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"Dites à vos parents de se mettre à l'abri!", Saint-Martin attend Maria

© AFP / Par Séverine ROUBY | Une rue à Marigot avant l'arrivée de l'ouragan Maria sur l'ile de Saint-Martin, le 19 septembre 2017.

MARIGOT (AFP) - 

"Soyez sages! Et dites à vos parents de se mettre à l'abri!" Sur le terrain, les autorités tentent mardi d'alerter la population de l'île de Saint-Martin, déjà durement éprouvée par l'ouragan Irma, avant l'arrivée imminente de Maria.

A Quartier-d'Orléans, secteur défavorisé de l'île franco-néerlandaise, les cinq jeunes garçons postés contre le mur de l'un des rares bâtiments épargnés par Irma ne savent pas qu'il y a une alerte pour Maria.

"Beaucoup de pluie pendant environ 24 heures, et des vents d'une centaine de kilomètres à l'heure. Ce ne sera pas aussi fort qu'Irma mais il faut s'abriter", leur explique en anglais Daniel Gibbs, le président de la collectivité.

Une alerte violette (confinement de la population) a été décidée pour midi, une mesure davantage liée à la fragilité de l'île saccagée par Irma qu'au danger que présente Maria.

La préfète déléguée Anne Laubies, baskets aux pieds et polo manches longues aux couleurs de Saint-Barthélemy, et le président Gibbs, veulent visiter un abri.

Problème: impossible de trouver l'adresse du refuge de Quartier-d'Orléans, l'un des cinq abris (sur 9) laissés opérationnels par les vents d'Irma, qui a ravagé l'île il y a deux semaines.

Les jeunes garçons ne savent pas non plus où se trouve l'école mais réclament des selfies à M. Gibbs qui, casquette orange vissée sur le crâne, se prête au jeu.

"Good luck and no looting!" (bonne chance et pas de pillage!), leur lance-t-il en les saluant tour à tour poing contre poing.

Les rafales de vent sont de plus en plus fortes, sur les toits qui ne se sont pas envolés, des tôles qui tiennent à un fil balancent dangereusement. La pluie tombe sur les nombreux débris empilés le long des routes.

Maria, cyclone qui oscille entre les catégories 4 et 5, a ravagé la Dominique et fait un mort en Guadeloupe, arrive lentement.

Dans les rues fraîchement déblayées, qui la veille encore étaient saturées des voitures d'habitants souhaitant faire leurs réserves avant ce nouveau cyclone, il n'y a plus personne.

Quelques militaires en patrouille, deux chars amphibie de la gendarmerie. Des véhicules de la police territoriale ont également sillonné certains quartiers avec des mégaphones pour informer la population de l'arrivée imminente de Maria et des risques d'inondation, selon M. Gibbs.

Avec la grisaille, la désolation laissée par Irma est encore plus criante.

-Vie normale -

Grand bâtiment flambant neuf, la cité scolaire de la Savane, très préservée, jure avec les bâtiments alentours dont il ne reste que les carcasses.

L'école a été désignée comme l'un des abris à la population, équipé pour 150 personnes. En fin de matinée, il y avait 40 personnes à l'intérieur mais seulement 4 venues le jour même, les autres étant des sinistrés d'Irma.

"On attend une centaine de personnes", indique Daniel Gibbs. "Le jour d'Irma, on a galéré pour évacuer les gens. On avait réquisitionné des bus mais ils ne partaient qu'avec 4 ou 5 personnes à bord. Et en début de soirée, quand ils ont commencé à avoir peur, ils sont tous arrivés", raconte-t-il.

Christophe Bertrand fait partie des sinistrés qui vivent dans la cité scolaire depuis Irma. "Entre Irma, José et maintenant Maria, on ne peut pas arriver à reconstruire", regrette-t-il.

Ce régisseur du spectacle qui a perdu sa maison propose aujourd'hui ses services en tant qu'électricien. "Il y a du boulot", lâche-t-il.

"La première des reconstructions, c'est de permettre aux gens de mener une vie normale", estime Mme Laubies, qui discute avec le proviseur adjoint du lycée Christian Rella.

Celui-ci se dit prêt à reprendre les cours mais il faudrait que les sinistrés soient relogés, et l'arrivée de Maria retarde encore un peu plus la lente reconstruction de l'île.

Par Séverine ROUBY

© 2017 AFP