Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

LA SEMAINE DE L'ECO

Afrique - Chine : le piège de la dépendance ?

En savoir plus

#ActuElles

Consentement sexuel des mineur(e)s : quel âge minimum ?

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

L'Afrique, le continent des possibles ?

En savoir plus

À L’AFFICHE !

"Lieux saints partagés" : une exposition sur l'art de coexister

En savoir plus

FOCUS

La République en marche à l'épreuve de la démocratie interne

En savoir plus

VOUS ÊTES ICI

Au fil de la Vézère, un patrimoine qui remonte à la préhistoire

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"La fin est proche" pour Mugabe

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCO

La réforme fiscale de Trump franchit un nouveau cap

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

Environnement : "Non, il n'est pas trop tard"

En savoir plus

Culture

En images : à Abu Dhabi, le nouveau Louvre ouvre enfin ses portes

© Louvre Abu Dhabi, photographie Mohamed Somji | Extérieur du Louvre Abu Dhabi avec la ville à l’horizon.

Vidéo par Elisabeth ALLAIN

Texte par Sarah LEDUC

Dernière modification : 07/11/2017

Conçu par l'architecte français Jean Nouvel, le Louvre Abu Dhabi ouvrira ses portes aux Émirats arabes unis le 11 novembre prochain, après dix ans de polémiques et de labeur. Retour sur un projet pharaonique.

Dix ans après la signature d’un contrat intergouvernemental entre la France et les Émirats arabes unis, le Louvre Abu Dhabi va enfin ouvrir ses portes. Présenté vendredi 22 septembre à la presse depuis le Louvre "originel", à Paris, le "musée universel" sera inauguré sur l’île de Saadiyat le 8 novembre – en présence d’Emmanuel Macron – trois jours avant d’ouvrir au public.

Un soulagement sans nul doute pour les acteurs français de ce projet, certes grandiose, mais né dans la suspicion, bercé de polémiques et finalisé avec cinq ans de retard. Les objectifs étaient de taille : faire d’Abu Dhabi la place culturelle de demain et susciter un échange des cultures, mais aussi servir le prestige de la France dans une région stratégique et doper les finances du Louvre.

Détail du tableau Osman Hamdi Bey (Istanbul, 1842 – île de Galatasaray, 1910). Jeune Emir à l’étude, Istanbul, 1878. © Louvre Abu Dhabi

Des doutes, de la sueur et du cash

Confronté dès le départ aux doutes d’une partie du Landernau culturel français, le Louvre Abu Dhabi est le fruit de dix ans d’efforts et de pourparlers. Il a fallu convaincre les sceptiques – dont d’Henri Loyrette, ex-président du Louvre, qui a refusé au début de défendre le projet publiquement, ou Françoise Cachin, ex-directrice d’Orsay. Dans une pétition qui a récolté plus de 5 000 signatures, elle a dénoncé ce "Las Vegas des sables (...) dérive terrible de l'éthique du travail des musées".

>> À lire : Louvre Abu Dhabi : naissance d’un musée

Autre défi : l’argent. Là, le Louvre a décroché le gros lot, obtenant que l’Émirat verse 965 millions d’euros dans un fond de dotation au service de l’institution française. Quatre cent millions ont été négociés pour l’utilisation de la marque "Louvre" (pour 30 ans), 190 millions pour emprunter des œuvres (pendant 10 ans), 165 millions pour l’assistance technique à l’installation d’un complexe de 24 000 mètres carrés ; 13 millions sont également prévus pour la programmation annuelle d’expositions temporaires sur une période de 15 ans.

Côté architecture, ce n’était gagné non plus. Abu Dhabi a choisi d’emblée la star française de l’architecture, Jean Nouvel. Mais, peu convaincu par la muséographie qu’avait précédemment proposé le prix Pritzker au Quai Branly, à Paris, le Louvre lui a imposé une scénographe. Une collaboration douloureuse qui n’a pas duré. Il a ensuite fallu s’adapter aux contraintes du lieu - une île du golfe Arabo-persique où il fait régulièrement plus de 40 degrés à l’ombre - pour bâtir cette "ville-musée" qui s’étend sur 97 000 mètres carrés. Un chantier titanesque qui a mobilisé plus de 5 000 ouvriers - dont les conditions de travail ont fait débat.

>> À lire : "Louvre à Abu Dhabi : Human Rights Watch dénonce des abus sur le chantier"

Le résultat n’en a pas moins enthousiasmé la ministre française de la Culture Françoise Nyssen qui a visité le nouvel édifice début septembre. Elle s'est dite "éblouie" par la beauté de la coupole de 180 mètres plongeant dans l'eau. Le bâtiment de Jean Nouvel est une prouesse technique et esthétique, avec son dôme argenté et ses moucharabieh de métal, pensés comme un "hommage à la ville arabe, à sa poétique de géométries et de lumière", aux dires de l’architecte.

Un lieu érigé en symbole

Un écrin architectural pour des collections éclectiques. À l’été 2014, lorsque le Louvre parisien a dévoilé les prémices de la collection émirati, le manque d’homogénéité de ce fonds qui brosse 3 000 ans d’histoire de l’art a fait couler de l’encre. De même que l’absence d’œuvres jugées trop érotiques par l’émir d’Abu Dhabi, le cheikh Khalifa. Le Louvre Abu Dhabi s’enorgueillit de son côté d’une "présentation muséographique inédite" qui propose un parcours chronologique et thématique, visant à "mettre en lumière les thèmes universels et les influences communes entre civilisations".

De gauche à droite : Princesse" de Bactriane (Asie centrale); Tête de Bouddha (Chine); Siva dansant (Asie). © Louvre Abu Dhabi / Thierry Ollivier

Pour l’exposition inaugurale, "La Belle Ferronnière", de Léonard de Vinci, emprunté au Louvre, côtoiera un masque guinéen anthropo-zoomorphe d’mba, emprunté au Quai Branly, ou un autoportrait de van Gogh venant d’Orsay. Les prêts français sont destinés à pallier les faiblesses d’une collection embryonnaire. Le Louvre et les autres musées affiliés à l’agence gouvernementale qui pilote le projet, France-Muséums, prêteront en moyenne 300 œuvres par an, avec une rotation régulière jusqu’en 2026.

Le contrat de départ semble donc en parti rempli. Le Louvre Abu Dhabi incarne la capacité de la France à rayonner dans le monde. Il est aussi l’aboutissement d’une coopération politique et culturelle fructueuse. "L’ouverture du Louvre marquera une étape majeure dans le développement de la coopération entre les Émirats arabes unis et la France (…)", assure Françoise Nyssen. Aux Émirats arabes Unies, le musée est érigé en symbole. "Le Louvre Abu Dhabi symbolise la vision d’une nation tolérante et ouverte à la diversité (…)", indique Mohamed Khalifa Al Mubarak, président de l'autorité pour le tourisme et la culture. Reste donc un dernier défi à relever : celui de trouver son public.

Portrait de femme, dit la Belle Ferronnière de Léonard de Vinci ; Autoportrait de Vincent van Gogh. © Musée du Louvre, C2RMF / T. Clot et Musée d'Orsay, dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmi

Première publication : 21/09/2017

  • CULTURE

    Louvre à Abu Dhabi : Human Rights Watch dénonce des abus sur le chantier

    En savoir plus

  • EXPOSITION

    La collection du Louvre Abu Dhabi fait escale à Paris

    En savoir plus

  • PARTENARIAT

    Louvre Abu Dhabi : naissance d’un musée

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)