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En campagne, Merkel durcit le ton face aux constructeurs auto

© dpa/AFP / Par Estelle PEARD | La chancelière Angela Merkel inaugure le salon de l'automobile de Francfort (IAA), le 14 septembre 2014

FRANCFORT (AFP) - 

En inaugurant le salon de l'automobile de Francfort (IAA) jeudi, la chancelière Angela Merkel devrait rappeler à l'ordre une industrie reine en Allemagne qu'elle a longtemps soutenue sans modération, un exercice d'équilibriste en pleine campagne législative.

L'industrie automobile a commis des "fautes impardonnables" mais représente "un des piliers du succès allemand": ces quelques mots prononcés début septembre devant le Parlement résument le dilemme de la dirigeante conservatrice, en lice pour un 4e mandat à l'issue des élections du 24 septembre.

Surnommée "chancelière de l'automobile" quand elle se battait à Bruxelles contre un plafond d'émissions de gaz polluants défavorable aux constructeurs allemands, Mme Merkel a senti le vent tourner et multiplié les déclarations sur le sujet ces dernières semaines, allant jusqu'à se dire "en colère".

Attendue dans la matinée à Francfort, elle devrait féliciter l'industrie allemande pour ses récentes annonces destinées à étoffer l'offre de voitures électriques, sans pour autant se montrer trop conciliante après des scandales à répétition.

"Il y a une certaine frustration chez elle à voir que la relation étroite qu'elle a entretenue avec le secteur automobile ne lui est pas favorable actuellement", estime Stefan Brazel, de l'institut CAM, tablant sur une plus grande "lucidité" à l'avenir du gouvernement face à l'industrie.

- Politiques sous pression -

Plus cynique, son confrère Ferdinand Dudenhöffer, du CAR, juge que la réaction de la chancelière vise à "faire ce qui est populaire" et que le durcissement de son discours pourrait ne pas durer si elle est réélue.

L'idylle de longue date entre politiques et constructeurs allemands a commencé à souffrir avec la révélation en plein IAA 2015, il y a presque deux ans jour pour jour, de la tricherie du fleuron Volkswagen sur ses moteurs diesel, qui a depuis éclaboussé le reste du secteur.

Nombreux sont les constructeurs soupçonnés soit d'avoir fraudé, soit d'avoir exploité une réglementation floue pour masquer les émissions polluantes de leurs véhicules.

Rien qu'en Allemagne, des procédures visent VW et ses filiales Audi et Porsche mais aussi Daimler, fabricant des Mercedes-Benz, et l'équipementier Bosch.

Un nouveau scandale est venu écorner l'image de l'indusrie cet été, les grands noms de l'automobile allemande étant soupçonnés d'entente illégale pendant des décennies.

S'ajoute à ce contexte la perspective de voir la justice interdire la circulation des véhicules les plus polluants dans les quelque 70 villes allemandes dépassant les normes européennes d'oxydes d'azote (NOx), telles que Stuttgart et Munich.

"La pression sur les responsables politiques grandit (...) En Allemagne, le pays de l'auto, priver quelqu'un de sa voiture est inconcevable pour la plupart des gens", observe Peter Fuss, expert du cabinet EY interrogé par l'AFP.

- 'Sauver le diesel' -

Les dérives du diesel se sont donc imposées dans la campagne opposant les conservateurs de Mme Merkel aux sociaux-démocrates de Martin Schulz, qui gouvernent ensemble depuis 2013.

Pour Sweelin Heuss, directrice de Greenpeace Allemagne, la collusion avec le lobby automobile est au coeur du problème. "La grande coalition a courtisé, soutenu et couvert une industrie automobile qui a menti à la population et l'a trompée pendant des années", dénonce-t-elle.

Malgré sa prise de distance, la chancelière ne peut se permettre de trop pointer du doigt l'industrie automobile. Cette dernière forme, avec ses quelque 800.000 emplois, "un important pilier de notre succès économique, de notre réputation de nation exportatrice et du label de qualité +Made in Germany+", a récemment rappelé la dirigeante.

Si Mme Merkel admet une "perte de confiance envers la technologie diesel", elle se refuse à programmer l'abandon des moteurs thermiques, contrairement à ses voisins français et britannique, estimant que les voitures diesel et essence seront nécessaires "encore des décennies".

"Les Allemands croient encore qu'ils doivent sauver le diesel, y compris les politiques et la chancelière", soupire M. Dudenhöffer.

L'attachement des constructeurs allemands à cette technologie s'explique par le besoin qu'ils en ont pour abaisser le bilan d'émissions de CO2 de l'ensemble de leur flotte, souvent composée de grosses cylindrées, et ainsi respecter la réglementation européenne.

Par ailleurs, le profil énergétique de l'Allemagne, où les centrales au charbon côtoient les énergies renouvelables, ne permet pas pour l'instant d'obtenir des voitures électriques réellement vertes.

Par Estelle PEARD

© 2017 AFP