un budget européen vu comme une tentative larvée de mutualiser les dettes dans la région.

Angela Merkel n'a pas exclu non plus de faire appel aux Verts pour une union à trois, inédite sur le plan national. Une coalition dite "Jamaïque" en raison des trois couleurs des partis.

"Il est très difficile de prédire" la future coalition, juge Timo Lochocki du German Marshall Fund. D'autant plus que "25% des électeurs allemands ne savent toujours pas pour qui ils voteront".

- Nouvelle 'Groko' -

Une nouvelle "Groko" reste l'option la plus simple, et synonyme de continuité dans la politique allemande aussi bien à l'intérieur qu'à l'international.

Mais elle ne ferait pas les affaires d'un SPD en pleine crise existentielle.

Le plus vieux parti d'Allemagne sort déjà exsangue de son alliance avec Merkel, pour qui il a joué les " idiots utiles" en imposant des idées -comme le salaire minimum- pour lesquelles la chancelière s'attribue aujourd'hui les lauriers, souligne die Zeit.

Et le risque est grand de voir "proliférer encore davantage ce qui pousse déjà à grande vitesse: l'AfD", juge l'hebdomadaire. Ce parti catalyse le vote protestataire dans le pays, où beaucoup d'Allemands ne profitent pas de la croissance mais ont vu au contraire leurs conditions de vie se dégrader.

Avec l'arrivée du parti anti-islam et anti-euro au Bundestag, c'est aussi un débat à la tonalité nationaliste qui va s'inviter dans l?hémicycle de la représentation du peuple, pour la première fois depuis la fin de la dernière guerre mondiale, s'inquiètent les médias.

"C'est une part de notre réalité politique et sociétale", a jugé le ministre de la Justice social-démocrate Heiko Maas. "Nous devons l'accepter".

Par Isabelle LE PAGE

© 2017 AFP